Selon une étude récente, l’ensemble des glaces de l’Antarctique vont inévitablement fondre si nous consommons toute l’énergie fossile disponible dans nos sols. De quoi augmenter le niveau des mers de plusieurs dizaines de mètres avec des conséquences humanitaires au-delà de l’imaginable, la plupart des grandes métropoles mondiales se trouvant sur les côtes.

Tout le monde a été choqué par cette photographie d’ours polaire rachitique, incapable de trouver sa nourriture en raison d’un environnement en changement. Les conséquences liées au changement climatique, on commence à bien les connaître et à les visualiser. De l’autre côté du monde, en Antarctique, un drame lent et plus pernicieux se prépare : la fonte des glaces.

Sur le continent antarctique, ce sont 30 millions de km3 de glace qui sont stockés, soit 2 % de toute l’eau terrestre. Depuis quelques années, les études et observations scientifiques s’accumulent concernant la fonte des glaces antarctiques. Début 2015, des chercheurs australiens découvraient que glacier Totten, qui fait 120 kilomètres de long sur plus de 30 km de large, étaient en train de fondre lentement par le fond. En effet, des courants d’eaux chaudes atteignent les glaciers qui perdent en épaisseur sans que cela soit toujours identifiable à l’œil nu en surface.

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Une étude récente confirme les pires craintes pour l’antarctique. Des chercheurs allemands du Climate Impact Research ont établi que si nous consommons l’ensemble du charbon, du pétrole et du gaz disponible, nous arriverons à faire fondre l’entièreté des glaces antarctiques avec des conséquences dramatiques pour l’humanité. Publiées dans le journal Science Advances, les conclusions de l’étude son sans appel. Si nous limitons le réchauffement climatique à 2 degrés, comme préconisé par les nations unies, l’élévation du niveau de la mer ne sera « que » de quelques mètres d’ici le prochain millénaire. De quoi laisser aux nations le temps de s’adapter.

Mais dans le cas où nous continuerions à exploiter les énergies fossiles sans limite (ce qui semble se produire aujourd’hui malgré des efforts dans les énergies renouvelables), il faudra s’attendre à un scénario beaucoup moins favorable. Ainsi, dans le cas extrême où l’ensemble des énergies fossiles seraient exploitées, engendrant une augmentation des températures moyennes de 10 degrés, le niveau des océans augmenterait de 30 centimètres par décade, soit 30 mètres d’ici la fin du millénaire, puis 40 et 60 mètres les millénaires suivants.

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Ricarda Winkelmann, directeur de l’étude, explique que la chose ne va certes pas se produire par surprise, mais assez rapidement pour que nous devions faire face à certaines conséquences systémiques. « Nos actions d’aujourd’hui sont en train de changer le visage de la planète Terre telle que nous la connaissons, et continueront à le faire pour des dizaines de milliers d’années à venir. Si nous voulons éviter que Antarctique voit ses glaces disparaitre, nous devons conserver le charbon, le gaz et le pétrole dans le sol. » Ainsi, le niveau des océans pourrait augmenter de plusieurs dizaines de mètres, noyant les terres habitées par des centaines de millions de personnes à travers le monde, modifiant à jamais la face de notre planète.

Les chercheurs indiquent que si nous voulons éviter de rayer Tokyo, Hong Kong, Shanghai, Calcutta, Hamburg ou New York de nos atlas, il est plus que temps d’embrasser des énergies alternatives. Mais comment y arriver là où règne le libre marché ? Sur base de notre économie libérale axée sur l’offre et la demande, il est plus que probable que nos sociétés se jettent tête la première dans un tel scénario catastrophe. Bien que l’accès à ces ressources soient de plus en plus difficile, donc couteux, on peut s’attendre, à la vue du prix toujours extrêmement compétitif des énergies fossiles, à ce que les industries continuent d’exploiter ces ressources de nombreuses décennies. C’est du moins le scénario le plus probable sans prise de décisions mondiales quant à la limitation des émissions de CO2 (parmi d’autres problématiques environnementales).

polar-bear-and-cub-on-a-floating-chunk-ira-meyerPhotographie : Ira Meyer

Une prise en main collective en matière d’énergie semble plus que jamais souhaitable. Pourtant, à ce jour, les énergies fossiles sont toujours largement subventionnées par de très nombreux pays industrialisés. Une réalité qui tranche radicalement avec les discours « écologistes » de certaines grandes puissances à l’heure même où se déroule la COP21 à Paris.


Source : ecowatch.com / cnrs.fr / maplanete.blogs.sudouest.fr / theguardian.com

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