L’information a de quoi interpeler. Le lac Bellandur situé en Inde est tellement chargé en produits chimiques que ses eaux usées s’avèrent extrêmement inflammables en surface. Le mélange de différents détergents, graisses et résidus chimiques conduirait le lac à prendre régulièrement feu, offrant une vision peu enviable du développement industriel dans la région.

L’Inde s’est industrialisé à toute vitesse sortant un grand nombre d’habitants de la misère. Malheureusement, comme pour de nombreux pays émergents, les réglementations environnementales ne suivent pas et peuvent même être perçues comme des freins au développement économique. Avec ses 1,2 milliard d’habitants, l’Inde repose son développement économique de manière conséquente sur ses industries : un quart de son PNB (contre 19% en France). Ainsi, l’émergence de cette nouvelle superpuissance économique s’accompagne inévitablement d’externalités sociales et environnementales hautement problématiques.

L’un des symboles des conséquences de ce développement rapide est sans aucun doute le lac Bellandur dans la ville de Bangalore. Silicon Valley indienne, on y trouve les grands noms de l’industrie du high-tech comme Google, Microsoft, Yahoo, Amazon, IBM et d’autres. La croissance explosive de la région ne va cependant pas se faire sans conséquence…

C’est en avril dernier que les premières inquiétudes des habitants furent médiatisées quand le lac va se mettre à déborder de son lit. Cependant, ce ne sont pas les eaux qui vont envahir les rues, mais une mousse blanchâtre toxique. Mousse qui résulte du mélange de différents produits chimiques déversés dans le Bellandur depuis des années et issus de différentes industries avoisinantes. En effet, selon le journal NewsBeat Social, 500 millions de litres d’eaux usées non-traitées se déverseraient chaque jour dans le lac, avec les conséquences dramatiques qu’on imagine.

Mais les vagues de mousse et les émanations chimiques n’étaient que les signes annonciateurs d’un phénomène encore plus étonnant. Plusieurs fois entre mai et octobre 2015, le lac de 3,6 kilomètres carrés va prendre spontanément feu, offrant un spectacle peu commun aux populations locales. En cause, une soupe de produits chimiques en tout genre qui se concentreraient en surface sous la couche de mousse risquant à chaque instant la combustion. Plus particulièrement, ce serait la présence en trop grande quantité de phosphore, d’ammoniac et d’huiles dans les eaux de surface qui conduirait celui-ci à prendre feu de manière spontanée ou sous l’action humaine, un simple mégot de cigarette faisant l’affaire.

Le journal Times of India, précise qu’en dehors des rejets des industriels, des mafias locales organiseraient des déversements illégaux de déchets dans le lac à la tombée de la nuit. Outre ce spectacle désolant, conséquence d’une recherche incontrôlée de profits, les populations locales doivent faire face à des odeurs nauséabondes, des risques pour leur santé ainsi qu’une difficulté accrue d’accéder à de l’eau potable, divers affluents étant contaminés par cette pollution.

La Commission de contrôle de la Pollution de l’état du Karnataka compte porter plainte contre l’autorité responsable des eaux du Bangalore pour son incompétence et son laisser-faire dans cette contamination dont les causes sont connues depuis de nombreuses années. Une chose est certaine, en matière d’écologie, on ne pourra plus dire : il n’y a pas le feu au lac…


Source : 8e-etage.fr / cetri.be / newsbeatsocial.com / timesofindia.indiatimes.com