L’association française qui a sauvé des milliers d’enfants cambodgiens de la misère

Née de l’initiative de deux Français qui se rendaient au Cambodge en 1995, l’association Pour un Sourire d’Enfant œuvre auprès des jeunes cambodgiens depuis plus de 20 ans. Destinés à un sort peu enviable où misère et violence se côtoyaient dans les méandres d’une décharge à ciel ouvert, les enfants secourus bénéficient aujourd’hui de soins et d’un accès à l’éducation. Un film relatant cette épopée humaine hors du commun sortait fin 2016.

C’est alors qu’ils effectuent un voyage au Cambodge en 1995 que Marie-France et Christian des Pallières sont amenés à mesurer l’ampleur de la misère qui recouvre le pays. Sortant à ce moment-là de 20 ans de guerre et ravagé par l’action des Khmers rouges, le Cambodge est un pays laissé en ruine où la violence et la pauvreté sont omniprésentes. À Phnom-Penh, les deux Français font la découverte sinistre de la décharge de Stung Meanchey, où des milliers d’enfants fouillent les détritus, s’y nourrissent même parfois. Parfois, certains y meurent, écrasés par les bulldozers qui ratissent la zone. Pour les enfants comme pour leurs parents, il s’agit avant tout d’assurer la survie de leur famille, qui justifie en elle-même ce labeur infantile, faute d’aide collective adaptée.

Alors qu’ils restent effarés par les conditions dans lesquelles vivent tous ces enfants, Marie-France et Christian prennent conscience du rôle qu’ils ont à jouer dans l’amélioration de leurs conditions de vie, en tant que simples êtres humains. Évoquant la rage au ventre qui les a pris au moment où ils ont découvert la décharge, tous deux ont alors pris la décision de rentrer en France avec la ferme intention d’alerter tous ceux autour d’eux et de mettre en place une association qui porterait secours à ces milliers d’enfants. Quelques mois plus tard, « Pour un sourire d’enfant » (PSE) était née.

Donner aux enfants les outils pour bâtir une vie

À ses débuts, l’association a tout d’abord mis en place un système de restauration pour subvenir aux besoins de ces enfants qui n’avaient parfois pas d’autre choix que de s’alimenter directement dans les poubelles. Puis l’idée a grandi, et PSE a accueilli sa première (petite) promotion d’élèves (une vingtaine). Au fil des années, le programme éducatif de l’association a grandi de façon exponentielle, accueillant désormais des promotions de plusieurs centaines d’élèves au sein d’une classe qui leur permet de rattraper deux années d’éducation en une seule. À côté de cette école, une infirmerie a fait son apparition. Les enfants pouvaient désormais bénéficier d’une alimentation saine, d’une instruction, et de soins médicaux.

Aujourd’hui, l’association a déjà aidé plusieurs milliers d’enfants cambodgiens (entre 6000 et 10 000 âmes ont bénéficié de ses services estime l’association). Son développement, également, a été poussé jusqu’à intégrer différentes formations professionnelles pour les élèves afin de leur assurer un emploi. Ainsi, PSE abrite désormais en son sein des formations hôtelières, de jardinage, de mécanique, mais aussi sa propre école de commerce parrainée par le groupe français ESSEC. Et le succès est au rendez-vous : l’association affiche des taux d’insertion de ses rescapés dans la vie active cambodgienne proches de 100%. On peut parler de véritable enraiement de la machine à reproduire de la misère sociale. Les familles, quant à elles, reçoivent une compensation pour le manque à gagner généré lorsque les enfants passent leurs journées à l’école.

Une action ancrée dans le respect de la vie locale

Afin de garantir la pérennité de leurs accomplissements, Marie-France et Christian ont également tenu à agir main dans la main avec l’état et la population cambodgiens. C’est pourquoi aujourd’hui, la très vaste majorité des 450 personnes employées sur place est cambodgienne. On y trouve des professeurs, des travailleurs sociaux, des médecins, des formateurs, des employés administratifs ou encore des techniciens de maintenance. Tous assurent le bon fonctionnement de l’association au jour le jour. Voulant se positionner à l’antithèse d’une action néo-colonialiste, l’association s’efforce depuis toujours à impliquer du mieux qu’elle peut les acteurs locaux.

Les deux Français, quant à eux, reviennent trois mois par an en Europe afin de continuer de promouvoir l’œuvre de l’association et garantir le parrainage de ses enfants. Car financée à 100% par des acteurs privés, l’association vit grâce aux parrainages et aux dons. Des entreprises européennes sont également investies dans le mécénat et permettent de garantir la qualité des formations et soins prodigués. Marie-France et Christian le soulignent cependant dans leur charte, il ne s’agit en aucun cas d’exporter une mentalité élitiste, mais bien de fournir une éducation de qualité qui armera les enfants pour la vie. Si aujourd’hui, Christian des Pallières, alias Papy, n’est plus, sa mission et combat se poursuivent avec son épouse et les personnes engagées sur le terrain qui colportent les valeurs de leur fondateur.

Le 5 octobre dernier sortait le film « Les Pépites », qui retrace l’histoire derrière l’association et ses accomplissements. Une occasion à ne pas rater de découvrir un peu mieux cette belle aventure humaine.


Sources : PSE.ong / Toutes images à la discrétion de PSE