Le huitième épisode du Professeur Feuillage, cet « écolo-farfelu » désormais bien connu, est consacré à la pollution générée par l’Internet. Data centers, câbles transocéaniques, coût écologique des recherches sur Google, selfies sur Facebook et courriels, ces petites gestes quotidiens engendrent une pollution monstre. Avec pédagogie et humour, son altesse feuillue et sa partenaire remplissent leur mission d’information.

L’idée des « Chroniques écologiques Professeur Feuillage » est née de l’envie de communiquer sur l’écologie d’une façon moins lourde et dramatique qu’à l’habitude. Comme l’explique Mathieu Duméry, l’un des trois auteurs-comédiens, ses découvertes sur Internet de « vidéos qui avaient trait à l’écologie étaient souvent très anxiogènes (…) avec une musique triste », etc. L’originalité de l’approche du trio d’amis, qui se transformera en véritable projet audio-visuel grâce à un financement participatif, réside donc dans son humour didactique et indélicat.

Quand nos clics polluent

Le récent épisode de la série est consacré au sujet de la pollution générée par Internet. La fine équipe y résume bien la contradiction à laquelle nombre d’utilisateurs font inévitablement face : « les nouvelles technologies du web, de l’information et de la communication consomment à elles seules 10% de l’électricité mondiale ». Un coût énergétique et écologique astronomique que sont loin de soupçonner les usagers quotidiens de Google, Facebook, Instagram et autres. Et ceci n’inclut même pas le coût matériel des machines utilisées. Comment ne pas se reconnaître dans les disputes des deux personnages qui dénoncent la pollution générée par Internet… à l’appui d’informations glanées sur Internet et diffusée sur celui-ci ! Faut-il tout arrêter ?

data_center_googleData Center de Google / Oregon (source)

Le sujet n’est-il pas révélateur des contradictions inévitables auxquelles nous devons tous faire face, écologistes ou non, en matière de transition écologique ? Ainsi, cette pollution générée par l’internet nous indique qu’il ne faut pas rester pantois devant une aberration environnementale, mais bien d’en chercher les meilleurs alternatives, que ce soit en matière d’utilisation, de mode de vie ou d’infrastructures. L’épisode se termine avec divers conseils pour minimiser individuellement l’impact de sa consommation du web (moins d’onglets ouverts, de destinataires joints, suppression des courriels et données obsolètes, etc…). Mais ces petits gestes risquent d’être bien peu efficaces face à la croissance du secteur.

Par ailleurs, des data-centers écologiques (100% alimentés en énergies propres et aux systèmes de refroidissement intelligents) sont développés notamment en Norvège. Il est donc possible d’avoir un Internet presque propre si nous le voulons vraiment. Enfin, on retiendra les tentatives de décentraliser les serveurs sous forme de radiateurs chez les particuliers afin de ne pas gaspiller l’énergie utilisée pour les faire fonctionner. La transition reste cependant lente et seuls les pouvoirs publics peuvent désormais l’accélérer avec l’aide et les pressions des associations et citoyens engagés.


Sources : YouTube du Professeur Feuillage

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