Ici, il existe une police spéciale pour les animaux

Créée en 2010, la « police des animaux » de la Haye a pour mission de protéger nos amis à poils et à plumes des violences, accidents et mauvais traitements dont ils pourraient être victimes. Négligence de la part de leur maître ou simple accident, les animaux de la Haye ont droit à une brigade dédiée à assurer leur protection. Ou comment les Pays-Bas affichent une longueur d’avance en matière de droit animal…

Un animal en mauvaise posture ? Aux Pays-Bas, quiconque aperçoit ou reconnaît un animal en difficulté ou maltraité peut avoir recours à la police des animaux. Résultat d’un débat politique ouvert en 2010, la police des animaux néerlandaise compte aujourd’hui plus de 250 agents dont le métier consiste à assurer la protection des différentes bestioles qui peuplent nos appartements et nos rues. Une brigade qui ne chôme pas, au vu des quelque 3000 appels qu’elle reçoit chaque année et des différents motifs qui nécessitent son intervention.

Photographie à la discrétion de la Dierenpolitie / Facebook

Un chien laissé sur un balcon en pleine tempête de neige, un phoque malade échoué sur la plage, ou encore la détention illégale d’une soixantaine de cochons d’Inde justifient de façon équivalente le déplacement de cette police unique en son genre. Car il s’agit bien d’une police officielle. Comme tout autre unité policière, avec des armes, des menottes et des insignes, les membres de la police des animaux sont des officiers réguliers possédant une formation supplémentaire et un équipement spécial. Une ligne d’urgence pour les animaux a même été créée, et les différents appels adressés au 144 – accessible depuis n’importe quel téléphone aux Pays-Bas, sont à l’origine de la majorité des interventions.

Un service d’intérêt général

Interrogé par le New York Times, le sergent Smit est l’un des quelque 250 membres à temps plein de la police des animaux aux Pays-Bas (beaucoup d’autres sont formés mais n’exercent pas la fonction exclusivement). Selon lui, sa profession se situe au carrefour de la protection animale et des services sociaux humains. Le but de cette brigade étant de trouver des solutions pratiques permettant la protection des animaux sur le long terme. Les maîtres d’animaux domestiques négligents peuvent par exemple être amenés à recevoir des visites mensuelles de la part de la police, qui s’assurera ainsi que l’animal est bien traité.

Photographie à la discrétion de la Dierenpolitie / Facebook

Pour les cas les plus graves, des amendes, des travaux d’intérêt général et des peines de prison peuvent également être appliqués. « Évidemment, la première de mes missions est de soigner les animaux, mais souvent, quand vous creusez un peu, vous voyez que les choses ne vont pas très bien pour le propriétaire non plus », relate le sergent Smit, avant d’ajouter que « seulement » un cinquième des appels reçus concernent de réels cas de violence.

Le droit animal, inscrit dans la loi

En 2013, une « Loi sur les animaux » a été promulguée par le Parlement néerlandais, prônant le droit des animaux à ne pas avoir à souffrir de la soif, de la faim, ou encore de conditions de vie qui iraient à l’encontre de leur confort physique ou émotionnel, ou les exposeraient à un stress chronique. Pour Marianne Thieme, cheffe du Parti Progressiste pour les Animaux néerlandais, également interrogée par le New York Times, la protection animale représente un enjeu important pour la société toute entière : « Les animaux – et toute notre société – ont besoin de la police des animaux. Il y a un lien direct entre la violence contre les animaux et la violence contre les humains ».

Photographie à la discrétion de la Dierenpolitie / hiveminer.com

En France, les animaux ne sont reconnus que depuis 2015 comme des « êtres vivants doués de sensibilité ». Auparavant, le Code Civil ne les considéraient que comme de simples biens meubles. Pour autant, une différence subsiste encore dans le droit français entre animaux sauvages et animaux domestiques. Quant aux défenseurs du droit animal, ils n’ont pas encore tout à fait leur place à l’Assemblée, mais continuent plutôt d’évoluer au sein de la sphère associative. Mais, qui sait, l’exemple néerlandais pourrait bien inspirer le reste de l’Europe, jusqu’à notre humble hexagone. En ce moment même, l’idée d’un Droit des Animaux unifié en France fait son chemin au barreau de Paris. Par ailleurs, une pétition de quelques 130 000 signataires réclame la création d’une brigade similaire en France.


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