L’équipe de « Sailing for Change », formée par quatre jeunes Bretons enthousiastes et aventureux, est sur le départ. À bord de leur bateau, nommé « Ekolibri », la petite équipe s’apprête à réaliser un tour du monde à la voile, écologique et zéro-déchet. Une performance qui s’étalera sur les deux prochaines années, et qui a pour but de communiquer et de sensibiliser à la réduction de nos émissions polluantes.

Mettre les voiles pour promouvoir un avenir durable

À l’origine de ce tour du monde hors du commun, il y a l’amour immuable de quatre jeunes Bretons pour l’environnement et la mer. Ayant fini leurs études, Joaquim, Igor, Robin et Brendan vont bientôt embarquer à bord d’un Gin Fizz de 1977 qu’ils ont rebaptisé « Ekolibri » en l’honneur du mouvement des Colibris de Pierre Rabhi. Leur mission : sensibiliser les populations à l’importance de préserver l’environnement, et montrer qu’il est possible de vivre en réduisant au maximum ses déchets. Mais loin de s’arrêter là, le projet incorpore aussi une composante scientifique et pédagogique qui sera réalisée en partenariat avec divers acteurs internationaux et sur place.

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Pendant 24 mois, à débuter du 5 novembre prochain, ces « quatre garçons dans le vent » sillonneront donc les océans de la planète, scrutant la santé des eaux atlantiques, pacifiques et indiennes, largement menacée par les 270 000 tonnes de déchets (estimation basse) qui s’y trouvent. En effet, avec un laboratoire à bord, les jeunes hommes comptent bien fournir aux scientifiques matière à mesurer l’état de l’eau et de ses habitants. Ainsi, une partie de leur mission réside dans la récolte de plancton en haute mer, qu’ils sécheront et enverront pour analyse à des scientifiques spécialisés.

Des reportages et une web-série viendront enfin documenter leur périple et leurs découvertes. Des échanges sur place avec des écoles, ou encore des associations de personnes retraitées ou handicapées, viendront renforcer la diffusion de leur message. L’idée : communiquer au maximum sur les possibilités existantes en termes d’économie circulaire et de développement durable, et sur comment chacun peut y contribuer à son échelle. Bref, faire partie d’un changement plus global.

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Un périple conçu et pensé pour un impact environnemental minime

Si le projet a tout pour interpeller, le bateau en lui seul réussit à susciter la curiosité. En effet, à quoi peut bien ressembler un navire pensé pour ne pas polluer ? Comment celui-ci fonctionne-t-il et que comprend-il à son bord ? Ce sont des questions que se sont posées les quatre jeunes matelots dans la mise au point de leur projet. Tout, de l’énergie nécessaire au fonctionnement du bateau et de ses équipements, jusqu’à la peinture utilisée pour la coque, en passant par le garde-manger, a été pensé dans une optique durable et de réduction des déchets.

Ainsi, l’Ekolibri embarque une éolienne, un panneau photovoltaïque, et une turbine immergée qui lui permettront de générer assez d’électricité pour alimenter les transmissions de données météo, la carte de navigation, le GPS, un pilote automatique et les lampes de bord, mais aussi l’ensemble des besoins quotidiens en énergie. La coque du navire a été protégée grâce à l’action de peintures réalisées à base d’algues et d’un produit qui imite la texture du nénuphar. Une alternative saine aux produits chimiques habituellement utilisés pour tenir la vie marine à distance. La trajectoire du navire, quant à elle, a été étudiée pour restreindre au maximum l’utilisation du moteur diesel, auquel sera préféré un moteur à batteries électriques alimenté directement par une hydrolienne.

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Enfin, la vie à bord de l’Ekolibri s’inscrira elle aussi dans l’expérience écologique au travers de la démarche zéro-déchet, inspirée par la marraine du projet, Béa Johnson. À son départ, le navire n’embarquera que des produits achetés en vrac et conservés dans des bocaux hermétiques en verre ou en plastique végétal. Sur le pont, deux poules qui profiteront du voyage permettront d’éliminer les restes de nourriture et les déchets organiques ; elles fourniront également quelques protéines obtenues de leurs œufs à l’équipage. Une mini-serre fournira également des légumes choisis spécifiquement pour leur capacité à résister à des conditions de culture et de conservation extrêmes. Épinards, blettes et choux-kales seront donc de la partie. À chaque escale enfin, les quatre aventuriers ne se ravitailleront qu’auprès de fournisseurs bio et locaux ! Tout semble donc avoir été pensé de A à Z pour un voyage inoubliable et surtout sans impact sur le monde vivant.

Rendez-vous en 2018 pour voir si cette belle aventure aura porté ses fruits et obtenu l’écho auquel elle prétend et surtout mérite. Quoiqu’il en soit, nous leur souhaitons bon vent !

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Sources : SailingForChange.com / Ouest-france.fr / Phosphore de juillet 2016