Conçu comme un « livre-outil pour explorer le sens que l’on veut donner à sa vie », GÉNÉRATION est le fruit de plusieurs années de rencontres, de travail, de quête de sens – et de soi. Son autrice, Diane Lami, est à l’origine de l’association Inspeer, fondée avec son ami Théo dans le but de partir à la rencontre de personnes inspirantes et positives. 

Alors que tout la prédestinait à décrocher un poste haut placé dans le milieu du commerce international, Diane Lami, née en 1995, a un jour commencé à interroger ses études ainsi que ses choix de vie et de consommation. Voyages et rencontres lui ont ouvert les yeux, la poussant à tirer un trait sur une carrière toute tracée et sécurisée.

Après plusieurs années de reportages sur les routes du monde et de vidéos témoignant de rencontres enrichissantes, engagées dans une écologie positive et inspirantes, Diane a décidé de sortir son premier livre. GÉNÉRATION s’adresse aux jeunes en quête de sens, qui se demandent quelle direction prendre et cherchent des outils pour s’interroger et, pourquoi pas, changer de cap.

Récit d’expédition, espace d’exploration, journal de bord, GÉNÉRATION est un ouvrage positif et optimiste, pour toutes celles et ceux prêts à se réinventer. Rencontre.

Diane Lami présente son tout premier livre, GÉNÉRATION ©Diane Lami

Mr Mondialisation : Bonjour Diane, peux-tu nous raconter ton parcours, depuis l’enfance jusqu’à tes premiers engagements ?

Diane Lami : « Effectivement, dans GÉNÉRATION, je commence par une mise en situation. J’explique d’où je viens pour aider le lecteur à se situer, montrer quels sont les enseignements et schémas qui ont façonné mon parcours.

J’ai grandi en banlieue de Toulouse, dans une famille très chouette et impliquée. J’ai connu une enfance épanouie, guidée par des parents issus de cycles universitaires poussés, en école de commerce. Mon chemin était donc tout tracé vers HEC ! Je me dirigeais vers une réussite matérialiste, à laquelle j’adhérais par défaut. J’ai donc fait un bac S, puis une école de commerce. La première chose à m’avoir ouvert l’esprit, c’est de l’avoir faite à l’étranger. En l’occurrence à Montréal, qui est une ville de diversité et d’inclusion.

« Je me dirigeais vers une réussite matérialiste, à laquelle j’adhérais par défaut. » 

Ma première claque, je l’ai prise lors d’un échange en Amérique du Sud, pour mon avant-dernière année universitaire. J’ai rencontré en Bolivie un guide passionnant et passionné, qui m’a parlé des mines de lithium. Cela m’a dirigée vers de nombreuses questions d’ordre géopolitique. J’ai découvert que leurs terres étaient rachetées par des Chinois. Qu’on extrayait toutes leurs ressources, leur créait des difficultés financières, les exploitait. J’ai alors fait le parallèle avec mes études, que ce soit dans la révolution électrique ou n’importe quelle autre industrie. J’ai compris que les gens étaient exploités partout, quelle que soit la ressource… » 

Mr Mondialisation : Quel effet cette « claque » a-t-elle eu sur toi ?

Diane Lami : « Je savais que je ne voulais pas participer à ça. J’ai commencé à regarder beaucoup de documentaires, comme En quête de sens, et à m’entourer de gens qui pensaient différemment… Mais également de jeunes en écoles de commerce, qui comprenaient que ce n’était pas idéal ! Je me situais un peu à la frontière du système.

Diane et Théo parcourent aujourd’hui les écoles pour parler de leur expérience ©Diane Lami

Je me demandais donc à quoi mon futur travail allait contribuer : l’esclavagisme et la destruction des écosystèmes ? Alors, je me suis lancée dans un projet d’émancipation des femmes à Madagascar, avec l’association Pachamama. Une amie m’en avait parlé lors du dernier mois de mon diplôme. Je suis partie et y suis restée un an, en reculant idée de démarrer ma carrière…

Là-bas, j’ai découvert la réalité des inégalités sociales. J’ai aussi pu me questionner sur le milieu de l’humanitaire. Cet aspect colonialiste des « Blancs sauveurs » qui gèrent les pauvres dans leur propre pays m’a posé problème. Je me suis dit qu’on pouvait commencer par agir chez nous, sur des problématiques locales, autour de projets à impact positif. »

Mr Mondialisation : De retour en France, tu crées l’association Inspeer

Diane Lami : « Oui, je suis rentrée en France sans trop savoir quoi faire… J’ai d’abord envoyé des candidatures dans des entreprises de conseil en stratégie de développement durable. Je cherchais des « grosses machines », pour avoir un impact plus fort. Un an passé à Paris ne m’a définitivement pas faite rêver… Le système n’est pas fait pour changer les choses. Or, faire « un peu moins pire » dans un système dysfonctionnel, ça ne mène à rien.

J’ai donc décidé de démissionner. J’avais six mois de chômage devant moi, soit six mois pour décider si je tirais un trait définitif sur la voie toute tracée de la réussite. Théo, mon meilleur pote d’université, a démissionné également. Ensemble, nous avons structuré Inspeer en 2020. Nous avions en tête un projet de vidéos, témoignages, rencontres, idées inspirantes… Puis, nous sommes partis à l’aventure, pour un tour du monde sans avion. Cela a donné trois ans de reportage sur les routes, au lieu d’un an et demi initialement prévu. » 

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Mr Mondialisation : Quelle direction ce voyage a-t-il pris ?

Diane Lami : « Nous avons grandi au fur et à mesure de ce voyage. Il avait démarré en mode très start-up à impact social et solidaire, mais plus le projet avançait, plus nous avons ralenti. L’étape Transatlantique, au milieu, a créé une grosse pause. Nous avons intitulé notre discipline le « Slow Reportage ». Le but était désormais d’attendre pour dénicher le bon sujet.

Diane et Théo, ici sur les routes de Colombie ©Diane Lami

Je cherchais alors des formes de sagesse sur comment habiter le monde différemment, et non plus juste innover durablement. C’est devenu un parcours de déconstruction et de déprogrammation. Nous étions nous-mêmes dans la consommation du documentaire ! Mais l’essence était plus importante : c’est vraiment là que nous avons rencontré des gens encore plus incroyables. Des artistes, des gens qui portaient des messages positifs, tous centres d’intérêt mêlés. Nous tenions la preuve que tout peut se réinventer… » 

Mr Mondialisation : D’où t’est venue l’idée de coucher tout cela sur papier et de créer GÉNÉRATION ?

Diane Lami : « Tout l’enjeu du livre est de pousser à se poser les bonnes questions. C’est un projet en filigrane de mon parcours personnel. Il évoque le moment où j’ai commencé à mettre le nez dans la question du climat, des pouvoirs géopolitiques, des conflits internes… Je ne me suis pas sentie prête ni formée aux enjeux qui s’imposent à ma génération. Je veux donc essayer de guider la mienne et celle qui suit.

Pour moi, l’écologie, c’était élever des chèvres dans le Larzac ! Je n’avais pas d’inspiration, pas de modèle, pas d’idée. Je cherchais une écologie désirable, innovante. J’ai alors découvert l’économie bleue, qui est une forme d’économie régénérative. Il existe peu de contenus vidéo à ce sujet. Or la vidéo, c’est un média actuel, les gens le consomment, donc il me semblait pertinent de partir filmer des témoignages. Créer une grande enquête documentaire. Les réseaux sociaux et notre chaîne YouTube nous ont permis de partager notre aventure. 

Or, les éditions DashBook sont spécialisées dans l’impression de livres de créateurs de contenus. C’est comme cela que j’ai été contactée. J’ai aimé la démarche car c’est une maison d’édition qui fonctionne sur la précommande, et qui m’a laissée très libre dans le choix du contenu. Il faut atteindre 150 commandes pour que GÉNÉRATION soit imprimé. Cela évite le gâchis et les livres invendus que l’on détruit… De plus, le livre sera ensuite éditable à vie, n’importe quel libraire pourra le commander et le vendre. La campagne de précommande va me permettre de tester la validité du projet. » 

Mr Mondialisation : Comment perçois-tu ton livre ? Un guide, un outil ?

Diane Lami : « J’espère en faire un outil pour les générations qui arrivent, une boussole que j’aurais aimé avoir moi, plus jeune. Je vais droit au but dans mes recherches, dans le dysfonctionnement du système. Les lecteurs y trouveront beaucoup d’informations, de découvertes, et un travail de vulgarisation scientifique. Climat, inégalités… L’objectif est d’essayer de comprendre ce qui ne va pas, et ce qu’on peut faire à son échelle personnelle. 

Je n’aborde pas le livre sous le prisme du militantisme, mais de la quête de sens. J’y pose une grande question générationnelle : comment donner sens à notre quotidien, à notre travail ? Même mes amis les moins engagés, qui ont maintenant cinq ans de boîte, commencent à se poser des questions. Que voulons-nous laisser ? Je joue plutôt sur cet affect. » 

Les deux amis ont parcouru le monde pendant trois ans, en quête de belles rencontres ©Diane Lami

Mr Mondialisation : Et comment espères-tu toucher des jeunes gens issus de tous les milieux ?

Diane Lami : « J’explique justement que je ne viens pas d’un foyer militant, et que ce sont les grands claques de ma vie qui m’ont ouvert les yeux. De par mon parcours, j’ai espoir de toucher des jeunes qui ne se posent pas de questions. Je sais que je vais surtout toucher des gens qui me ressemblent : ceux qui ont fait des grandes études, issus de milieux « favorisés ». On organise d’ailleurs des conférences en écoles de commerce : si j’arrive à en faire switcher un ou deux dans ces moments-là, que je peux pousser à créer des projets qui contribuent au bien commun, c’est déjà formidable.

« moi aussi, j’ai eu cette idée de la réussite, mais je l’ai déconstruite et décortiquée, j’ai fait mon cheminement intellectuel. » 

Mon but est d’encourager les gens éduqués et formés, qui connaissent le luxe d’avoir fait des études. J’ai envie de leur dire : utilisez cette chance, et redistribuez-la. On se ressemble par notre parcours : moi aussi, j’ai eu cette idée de la réussite, mais je l’ai déconstruite et décortiquée, j’ai fait mon cheminement intellectuel.

Autour des récits et des prises de conscience, mon livre laisse des pages blanches : elles deviennent des espaces de réflexion, et transforment GÉNÉRATION en journal de bord. Il devient le parcours du lecteur, et offre également un côté ludique avec des quizz, des baromètres, ou encore des espaces libres pour dessiner. C’est un outil conçu pour s’explorer, et explorer le sens que l’on souhaite donner à notre vie. » 

Le tome 1 de GÉNÉRATION est disponible en précommande.

Mr Mondialisation : Il s’agit du tome 1…  Que prévois-tu pour la suite ?

Diane Lami : « En effet, ce premier tome évoque ma scolarité, mon passage en école de commerce, puis ma bifurcation jusqu’à la Transatlantique. Il retrace un an et demi de rencontres, le ralentissement enclenché dans les pays scandinaves, puis en Guadeloupe et au Mexique. Nous nous sommes alors éloignés de la question entrepreneuriale pour nous diriger davantage vers des vies riches de sens.

Le tome 2 sera plus ancré dans une démarche spirituelle, parlera de « Deep écologie ». Comment intégrer tous ces apprentissages au quotidien, quand on est des gens «  normaux » ? J’ai prévu deux tomes car je ne voulais pas livrer de pavé décourageant ! Pour information, mes royalties seront reversées à la création d’une bourse d’écriture pour les jeunes auteurs engagés. Je sais qu’il est dur de faire une place à une première œuvre sur des sujets de société. Je vais donc initier cette bourse, et chaque livre de GÉNÉRATION vendu contribuera à sa dotation. » 

GÉNÉRATION, Journal de bord d’une génération enquête de sens, est édité chez DashBook les précommandes sont d’ores et déjà ouvertes. Il est également possible de suivre Inspeer sur Instagram ou Facebook.

– Entretien réalisé par Marie Waclaw


Photo de couverture : Diane Lami, GÉNÉRATION Inspeer ©Diane Lami

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