La source de Garouvin : l’histoire de quatre amis convertis à la permaculture

Quatre jeunes amis, Romain, Arnaud, Jérôme et Mathieu ont décidé de s’investir ensemble dans la construction d’une ferme en permaculture. Après avoir acquis un terrain à Miramas, dans les Bouches-du-Rhône et créé l’association « La source de Garouvin » qu’ils exploitent selon des principes permacoles, ils ont transformé leur nouvel espace en lieu de partage avec des visiteurs soucieux de s’introduire à d’autres manières de cultiver. En avril prochain des premières formations auront lieux sur place.

La source de Garouvin est une Association à but non lucratif qui « œuvre pour créer une société où le vivre ensemble, le partage des richesses et du savoir ainsi que le respect de la nature et sa biodiversité sont de rigueur ». En construisant ce lieu en phase avec les considérations du monde actuel, Romain, Arnaud, Jérôme et Mathieu ont voulu répondre à une aspiration personnelle tout en s’ouvrant au monde. Regagner en autonomie par la production alimentaire tout en proposant à d’autres de s’inspirer de leur propre expérience était pour eux une évidence.

La permaculture pour s’inspirer du vivant

L’espace sur lequel ils se sont installés en 2013 possède des caractéristiques bien particulières. Non seulement les lieux jouissent de la présence d’une source d’eau naturelle, mais en plus on y trouve les restes d’un habitat troglodyte qui est aujourd’hui en cours de rénovation. Pourtant, les 4000m2 et les terrasses de culture qui sont aujourd’hui à leur disposition avaient longtemps été laissées à l’abandon. Jouissant d’un cadre exceptionnel, ils ont aménagé le terrain de manière à « se rapprocher au maximum d’un cycle générant […] l’autosuffisance alimentaire et énergétique sur le lieu ». Ainsi, ils prêtent une attention particulière à créer des synergies positives entre les différents éléments qu’ils installent. Pour enrichir les espaces et diversifier les cultures, ils ont notamment mis en place des marres, des buttes, une spirale d’aromates ou encore une serre.

Pour Romain, Arnaud, Jérôme et Mathieu , il s’agit d’une véritable liberté de pouvoir exploiter leur propre terre. Mathieu nous explique : « nous avons la chance d’avoir accès à une terre, de pouvoir y accueillir quelque animaux, d’expérimenter la permaculture, l’agroécologie et l’écoconstruction, nous ré-apprenons et revalorisons le lieu aussi par les rencontres et les échanges qui y fructifient ». Alors que l’association en est encore à ses débuts, Mathieu insiste sur la volonté des quatre amis de faire de La source de Garouvin un lieu de partage avec le public. Dans les prochains mois, il veulent « mettre en place une ferme pédagogique, travailler avec des structures locales et un public intergénérationnel (maison de retraite, centre sociaux) ». Par ailleurs, « au travers des formations », ils souhaitent « transmettre, éveiller au plaisir de la communauté [et] faire vivre l’association pour développer [leur] ouverture sur [la] ville », nous expliquent-t-ils.

Un partage de savoirs et de savoir-faire

Eux-mêmes formés aux préceptes de la permaculture, il proposent désormais d’organiser des journées de rencontre et des formations sur place pour ceux qui veulent rejoindre ce mouvement. Les premiers séminaires auront lieu dans quelques semaines, pendant la première quinzaine d’avril. Pendant deux semaines, trois formations successives seront dispensées, allant du théorique au pratique. Les visiteurs auront l’occasion d’aborder des sujets très divers comme l’éthique de la permaculture ainsi que les principes de conception et la méthodologie. Par ailleurs, à l’occasion de chantiers, ils pourront mettre en pratique leurs savoirs acquis. Les modalités exactes ainsi que les informations concernant les inscriptions peuvent être consultées sur leur Facebook.

Si les quatre amis ont choisi cette voie, c’est en partie parce qu’ils étaient « écœuré du monde productiviste » et à cette guerre économique. Les perspectives professionnelles qui s’ouvraient à eux à la fin de leur parcours scolaires ne les attiraient pas. En décidant de construire un projet de ferme en commun, ils ont pu se libérer du sentiment de « non-sens permanent », tout en reprenant le contrôle de leur existence. On leur souhaite bonne chance dans cette aventure !


Interview de Romain, Arnaud, Jérôme et Mathieu par Mr Mondialisation.