Le « World CleanUp Day », qui se tiendra le 15 septembre prochain dans 150 pays, ambitionne de rassembler des millions de citoyens et de citoyennes autour d’une cause commune : nettoyer la planète des déchets laissés dans la nature et alerter les autorités sur la nécessité de résoudre structurellement la problématique. En France, 500 opérations sont d’ores et déjà référencées.

Ce sera, selon les organisateurs du World Clean Up Day, « la plus grande mobilisation citoyenne planétaire jamais organisée ». Le 15 septembre prochain, chacun est invité à rejoindre les groupes qui participeront près de chez eux au ramassage des déchets en pleine nature. Les bénévoles réunis pour l’occasion et armés de gants sillonneront plages, chemins et routes à la recherche des mégots, des canettes, sachets plastiques, etc.

Crédit image :
Franck Ehret – EHRETic Photographie

Nettoyer la planète en un jour, c’est possible ?

Tous les acteurs de la société, que ce soient les citoyens, associations, entreprises, collectivités ou encore les écoles, sont appelés à participer. Les initiatives existantes auxquelles il est possible de se joindre peuvent être consultées sur la carte des actions. Chacun peut également encore ajouter son propre évènement à la carte. La mission du World CleanUp Day « consiste surtout à éveiller l’attention sur la prolifération des déchets sauvages, provoquer une prise de responsabilité face à l’impact des nuisances que cela engendre aujourd’hui et les conséquences de cette pollution environnementale », apprend-on sur le site de l’association.

« Ce que nous voulons accomplir, c’est une synchronisation mondiale de toutes les énergies pour changer d’échelle par rapport à la problématique des déchets dans la nature », explique Julien Pilette, Président de l’association depuis la création d’une antenne en France, il y a 18 mois. À l’origine d’une entreprise de recyclage de déchets issus de la restauration, il connaît bien le sujet. Selon lui « nous sommes face à une somme de problèmes énormes, à tous les niveaux et qui concernent la production, la consommation ainsi que la gestion », Mais « les réponses existent déjà », insiste-il.

« Le mouvement vise à sensibiliser, nous voulons toucher le grand public », développe Julien Pilette, selon qui « on a pris l’habitude de marcher dans les déchets en ville, dans les mégots » et qu’il faudrait donc changer notre regard sur les déchets. C’est dans cette logique inclusive que des clubs de sport ou des entreprises prendront part à la démarche. L’évènement du 15 septembre est une mobilisation qui doit mettre en valeur d’autres acteurs qui dressent une expertise sur la question depuis plusieurs années déjà, ZeroWaste France, la SurfRider Foundation ou encore Greenpeace, entre autres.

Les organisateurs espèrent permettre un passage à l’action et mobiliser autour d’une action concrète et utile. La volonté est également d’adresser un message fort aux décideurs politiques et à la société dans son ensemble, car chacun porte une part de responsabilité à son échelle et qu’il n’est plus possible de se rejeter la faute plus longtemps. Certes, le meilleur déchet est celui qui n’existe pas. Ainsi faudra-t-il inévitablement questionner nos modes de production. Et ça tombe bien, de nombreuses solutions existent désormais à tous les niveaux, autant pour les mégots que pour les plastiques. Pourtant, elles ne sont que rarement exploitées.

Crédit image : World CleanUp Day

Déchets : un désastre en cours

La croissance exponentielle des déchets dans notre environnement s’est transformée en un problème sanitaire et écologique de premier ordre. Selon les estimations, l’équivalent d’une benne à ordure de déchets est déversé dans les océans chaque minute. Très visibles sur certaines plages, au bord des cours d’eau ou dans les océans, les détritus ont également des conséquences moins perceptibles sur la faune et la flore. À titre d’exemple, les plastiques provoquent non seulement la mort de nombreux animaux marins (par indigestion ou étouffement), ils intègrent également la chaîne alimentaire humaine.

Ces premiers éléments n’empêchent pas de penser aux autres pollutions – émissions de gaz à effet de serre, produits chimiques répandus dans la nature, etc – qui menacent la stabilité du climat et des éco-systèmes au même titre.

Après les différentes manifestations d’ores et déjà prévues le 8 septembre à l’occasion de la journée mondiale pour le climat et qui prennent désormais de l’ampleur avec la démission de Nicolas Hulot, le World Clean Up Day sera le deuxième temps fort de l’agenda éco-engagé de la rentrée. Les organisateurs remporteront-ils leur pari, celui de rassembler 5 % de la population française pendant cinq heures ?

Crédit image : World CleanUp Day

Nos travaux sont gratuits et indépendants grâce à vous. Afin de perpétuer ce travail, soutenez-nous aujourd’hui par un simple thé 😉