Des militant·es d’Extinction Rébellion ont mené une action de sensibilisation devant le Rocher Mistral, parc à thème installé au château de La Barben (Bouches-du-Rhône), en détournant des panneaux de signalisation avec les slogans « Parc à réacs, nature en vrac » et « Parc idéologique, désastre écologique ». À travers cette mobilisation, le collectif entend dénoncer un projet qu’il considère comme emblématique de la convergence entre un récit historique marqué à droite et des atteintes à l’environnement.
Depuis son ouverture, le Rocher Mistral fait l’objet de controverses sur deux fronts : d’une part, les critiques visant la dimension idéologique de certains spectacles, accusés de promouvoir une lecture réactionnaire de l’Histoire ; d’autre part, une série de contentieux liés à des aménagements et travaux réalisés sur le site, portant notamment sur l’urbanisme, la protection du patrimoine et de la biodiversité.
C’est à l’intersection de ces enjeux, lutte contre l’extrême droite et défense de l’environnement, qu’Extinction Rébellion inscrit son action. Voici leur communiqué de presse.

Communiqué de presse
Loués soient la noblesse et le clergé ! Maudit soit le peuple révolté qui brûla le château de la Barben en 1630 ! Le seigneur Ponteves s’était pourtant vaillamment battu, de retour de croisade, pour reconquérir son fief et sa promise. Les moines, ces grands bâtisseurs régnaient alors en maîtres sur la Provence. La vie était si douce… Mais voilà que ces goujats de Cascavèus, ces indigents, ces misérables, ont osé tout gâcher en protestant contre la montée de l’impôt voulu par Richelieu ! Ne peuvent-ils pas laisser en paix ces bienheureux aristocrates et aller manger de la brioche ?
Ceci n’est pas une parodie. C’est en substance le message que cherche à faire passer le Rocher Mistral à travers ses spectacles réactionnaires, tout en se targuant « d’authenticité historique ». Rappelons que cette idée du « Puy du fou provençal » est sorti tout droit de la tête de Marion Maréchal-Le Pen en 2015.

Et ce n’est pas tout. Cette propagande historique mérite bien quelques petits écarts à la loi, non ? Le respect de l’environnement pèse si peu face à l’enjeu ! Allez, aménageons illégalement des parkings sur des terres agricoles (oups, on s’est fait gauler là-dessus). Faisons fi du classement Natura 2000 de ce lieu d’exception (on n’a pas lu les recommandations de la DRAC, déso).
Détruisons sans vergogne l’habitat d’une espèce protégée (franchement qui se soucie des chauve-souris ?). Démolissons une partie des écuries reconnues comme monument historique (ce bâtiment de palefrenier nous gâchait le paysage). N’accordons aucune attention aux riverains qui se plaignent de nombreuses nuisances (continuons les spectacles malgré les arrêtés municipaux).

Et le pire ? Tout ceci est assumé. Comment appelle-t-on les gens qui se croient au-dessus des lois, déjà ? Ah oui, des délinquants. La différence avec ceux que ces mêmes personnes pointent du doigt dans les cités ? Ils sont blancs, riches… Puissants.
C’est pourquoi Extinction Rébellion tient à ce que la population soit informée de ce scandale : le Rocher Mistral, c’est une imposture historique et un désastre écologique. Un parc à réacs qui met la nature en vrac !
– Communiqué de presse de Extinction Rébellion
Photo de couverture : Extinction Rébellion















