L’urgence climatique est à nos portes, et de par le monde bien des humains subissent déjà les conséquences du dérèglement climatique. Les autorités nationales et internationales brillent plus par leur soutien à l’économie que par des décisions radicales en faveur de politiques préservant (enfin) l’environnement. Entre ces deux extrêmes, on trouve des citoyens de plus en plus – et de mieux en mieux – informés qui ont décidé de changer les choses à leur niveau. Des premiers pas dans la bonne direction dans l’espoir de créer un effet boule de neige qui entraînera à terme des changements structurels. Et ces gestes à la portée de tous et toutes, le web-documentaire « AGO » (agir en latin) se propose de nous les faire découvrir en misant sur l’interactivité.

AGO, c’est en quelque sorte un « documentaire personnalisable ». Entre une introduction et une conclusion fixe, il se décompose en petites capsules présentant différentes thématiques : upcycling, planteurs volontaires, circuits courts, permaculture, maison autonome... Ces capsules interactives permettent à l’internaute d’être maître de son visionnage et de choisir lui-même le parcours qu’il veut suivre sur une carte via un avatar en vélo. Une technique originale pour lui laisser le choix de l’ordre et des sujets qui l’intéresse et/où qu’il a envie de mettre en œuvre.

La carte interactive d’AGO, pour s’orienter vers les initiatives.

Car bien que chaque thématique abordée soit riche d’enseignements, chacun n’y sera pas réceptif selon ses propres sensibilités et disponibilité. En donnant le contrôle à l’internaute, en lui conférant un rôle actif, AGO réussit à éviter l’écueil de la passivité subie qui pourrait pousser plus d’un internaute à arrêter le visionnage du reportage en cours de route.

Avec AGO, nous partons donc à la rencontre de ces personnes « porteuses d’espoir » qui ont changé leur mode de vie, prenant des initiatives pour respecter le Nature, la biodiversité et l’humain. Des personnes optimistes qui veulent croire que leur expérience personnelle aidera à un changement des mentalités pour une prise de conscience globale et active contre le changement climatique, à la naissance d’un nouveau modèle d’humanité.

Au total, ce seront 6 thèmes qui sont ainsi présentées chacune d’une durée allant de 5 à 8mn. L’ensemble du documentaire se rapproche de la durée standard du genre, soit environ 48 minutes. De quoi nourrir sa connaissance et sa réflexion sur des sujets divers comme la permaculture, les planteurs d’arbres volontaires, l’upcycling, la nourriture locale, l’autonomie énergétique et alimentaire. Et faisant suite à chaque présentation, des petits tutoriels sont disponibles pour que le spectateur inspiré puisse s’investir à son tour.

AGO n’aurait pas vu le jour sans le travail de son équipe formée de 15 étudiants venant de deux parcours audiovisuels : TRUCIS (spécialisés dans les domaines de la post-production image et son) et MCAV (spécialisés dans le management et la gestion de projet). Nous avons échangé quelques mots avec deux d’entre eux, Marin Lauginie et Jan Declerck.

Comment l’équipe de 15 personnes s’est-elle constituée autour de ce projet ?

Marin LAUGINIE : « AGO » a pris forme dans le cadre universitaire. L’ensemble des bénévoles du projet sont étudiants en master audiovisuel à l’université de Valenciennes. Afin d’illustrer un enseignement de management, il nous était possible de monter un projet en dehors de la formation. Ça a été le point de départ du projet « AGO ». Une quinzaine de personnes de différents métiers (image, son, post-production, animation graphique, production, communication, web) ont donné de leur temps, savoir-faire et énergie autour de la réalisation de ce projet soutenu par l’association étudiante « ¾ de pouce ».

Retour sur la genèse d’AGO : comment avez-vous été sensibilisés à l’urgence climatique et comment est venue l’idée de créer un documentaire web interactif ?

Jan DECLERCK : Nous sommes étudiants et comme tout étudiant nous réfléchissons à notre avenir. Je me suis demandé si faire des films ou des documentaires a encore un sens dans notre monde. Très touché personnellement par la cause environnementale, je me suis dit que si l’audiovisuel peut aider à dégager des solutions pour un meilleur monde, alors il a un sens. Nous voulions toucher un public nouveau pour ce genre de contenu car il y a déjà énormément de documentaires sur l’environnement. Le rendre interactif permet aux spectateurs d’être déjà acteurs en regardant « AGO ».

Marin LAUGINIE : L’audiovisuel est un vecteur essentiel pour informer et questionner sur les problématiques environnementales. Le documentaire permet de poser le regard sur une réalité, ici des initiatives proposant une remise en cause de notre modèle social, économique et culturel. Nous voulions nous inscrire dans cette démarche en limitant ou en compensant notre impact environnemental comme pour notre hébergement web et mail ou notre organisation de tournage.

Comment s’est opéré le choix des sujets d’AGO ? Et comment avez-vous eu connaissance des initiatives ensuite présentées ?

Jan DECLERCK : A la base du projet, nous voulions trouver des initiatives dans plusieurs domaines. Ce documentaire montre à quel point il est facile de trouver des modes de vie différents près de chez nous. Nous avons tout simplement fait des recherches sur internet et auprès de contacts proches. Sur ce projet, nous avons eu très peu de refus pour les tournages car tous les intervenants avaient l’envie de partager leur projet et leur vision.

Comment AGO est-il destiné à se développer ? La suite ou un autre projet sont-ils déjà en cours de réflexion ?

Marin LAUGINIE : Face aux retours reçus lors de l’avant-première en public et les nombreux visionnages en ligne, nous souhaitons sortir le projet de sa simple diffusion en ligne. Je travaille à mettre « AGO » au service de médias, formations de service civique, d’accueils de jeunes publics, de festivals et évènementiels. Le documentaire étant gratuit et en libre accès, il est aussi très simple de réaliser une projection avec ses proches. Nous voyons « AGO » comme un outil d’éducation à l’altérité et à l’environnement.

Un message pour les lecteurs de M. Mondialisation ?

Jan DECLERCK : « AGO » ne va pas changer le monde mais il fait partie du changement. Nous avons vécu un éveil de conscience lors de sa réalisation que nous n’aurions pas pu avoir il y a 10 ans : la facilité des aides pour les projets à thèmes environnementaux, la volonté des gens de découvrir ou notre école qui pense mettre en place des cours de production écologique. Chaque action est importante que ce soit personnellement, collectivement, professionnellement… Nous pouvons changer les choses à tous les niveaux et il est plus que jamais temps d’agir avec sens.

Marin LAUGINIE : « AGO » invite à la (re)découverte d’initiatives présentes sur l’ensemble du territoire pour pousser à l’action. Cela dit, il n’y a pas d’action sans convictions. Ma prise de conscience s’est faite à travers de documentaires, émissions, livres, témoignages et médias comme le vôtre. Nous souhaitons un éveil collectif des consciences auquel chacun peut participer à sa manière.

Merci pour vos réponses.

« Parce qu’il est plus que jamais temps de s’encourager à agir » – Ago

S. Barret


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