Depuis 2014, le Parentibus arpente les routes de centre Manche dans l’espoir d’y rompre l’isolement des familles riveraines qui la subissent. Avec une quarantaine de bénévoles qui se relaient à son bord, il s’installe tour à tour dans ses treize communes. Là-bas, il réinstaure une écoute et un dialogue pour des habitants parfois isolés qui n’ont personne à qui se confier. Une fois à bord, il est possible pour les familles de faire part de leurs doutes et de leurs interrogations sur l’éducation, et de trouver une oreille attentive à qui conter leurs maux. Cette année encore, il a reprise la route ce 12 septembre.

Une association itinérante pour palier l’isolement des familles

Cela fait maintenant deux ans que le Parentibus opère en Normandie, se rendant dans 13 petites communes au gré d’un emploi du temps ficelé. Tous les jours, week-ends et vacances scolaires exceptés, le bus s’arrête dans des endroits faciles d’accès qui permettent à ses passagers éphémères de garder l’anonymat.

Une fois garé, les habitants des différents villages peuvent en pousser la porte. Ils y trouveront un salon aménagé, et du café leur sera proposé, en plus d’une oreille attentive. Être à l’écoute, c’est bien là l’enjeu défendu par l’association. Dans une campagne marquée par un isolement géographique et parfois social, le bus et ses bénévoles proposent une trêve à l’isolement et à l’indifférence.

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Composé d’instituteurs, de travailleurs sociaux ou encore de magistrats, l’association propose un recours aux démarches lourdes et institutionnelles en proposant la mise en place d’une médiation et d’une prévention. C’est Catherine de la Hougue, une ancienne juge pour enfants, qui a eu l’idée de cette association en 2011.

Le projet, soutenu par la Caf et accueilli à bras ouverts par les mairies, souhaite aider à la résolution des situations de détresse familiale liées à l’isolement. En effet, celles-ci peuvent souvent être évitées si l’on prend le temps d’écouter les individus et de les orienter vers des organismes capables de les aider. Entre 2014 et 2015, le bus a accueilli à son bord 275 personnes. De Septembre 2015 à mars 2016, ce chiffre était de 429, démontrant la popularité montante du dispositif.

L’isolement dans les campagnes françaises, une situation qui perdure

En 2011, la « lutte contre la solitude » était déclarée grande lutte nationale. Pourtant, les problèmes de désenclavement des campagnes et d’isolement des personnes ne semblent pas être résolus. Alors que les villes se modernisent, les campagnes, quant à elles, souffrent toujours d’une économie à la traîne marquée par le taux faible d’emplois qualifiés et la précarité.

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En Basse-Normandie, on compte 52% de la population en 2013 répartie entre les classes ouvrières et les employés. Un chiffre qui ne dépasse pas les 32% au niveau national en 2014. Les emplois précaires, quant à eux, touchent 9% de la population en emploi contre 7% au niveau national. Sans aucun doute, la pauvreté relative qui y règne, couplée à l’éloignement, participent de l’existence de problèmes sociaux dans nos régions.

Les bénévoles du bus ont affaire à de nouveaux types de problèmes rencontrés par les « passagers » les plus âgés. Les querelles familiales, la pauvreté ou l’isolement touchent plus que les autres cette part de la population. Les parents, quant à eux, apparaissent parfois démunis lorsqu’il s’agit de faire face à une séparation ou au comportement de leurs enfants.

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Là où les services sociaux préconiseraient des actions parfois expéditives, le Parentibus prend le temps de rétablir le lien et l’écoute afin de résoudre les problèmes dans le calme. Une initiative à taille humaine venue mettre du baume au cœur d’une population parfois laissée à elle-même en dehors des villes.


Sources : Page Facebook du Parentibus / Bastamag.net /

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