L’association Cap ou pas cap ?, qui se veut être un point de rencontre entre les énergies citoyennes, a initié il y a quelques mois la mise en place d’un garde-manger-solidaire en libre service dans le 12ème arrondissement de Paris. Elle organise désormais une campagne de financement participatif pour pouvoir poursuivre son engagement dans d’autres quartiers en installant 25 boîtes à dons dans le Nord-Est parisien. (Re)Découverte de ce projet porteur de sens pour la collectivité.

C’est un constat positif qui est à l’origine de Cap ou pas Cap ? : celui de la multiplication des initiatives locales qui favorisent les liens, tout en mettant les solidarités et l’environnement à l’honneur. Loin de l’économie purement marchande, les volontés individuelles créent de nouvelles richesses collectives et pallient les défauts de la société contemporaine. « Reliées les unes aux autres, ces alternatives citoyennes nous montrent que, à condition de prendre conscience de notre capacité d’agir, chacun de nous peut participer à la construction d’une société plus inclusive, plus écologique et plus solidaire, fondée sur les valeurs d’humanité et de bien commun » explique Clément Helary, chargé de communication de l’association.

Dans ce contexte Cap ou pas cap ? a pour objet de mettre en relation les citoyen.ne.s, leurs énergies ainsi que leurs idées. Pour ce faire, elle a développé une carte interactive et participative des alternatives citoyennes. Par ailleurs, elle soutient des groupes de citoyen.ne.s dans leur engagement sur le terrain et dans la prise de conscience de leur pouvoir d’agir. « Cap ou pas cap ? donne les moyens au plus grand nombre de découvrir ces nouvelles manières de penser et d’agir, et de s’engager dans cette transition, soit en rejoignant une alternative existante soit en développant un nouveau projet ».

De nouvelles boîtes à dons pour encourager les solidarités et réduire le gaspillage

L’idée du garde-manger-solidaire remonte à l’automne 2016. À l’occasion d’une rencontre entre Cap ou pas cap ? avec le collectif d’architectes On a pensé à un Truc, les deux structures décident de collaborer autour de ce projet. « L’idée de garde-manger ne nous appartient pas, ce modèle existe déjà dans d’autres villes, dans d’autres pays. Observant l’intérêt soulevé par la boîte à dons, la multiplicités des actions anti gaspillage alimentaire, et le besoin apparent pour plus de solidarité locale, nous nous sommes dit qu’un tel dispositif aurait toute sa place à Paris », nous précise le chargé de communication de l’association.

Au regard du succès que ce garde-manger solidaire a rencontré et de la demande croissante des habitants, Cap ou pas cap ? souhaite mettre en place 25 boîtes à dons supplémentaires dans le Nord-Est parisien, une manière de donner une nouvel élan aux valeurs portées par le projet, c’est à dire la réduction du gaspillage, le seconde main et le recyclage. Les boîtes à dons fonctionnent sur le même principe que les garde-manger : chacun peut y déposer des objets et se servir. L’objectif est de trouver de nouveaux moyens de lutte contre le gaspillage en promouvant l’échange et les solidarités. Selon Cap ou pas Cap ?, le coût global du gaspillage s’élèverait chaque année a 2154 euros par français. Il serait donc urgent de lutter contre ce fléau, non seulement pour des raisons sociales qu’environnementales.

Aider, « sans différenciation, sans stigmatisation, en toute simplicité »

La démarche suivie par Cap ou pas Cap est originale est privilégie l’horizontalité. La mise en place du premier garde-manger avait donné place à un processus de co-construction, via de nombreuses rencontres avec les habitants. Ces réunions « d’idéation » ont servi à « imaginer l’objet ». C’est « l’occasion d’échanger avec les habitants, qui nous ont tous souligné leur intérêt pour le projet », explique Clément Helary. « Ce garde-manger donne les moyens à tous les habitants du quartier d’être solidaire. Sans différenciation, sans stigmatisation, en toute simplicité. Il permet à chacun de faire un premier pas (ou un nouveau pas) vers le partage, l’engagement et la transition, et de se rendre service entre habitants d’un quartier«  se félicite-il.

Depuis quelques mois, le garde-manger est accessible à proximité du Centre Social CAF Charenton, au 195 rue de Charenton dans le 12è arrondissement, structure partenaire du projet. Le principe de fonctionnement est simple : chacun peut déposer ou prendre, selon ses besoins, de la nourriture non directement périssable. Son usage s’adresse à toutes personnes, « celle qui déménage et vide ses placards, un boulanger ou épicier qui dépose ses invendus, une personne qui n’a pas eu le temps de faire ses courses avant de rentrer chez elle, une personne dont les fins de mois sont difficiles, ou qui n’a pas accès à une nourriture variée/de qualité… ». Bien évidemment, la réussite du projet repose sur la bonne volonté des citoyen.ne.s. « Nous avons ensemble fait l’observation que lorsque nous déposions quelque chose, cela part rapidement (en moins d’une heure, parfois en quelques minutes), et c’est pour le moment le seul constat que nous avons fait ». Après ces débuts encourageant l’idée est désormais prête à être essaimée.


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Sources : capoupascap.info / Propos recueillis par l’équipe de Mr Mondialisation / Toutes les photographies par Cap ou pas Cap ? 

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