Smartflower : la fleur solaire intelligente qui imite la nature

Devenir autonome en énergie grâce à une installation individuelle simple et ultra-efficace ? De plus en plus d’entreprises tentent l’expérience. Smartflower energy technology Gmbh, un groupe autrichien, en a fait son pari par le biais d’un système original de panneaux solaires. Entrée sur le marché il y a quelques mois : gros plan sur la Smartflower, la fleur solaire intelligente.

C’est indéniable, en dépit des critiques et d’une opposition féroce de l’industrie fossile, l’énergie solaire a le vent en poupe. Au Chili, la production de l’énergie solaire y est si abondante que celle-ci se voit parfois redistribuée gratuitement; au Maroc on inaugure déjà le plus grand parc solaire au monde; au Japon, les lacs se transforment en fermes solaires. L’Europe se développe à son tour, et émergent ainsi des solutions et alternatives de plus en plus nombreuses, autant destinées aux particuliers qu’aux collectivités.

Une installation individuelle visant l’autonomie énergétique

Les inventeurs de la Smartflower ont utilisé les technologies les plus innovantes pour le développement de leur nouveau produit. Constitué de douze pétales fixées sur un axe qui leur sert de support, ses concepteurs misent sur son caractère moderne et design afin de convaincre particuliers, entreprises et collectivités territoriales de s’en doter.

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D’un point de vue technologique, la Smartflower offre quelques avancées. D’après les inventeurs, le rendement de leur fleur serait jusqu’à 40% supérieure aux panneaux solaires fixes. Et pour cause, la fleur intelligente suit précisément la course du soleil tout au long de la journée permettant ainsi un fonctionnement optimal. La puissance nominale d’une fleur est de 2,31 kWc et les dernières innovations promettent d’améliorer ce résultat. La fleur offre la possibilité de stocker l’énergie via des batteries classiques afin de pouvoir l’utiliser à l’instant souhaité. L’installation devrait ainsi permettre aux foyers moyens de se rendre auto-suffisants moyennant un mode de vie simplifié, type décroissant.

Le système se veut simple et l’installation se fait en moins d’une heure. Une fois posée, la fleur solaire est autonome : elle se déploie le matin et se rétracte le soir. Au cours de la journée elle suit la position du soleil ; en cas de vents trop importants, elle se met en position verticale afin de ne pas offrir de surface de résistance, ou même se ferme si les conditions climatiques se voient défavorables. Enfin, elle dispose d’un système d’auto-nettoyage, pour assurer un captage maximal de l’énergie tout au long de la journée !

Cependant, quelques zones d’ombre viennent entacher le projet. Si l’idée de suivre à 360 degrés le déplacement du soleil est brillante, il s’agit d’un système de motorisation relativement simple qu’il est déjà possible de confectionner soi-même. De plus, on comprendra mal la nécessité de refermer une fleur la nuit tombée, ce qui nécessite une énergie mécanique supplémentaire pour des questions d’esthétique. Enfin, son coût en fait un investissement qui reste important pour le commun et supérieur aux alternatives actuelles : 20.000 euros.

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Visions partagées de l’avenir énergétique

Ce n’est pas un secret : personne ne possède de vision claire de la manière dont nous produirons les énergies de demain. Les idées et projections scientifiques sont nombreuses mais traduisent également l’opposition qu’il existe entre des modèles divergents. Et pour cause, l’avenir énergétique est avant tout un choix politique complexe ou se mêlent de nombreux enjeux économiques. Cependant, on sait, sur base d’un rapport de l’Ademe dévoilé par Médiapart, que la France peut passer au 100% renouvelable d’ici 2050.

Outre la source de l’électricité, le débat confronte aussi ceux qui veulent maintenir une production centralisée d’énergie (industrialisée) à ceux qui veulent sortir de ce modèle pour revenir à des échelles humaines. Concrètement, la première formule repose sur des centrales peu nombreuses, centralisée, mais qui produisent des quantités très importantes d’énergie. Les centrales nucléaires ou encore les centrales à charbon en sont les principaux piliers. Mais d’autres voient l’avenir dans des solutions décentralisées.

Selon eux, les systèmes susnommés sont synonymes non seulement de pollutions mais également d’une très faible résilience : si l’une des centrales rencontre un problème, c’est l’ensemble du réseau qui en sera affecté. De plus, le traitement des déchets nucléaires et le maintient des centrales entrainent des frais colossaux pour la collectivité. Au contraire, un système de production décentralisé qui se fonderait sur une grande variété de sources d’énergie (solaire, éolien, hydraulique), serait moins affecté en cas de perturbations extérieures : il est peu probable, dans une telle architecture, que l’ensemble des sources d’énergie ne puissent plus fonctionner de manière simultanée et que le réseau s’effondre.

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À ce débat, se superpose l’opposition entre ceux qui pensent qu’une plus grande efficacité associée à des énergies vertes est suffisante pour assurer un avenir soutenable, et ceux qui considèrent qu’il serait nécessaire de réduire la consommation globale d’énergie, c’est à dire d’adopter une plus grande sobriété. Ce débat alimente quotidiennement les divers enjeux high-tech et low-tech.

Mais alors, comme le suggère le philosophe Dominique Bourg, afin de répondre à toutes les aspirations et soutenir au mieux l’ensemble des initiatives citoyennes, le futur sera-t-il un mélange de ces visions ? : Dans une prise de position nuancée, il indique : « La promotion d’une double forme d’innovation, capitalistique, concurrentielle, high-tech d’un côté, sociale, solidaire, low tech et à petite échelle de l’autre, irriguerait tout le corps social et nourrirait les activités et le dynamisme de l’ensemble de la société. » Cependant, cet avenir mesuré, fait de nuances de gris, n’est possible que par une justice dans les subventions offerts par les gouvernements à certains secteurs industriels de l’énergie. À ce jour, ce sont les énergies conventionnelles qui reçoivent toujours le plus d’aides. Difficile d’envisager une transition équilibrée dans ces conditions.

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Sources : natura-sciences.com / migrosmagazine.ch / smartflower.com