Librement inspiré de l’œuvre de John Layman « Tony Chu, détective cannibale », le jeune réalisateur Morgan Gastanaga signe ici son premier court-métrage. Celui-ci retrace, à travers les visions incontrôlables d’un homme, le parcours emprunté par nos aliments, de la récolte jusqu’au caddie.

Pour sa première réalisation, Morgan Gastanaga livre un court-métrage plutôt engagé sur l’impact de notre consommation. Affublé d’un « superpouvoir » dont il se serait sans doute bien passé, le personnage principal est victime de visions chroniques chaque fois qu’il consomme un aliment. Il lui est désormais impossible de fermer les yeux sur les conséquences de ses choix alimentaires.

Nous n’avons pas toujours conscience, en tant que consommateur, que l’achat d’un produit exerce des implications sur l’ensemble de la société. Comme le battement de l’aile du papillon, ces implications peuvent se montrer aussi surprenantes que néfastes : exploitation d’enfants pour la récolte des fèves de cacao, déforestation massive pour la production d’huile de palme, souffrance animale dans une industrie sans conscience, etc… Ces réalités ne sont évidemment pas abordées par les marques elles-mêmes et nécessite un effort, trop rare, de la part du consommateur ou de la collectivité pour être médiatisées.

[vimeo 117051581 w=780 h=440]

Cette liste non-exhaustive n’est qu’un coin du voile, tous les maillons de la chaine de production peuvent être discutables à certains niveaux et font naître en nous un dilemme moral. Dans une société où nous avons l’embarras du choix en matière d’alimentation, est-il responsable de financer une industrie dont nous ne voulons d’ordinaire pas voir les coulisses ?

Il semble subsister en chacun de nous un conflit moral entre une réalité trop honteuse et/ou cruelle pour être regardée en face, et nos désirs de consommateurs. À l’heure de l’information de masse, l’achat semble devenir une forme de vote militant qui permet de bâtir les premières pièces de systèmes productifs plus équitables. « Cybopath » nous rappelle avec justesse qu’il n’existe pas de changement global sans changement personnel et local. D’où l’adage, penser global, agir local !


Sources : reporterre / facebook / vimeo

 

- Cet article gratuit et indépendant existe grâce à vous -
Donation