Alors qu’ils étaient plusieurs centaines dans le monde il y a 20 ans, les marsouins du Pacifique ne seraient aujourd’hui plus qu’une trentaine à encore habiter nos mers. Une nouvelle terrible, qui trouve ses causes dans l’activité humaine, et notamment dans des pratiques de pêche qui détruisent tout sur leur passage. Greenpeace met en garde, et cherche une solution pour sauver in extremis l’espèce la plus menacée des mammifères marins sur le point de disparaître sans retour possible.

Une population réduite à une peau de chagrin

En l’espace de quelques années, la population des marsouins du Pacifique (Phocoena sinus) s’est vue drastiquement réduite, passant de 600 individus en 1997 à 30 aujourd’hui. Au cours de ces cinq dernières années seulement, la population a diminué brutalement de 90%, témoignant du décès en masse de ces mammifères marins particulièrement présents dans les eaux au Nord du Golfe californien.

En cause, on trouve la pratique d’une pêche industrielle ravageuse, qui accumule non seulement les excès, mais aussi les délits. En effet, pour les scientifiques, la disparition éclaire des marsouins du Pacifique est reliée à celle d’une autre espèce : le totoaba, un poisson très recherché dans le commerce — notamment en Chine — où leur vessie peut se vendre plusieurs milliers de dollars. À tel point qu’en l’espace d’un siècle, ce sont 95% des totoabas qui ont disparu des fonds marins. Les techniques de pêche employées, alors que la traque du totoaba est formellement interdite dans les eaux du golfe californien, ont décimé les populations de marsouins qui partageaient ces eaux avec le poisson. Les mammifères se retrouvent ainsi coincés dans les filets de pêche, et succombent à la noyade ou bien à une panique assassine.

Trop tard pour agir ?

Face à l’imminence de cette extinction, les autorités mexicaines ainsi que les associations de protection de la vie animale tentent aujourd’hui de trouver une solution d’urgence. Le Ministère de l’Environnement mexicain a ainsi évoqué la possible mise en place d’un sanctuaire pour les marsouins, une idée dont Greenpeace pointe les limites, évoquant notamment la faible probabilité que ces animaux sauvages puissent s’adapter aux conditions de la vie en captivité. La probabilité pour que l’espèce survive et parvienne à se reproduire en milieu naturel est également très faible à l’heure actuelle.

Le gouvernement mexicain, qui subventionne les pêcheurs depuis des années afin de les dissuader de continuer à pêcher le totoaba (sans grand succès), a potentiellement prévu de mettre en place un plan qui consisterait à utiliser des dauphins entraînés par l’US Navy pour localiser les derniers marsouins afin de les capturer « en douceur » et les placer en lieu sûr. À l’heure actuelle, la capture et la mise en sécurité des marsouins du Pacifique est la seule solution éminemment plausible, bien qu’elle soit très controversée et rejetée par certaines associations environnementales.

« Cette mesure radicale n’aura que très peu de résultats si le problème sous-jacent — la pêche du totoaba et l’utilisation des filets maillants — n’a pas été résolu. Nous savons ce qui doit arriver pour sauver le marsouin, et lui permettre de rester dans son habitat naturel : cesser la pêche de totoaba non seulement par une surveillance accrue, mais aussi par l’application de politiques socio-économiques pour soutenir la région, l’implication de la communauté dans la protection du marsouin du Pacifique, et le développement d’engins de pêche qui ne mettent pas en danger d’autres espèces », a affirmé le porte-parole de Greenpeace au Mexique. Les solutions sont donc limitées et l’humanité n’a plus qu’à observer les conséquences de sa folie présente et passée en attendant son extinction.


Sources : Ecowatch.com