L’Empire du Milieu étonne une nouvelle fois le monde entier. Une entreprise chinoise réussit le tour de force d’imprimer en 3D une automobile pour un forfait défiant toute concurrence. Annoncé à moins de 2000 euros, ce nouvel exploit soulève beaucoup de questions quant à l’avenir industriel de la Chine et du monde.

En bien ou en mal, dans tous les domaines, la Chine s’est réveillée et ne cesse de surprendre par sa capacité d’adaptation aux nouveaux marchés. Dernière prouesse en date, la confection d’une voiture par impression 3D pour un cout record : 11 000 yuans, soit environ 1 600 euros. De quoi pulvériser les précédents essais américains (en matière de coûts) et concurrencer sérieusement les chaines d’assemblages classiques de l’industrie automobile.

Souvenez-vous, début 2015, la Chine se faisait déjà remarquer alors qu’une entreprise avait imprimé en 3D le premier building de 5 étages en un temps record. Peu de temps avant, pas moins de 10 petites maisons étaient imprimées (gros œuvres) en 24 heures ! Aujourd’hui, c’est au tour de l’automobile de passer par la rouleau compresseur low-cost chinois. Sans surprise, ce premier essai national, petite voiture électrique aux teintes orangées, remet en question tout ce qu’on croyait savoir en matière de coût de production.

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Créée par Sanya Sihai, une entreprise chinoise spécialisée dans les technologies 3D, le véhicule de 3.6m de long sur 1.6m de large est propulsé par des batteries électriques et peut atteindre les 40 km/h dans sa première version. Du nom de Tuhaojin, à l’image de la couleur d’or utilisée pour l’impression, la voiture peut transporter deux passagers pour un poids total d’environ 500 kg. Un premier prototype plutôt satisfaisant sur la forme et qui risque rapidement d’évoluer.

Si cette étonnante voiture chinoise rivalise en matière de coût, elle fut imprimée et assemblée dans un temps deux fois moindre à ce qui se fait déjà ailleurs. En effet, début 2015, la société américaine Local Motors imprimait sa Strati électrique en à peine 44 heures (gros œuvres) mais pour un prix de vente diamétralement différent : de 16 000 à 27 000 euros. Coût peu concurrentiel qui avait rebuté la plupart des acheteurs potentiels. En ce qui concerne Tuhaojin, comptez cinq jours d’impression pour plus d’un mois de conception et d’assemblage. Mais c’est ici un tout premier test qui risque rapidement d’évoluer en rapidité et en qualité.

L’avenir de l’industrie ?

Pour beaucoup de penseurs, ces tentatives annoncent une nouvelle révolution industrielle, plus libre et probablement plus proche du citoyen, l’outil 3D de plus en plus démocratique pouvant se partager sur une base d’Open Source. Comme les nombreuses innovations en matière de 3D, on peut être à la fois être fasciné par les possibilités infinies de la technologie et effrayé par les conséquences fâcheuses d’une mauvaise utilisation de celle-ci.

Si l’impression 3D est avant tout un outil, c’est la manière dont on l’utilise qui détermine son caractère résilient ou destructeur. Le choix des matériaux d’impression apparait essentiel, et, dans le domaine, les possibilités sont incroyablement nombreuses. Ainsi, il est déjà techniquement possible d’imprimer une voiture en fibre de bamboo, par exemple, mais à un prix nettement moins concurrentiel. On en revient à la problématique centrale à la culture chinoise : la dictature du prix l’emporte toujours sur la durabilité. Depuis le plus simple plastique pétrolier jusqu’aux métaux précieux en passant par le bois recyclé ou des fibres végétales, l’impression 3D fait face aux mêmes enjeux que dans l’ensemble du monde productif : durable ou pas, le choix appartient à l’humain.

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Source : priximprimante3d.com / filimprimante3d.fr / 3dprintingindustry.com

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