Pour justifier notre inaction face au changement climatique, chacun y va de sa petite excuse à léguer à nos petits enfants. Magnant habilement humour et réalisme, la campagne #lapireexcuse met en exerce nos contradictions individuelles et collectives tout en invitant à l’engagement concret.

« On pensait que nos enfants s’en occuperaient », « Je n’ai rien fait car les autres n’ont rien fait », « Je pensais que les politiques et les entreprises devaient régler le problème » ou encore « J’peux pas, j’ai piscine ! » : nous avons tous une excuse pour exprimer pourquoi nous ne nous engageons pas pour une réduction de l’incidence de notre société sur l’environnement. Particulièrement percutante, l’initiative #lapireexcuse, initiée par Sorry Children en partenariat avec le photographe Josef Helie met le phénomène en lumière à travers l’humour et la dérision.

Crédit image : Josef Hélie
Crédit image : Josef Hélie

« Des personnalités emblématiques du monde de la culture et des arts, de la politique, de l’entreprise et des médias et des influenceurs sont photographiées avec une pancarte sur laquelle figure la pire excuse qu’ils pourraient donner à leurs enfants face aux bouleversements qui s’annoncent », explique l’association par communiqué. Sur le site Sorry Children on peut ensuite retrouver en cliquant sur chacune des photos les meilleures actions à suivre pour s’engager selon ces mêmes personnalités. Parmi elles, participer aux manifestations pour le climat, rejoindre les collectifs citoyens, modifier ses habitudes de consommation et son propre train de vie ou encore interpeller le reste de la population et les gouvernements sur ces enjeux.

Ce dernier point est d’ailleurs probablement la pierre angulaire de nos engagements. Alors qu’un rapport du Carbon Disclosure Project affirme que 100 entreprises sont responsables à elles seules de 71% du changement climatique, on réalise à quel point c’est notre système tout entier qui est à changer. Comment nous l’apprend le site Sorry Children, les excuses illustrent notre propension à vouloir réduire les dissonances cognitives. C’est un phénomène proprement humain. « Tout biais cognitif est bon pour contester ces données qui remettent fondamentalement en cause notre mode de vie actuel », explique le site. Ainsi, si nous souhaitons protéger l’environnement, il faudra remettre en question de nombreuses formes de consommation (tourisme, viande, voiture individuelle…) et nous confronter à nos réactions grégaires.

Crédit image : Josef Hélie
Crédit image : Josef Hélie

Agir plutôt que s’excuser

Si la campagne met d’abord en lumière notre apathie, elle est surtout un appel à l’action individuelle et collective. Alors qu’il est déjà trop tard pour empêcher un bouleversement global du climat et que le déclin de la biodiversité se déroule sous nos yeux, les militants appellent fermement à un sursaut pour mettre fin aux politiques de croissance, se débarrasser des énergies fossiles et réduire, de manière générale, notre empreinte sur l’environnement. Ainsi la campagne #lapireexcuse rejoint les mouvements de mobilisation citoyens qui s’organisent depuis plusieurs mois.

Vous voulez également générer votre pire excuse et la partager ? C’est par ici.

Crédit image : Josef Hélie
Crédit image : Josef Hélie


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