Début 2017, Donald Trump prendra le pouvoir d’une des plus grandes puissances économiques. Ce dernier a déjà annoncé vouloir relancer la course aux ressources fossiles, ayant lui même des investissements privés en la matière. Un projet jugé dangereux par l’administration Obama et les mouvements écologistes qui fleurissent aux USA comme dans le monde. Barack Obama a ainsi pris la décision extrême d’une dernière mesure radicale en pied de nez à son successeur climatosceptique : interdire purement et simplement l’exploitation pétrolière dans les vastes espaces de l’Antarctique et de l’Arctique sous la juridiction des États-Unis.

Ce n’est pas la première fois qu’une administration américaine prend des mesures en urgence avant qu’elle ne quitte le pouvoir. Cependant, le flou qu’il existe quant au programme politique qu’appliquera Donald Trump ainsi que son imprévisibilité est une situation inédite qui laisse craindre le pire sur certains sujets. Ce mardi, Barack Obama a donc annoncé vouloir interdire les futurs forages qui exploiteront du pétrole ou du gaz naturel en Arctique et en Antarctique. De cette manière, il espère mettre en place un verrou juridique contraignant pour empêcher la prochaine administration, menée par Donald Trump, de relancer l’industrie du pétrole et revenir en arrière si ces avancées environnementales.

De vastes espaces sanctuarisés

À quelques semaines de son départ de la Maison blanche, Barack Obama a entendu prendre une série de mesures pour protéger de très grandes parties de l’Antarctique et de l’Arctique de toutes formes d’exploitations industrielles futures. Pour se faire, il souhaite sanctuariser ces espacesAinsi, 98 pourcent des eaux arctiques appartenant aux États-Unis devraient être prochainement protégés. Au même moment, le premier ministre Canadien Justin Trudeau annonçait l’interdiction de nouveaux forages dans les eaux arctiques canadiennes. Bien que l’on puisse regretter qu’elle arrive si tard, c’est une décision d’importance, aussi bien du point de vue symbolique que politique, car elle devrait limiter le champ d’action de Donald Trump et des lobbies pétroliers qui entourent son administration.

Pour mener à bien son objectif, Barack Obama s’appuie sur un texte qui date de 1953, l’Outer Continental Shelf Lands Act. Ce dernier, « donne au président américain le pouvoir de protéger les eaux fédérales de toute recherche de gaz ou de pétrole ». Ainsi, explique Le Monde, en se fondant sur ce texte Barack Obama « rend la protection permanente dans le temps » et empêche quiconque de revenir sur sa décision facilement. Cette mesure permet non seulement de protéger des espèces menacées, notamment des coraux, des ours ainsi que certains poissons rares, mais également d’empêcher l’exploitation de nouvelles réserves d’énergies fossiles avec les conséquences que nous connaissons tous.

On peut cependant regretter que la protection de l’environnement soit soumise à un agenda politique qui est rythmé par les échéances électorales ainsi que la lutte des partis pour le pouvoir. Toutefois, les associations et organismes qui militent pour que l’on cesse l’exploitation des énergies fossiles se sont félicités à juste titre de cette décision qui est une nouvelle victoire, quelques jours après l’annonce d’une mise en pause du projet de pipeline qui devait traverser les territoires amérindiens dans le Dakota.

Photo : Lwp Kommunikáció / Flickr

Donald Trump veut torpiller les accords sur le climat

Les déclarations récentes du futur Président des États-Unis, qui prendra ses fonctions le 20 janvier 2017, laissent craindre une négation pure et simple de l’état des connaissances actuelles à propos du changement climatique ainsi que des accords dans lesquels les États-Unis sont engagés. Dans son équipe et au sein de ses ministères, Donald Trump s’est entouré de climato-sceptiques et d’hommes d’affaires qui entretiennent des relations étroites avec l’industrie du pétrole. Tout laisse à croire qu’il reviendra sur les avancées qui avaient pu être faites en matière de lutte contre le changement climatique : rien ne l’empêchera notamment de ne pas respecter l’accord sur le climat, contraignant pour les entreprises.

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D’ores et déjà, les opposants – en particulier le lobby du pétrole – se demandent par quels moyens la décision d’Obama pourrait être remise en cause. Comme le suggèrent leurs réactions, ils devraient tout mettre en œuvre pour revenir sur la série de mesures. Si les conseillers juridiques de Barack Obama espèrent que l’interdiction ne pourra pas être révoquée, tout porte à croire, rapporte le New York Times, que la remise en cause des sanctuaires finisse par aboutir devant la Cours fédérale, à qui il appartiendra de trancher de manière définitive cette épineuse question.

Photo : Lwp Kommunikáció / Flickr

Sources : nytimes.com / lemonde.fr / francetvinfo.fr

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