Les 21 et 22 septembre se tenaient les journées nationale de la qualité de l’air et mondiale sans voitures. L’occasion pour les différents acteurs contre la pollution aérienne de revenir sur les chiffres en lien avec ce mal moderne qui touche de plus en plus nos villes. L’occasion aussi de revoir les différentes actions qui s’offrent à nous pour garantir un avenir respirable aux générations présentes et futures. Pour cela, une étude réalisée récemment par Santé Publique France revient sur l’état actuel de l’air dans l’hexagone, et sur quelques pistes pour éviter l’asphyxie programmée. 

18 000 vies pourraient être sauvées chaque année en France

Peut-être l’ignoriez vous, mais la pollution de l’air est la première cause environnementale de décès prématuré dans le monde. Comme le révèle l’étude de Santé Publique France publiée en juin dernier, en France, chaque année, on estime à 48 000 le nombre de décès en lien avec la mauvaise qualité de l’air induite par l’activité humaine (pollution anthropique). Particulièrement incriminée, la présence dans celui-ci de particules fines de moins de 2,5 micromètres de diamètre qui, inhalées, se retrouvent dans nos poumons, sang et cellules.

Plus de la moitié de ces décès concernés toucherait la population urbaine dans les villes de plus de 100 000 habitants. Au niveau mondial, ce sont 3,7 millions de personnes qui succombent des suites de maladies liées à la qualité de l’air chaque année.Afin de résoudre le problème à moyen terme, l’OMS recommande un niveau de particules fines égal ou supérieur à 10μg/m3. Plus de 18 000 vies pourraient ainsi être sauvées en France chaque année si ces recommandations étaient entendues et donnaient lieu à des actions concrètes et autres obligations légales pour les industries.

air_pollution-3Photographie : mafate69 / Flickr

L’activité humaine responsable

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Pour produire son étude qui vient actualiser les données sur la mortalité en France liée à pollution de l’air, l’organisme de Santé Publique France a réalisé des mesures sur 36 219 communes entre 2007 et 2008. Ainsi, les taux de pollution de l’air auxquels sont exposés près de 61,6 millions d’habitants ont été mesurés et mis en relation avec les différentes causes de mortalité constatées sur la période. Divers scénarios reprenant les conseils de l’OMS, de Grenelle, les objectifs 2020 de la réglementation européenne et intégrant la logique de la « commune équivalente la moins polluée » ont ensuite été comparés. Le « scénario respect de la valeur guide OMS » est celui capable de sauver le plus de vies.

Les particules fines en cause ont pour origine directe l’activité humaine —même s’il existe des particules primaires qui sont le fait des transformations naturelles. Si elles diminuaient, l’espérance de vie à 30 ans en France pourrait augmenter de 4 mois à un an selon les différentes zones et taux de pollution. Il a été prouvé par différentes études au niveau national et européen que l’inhalation de ces particules, qui voyagent à travers le monde pour se retrouver dans nos organismes, est à l’origine de maladies diverses et chroniques qui touchent au cœur, aux poumons et causent des cancers. Des conclusions qui ont été une fois de plus confirmées par l’étude de Santé Publique France. Lutter contre la propagation et la multiplication de ces particules est donc aujourd’hui, et pour les années à venir, un enjeu vital pour les pays du globe.

air_pollution-2Photographie : kygp / Flickr

Adapter nos modes de vie pour mieux respirer

Alors qu’une autre étude attestait ces derniers jours de la nocivité accrue de l’air du métro parisien par rapport à celui de la capitale, revoir nos modes de vie semble une nécessité pour combattre efficacement cette cause de mortalité « invisible ». Au niveau européen, on estime que plus d’un tiers des citadins sont exposés à des niveaux de pollution supérieurs aux normes de qualité de l’air de l’Union européenne. Cette pollution est principalement le fait des gaz issus des pots d’échappement des voitures, du chauffage ou encore de l’activité industrielle.

Il est intéressant de soulever que l’exposition quotidienne à la pollution est plus nocive sur la durée qu’une exposition par pics. Ainsi, sans que cela fasse les gros titres, les habitants des communes les plus polluées sont davantage touchés que les personnes qui subissent de façon ponctuelle un pic lié aux températures ou aux conditions atmosphériques. Le rapport de Santé Publique France indique donc la nécessité pour les communes françaises à travailler à la réduction de cette « pollution de fond », mettant en avant notamment les gains financiers à réaliser en termes de santé si la pollution venait à baisser. Pour cela, l’organisme préconise la mise en place de mesures locales et institutionnelles qui pourraient par exemple inciter à l’usage de modes de transport non polluants comme le vélo, ou à la modification de la composition des carburants, par exemple.

D’autre part, l’enjeu environnemental contenu dans la réduction de ces émissions est double. Chercher à limiter les taux de microparticules en diminuant les émissions de gaz polluants pourrait tout à fait mener à terme à une diminution des émissions de gaz à effet de serre directement impliqués dans le réchauffement. Santé Publique France insiste d’ailleurs sur la nature « sans regret » d’un changement radical de nos modes de production, consommation, transport. D’après ses estimations, réaliser l’objectif de ne pas dépasser un réchauffement moyen de 0,5°C d’ici à 2050 en réduisant les émissions de méthane et de carbone contribuerait à sauver entre 0,7 et 4,7 millions de vie à travers le monde. D’un côté comme de l’autre, l’asphyxie générale a donc tout intérêt à être évitée.


Sources : Goodplanet.info / 20Minutes.fr / Invs.SantéPubliqueFrance.fr / AirParif.asso.fr 

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