Ça se déroule maintenant. Plus de 60 000 euros récoltés en quelques heures « par le peuple et pour le peuple » ! Une campagne de financement participatif visant à solder la dernière échéance en date du remboursement de la dette Grecque vient de voir le jour et fait un buzz international d’une ampleur rarement vue.

C’est plus qu’une simple mode mais bien une véritable nouvelle manière d’entrevoir l’économie : les campagnes de financements collectifs sont désormais utilisées pour concrétiser de très nombreux projets à l’intérêt collectif affiché. Portées par des élans collectifs, des choses inattendues peuvent se produire comme c’est le cas aujourd’hui…

Objectif 1,600,000,000 d’euros !

Un anonyme de 29 ans a lancé la plus surprenante des campagnes de financement de l’année. Lassé d’observer la Grèce sombrer dans une spirale infernale d’endettement, le jeune homme habitant à York, dans le nord de l’Angleterre, a simplement eu l’idée de résorber une partie de la dette du pays grâce à indiegogo.com, un fameux site de crowdfunding.

Cet employé d’un magasin de chaussures n’imaginait pas qu’en quelques heures sa campagne allait attirer le regard des médias de toute l’Europe. Des milliers de gens affluent en ce moment sur la page du projet pour réaliser des dons spontanés. En remerciement à ce soutien, comme cela est habituellement pratiqué, le garçon propose en cadeau des produits d’origine Grecque. Il devra envisager une livraison par paquebot car le nombre de dons grimpe à vue d’œil.

Objectif, récolter 1,600,000,000 euros. En effet, Athènes doit la coquette somme de 1,6 milliard d’euros au FMI (Fond Monétaire International) pour leur tranche de remboursement la plus récente. Sa dette totale s’élève à plus de 300 milliards d’euros, soit 175% de son PIB. À l’heure ou nous écrivons ces lignes, le compteur s’affole et des centaines d’euros affluent de toute l’Europe et peut-être même d’ailleurs. Mais pas encore assez pour espérer atteindre l’objectif faramineux. Par ailleurs, les donateurs ne risquent rien, car si l’objectif n’est pas atteint, tout le monde sera remboursé intégralement !

bigfourfiscal_union_copy

Le risque d’éclatement

Quoi qu’il arrive, même si la campagne fonctionne au point d’atteindre son objectif, la Grèce devra faire face à une prochaine échéance, et encore une prochaine jusqu’à ? la fin des temps ? D’ici le 20 juillet, une nouvelle tranche de remboursement de 3,5 milliards d’euros sera exigée par le FMI, plaçant une nouvelle fois le pays dans une situation inconfortable vis à vis des institutions et plus précisément de l’Union Européenne. Une situation devenue insupportable pour le pays (surtout ses habitants) qui en vient à limiter l’accès aux banques et à questionner le peuple sur sa volonté de rembourser ou non la dette et plus précisément à accepter ou non le plan d’austérité imposé par la Troïka (les trois institutions internationales). Athènes risque une faillite du pays et une éventuelle sortie de la zone euro par la force. De quoi soulever de sérieuses questions sur cette soumission systématique des peuples à une dette de plus en plus incomprise et remise en question.

Cette campagne spontanée et l’élan de solidarité qu’elle entraîne ne réglera pas la situation de la Grèce mais apparaît symbolique d’un souhait d’union libre entre les peuples qui ne soit pas soumis à des institutions qui imposent l’austérité partout où elles passent, faisant le jeu des lobbies et autres pontes de la finance internationale. En effet, on peut estimer que les inspirations des peuples européens sont les mêmes partout, entre l’épanouissement personnel, l’accès à une vie sereine et équitable pour les citoyens et leur famille. Mais l’espoir d’une Europe sociale et solidaire semble aujourd’hui bien plus du ressort des aspirations collectives et du rêve d’une minorité que de celui des institutions au pouvoir pour qui l’économie triomphe de l’humain.

Envie de participer ? C’est par ici !


Sources : rts.ch / indiegogo.com