En France, 1,5 millions de tonnes d’aliments atterrissent dans les poubelles des restaurants chaque année. La Start-up Danoise To Good To Go (trop bon pour être jeté) a développé une application qui met en relation restaurateurs et consommateurs afin de lutter contre ce gaspillage. Le principe est simple : via une application mobile, les consommateurs peuvent prendre connaissance des restaurants qui sont sur le point de jeter des aliments et racheter ceux-ci à prix réduit.

Les chiffres du gaspillage alimentaire en France sont impressionnants. Selon les données publiées par le Ministère de l’agriculture, plus de 10 millions de tonnes de déchets alimentaires sont produits en France chaque année. À eux seuls, les ménages sont à l’origine de 6,5 tonnes de déchets, suivis par la distribution avec 2,3 tonnes et la restauration qui provoque 1,5 tonne de gaspillage.

Un nouveau moyen de lutte contre le gaspillage alimentaire

C’est contre le gaspillage des restaurateurs que la start-up danoise entend lutter par le biais de sa nouvelle application. Too Good To Go veut ainsi faire éviter le chemin de la poubelle à des plats et des aliments encore propres à la consommation, mais qui seront jetés au moment de la fermeture du restaurant. Via l’application, l’utilisateur a accès aux différents commerces partenaires en temps réel. Il peut choisir en ligne le restaurant auquel il souhaite racheter des aliments du jour, et après avoir payé par le même biais, se rendre directement chez le commerçant pour récupérer sa nourriture.

Le service, initié par le Danois Thomas Bjørn Momsen, est proposé en France depuis mai dernier. Entouré d’une jeune équipe, le fondateur s’est lancé dans l’aventure après avoir été choqué par les quantités astronomiques de nourriture jetées par les restaurants à l’occasion de buffets et d’offres du type « All you can eat ». Au Danemark, l’application lancée en novembre 2015 a d’ailleurs connu un véritable succès : plus de 120.000 personnes ont téléchargé l’application dès les premiers mois de lancement.

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Petit prix et proximité

Là-bas, plus de 300 commerces coopèrent au sein du système. Depuis lors, l’application a rapidement été diffusée dans d’autres pays d’Europe. En France, le concept a été lancé le 25 mai dernier et tente toujours de trouver son public. L’idée a été importée chez nous par Lucie Basch. Depuis, une centaine de restaurateurs se sont associés, avant tout à Paris et à Lille. Afin de pouvoir développer leurs activités sur le territoire et trouver de nouveaux restaurants partenaires, une campagne de crowdfunding vient d’être initiée sur kisskissbankbank.

Souvent revendues la moitié du prix initial, les box peuvent être obtenues à partir de 2,5 euros. Pour se financer, la start-up prélève une commission fixe d’un euro par transaction sur les sommes qu’elle reverse ensuite aux commerçants. Pourtant, malgré le caractère relativement modeste du bénéfice pour les commerçants, ceux-ci peuvent également y trouver leur avantage : cette application leur permet de réduire les dépenses importantes liées au transport des déchets alimentaires vers les stations de traitement. Notons encore qu’il s’agit ici d’aliments frais ou cuisinés qui devraient, en principe, être détruits le soir même.

01_too_good_to_goPhotographie : Kim Haugaard

Dimensions environnementales et sociales

Finalement, le nouveau service comporte des externalités positives liées à l’environnement et au social. En effet, une partie de l’énergie nécessaire à l’enlèvement et au transport de nourriture jetée se trouve économisée. Pour ceux qui craindraient voir cette nourriture ne plus bénéficier aux nécessiteux, l’application offre également une dimension sociale dans la possibilité de financer en ligne des repas pour des sans-abris très simplement.

Les fondateurs ont également voulu porter une attention particulière aux emballages utilisés par les commerçants. Pour le moment, la box remise au client est fabriquée à partir de fibres de canne à sucre. Cette solution, bien qu’elle présente une alternative crédible aux boîtes en plastique communément utilisées dans le milieu de la restauration, n’est pourtant pas entièrement satisfaisante. C’est la raison pour laquelle la start-up danoise planche déjà sur une autre possibilité encore plus écologique ! On leur souhaitera bonne chance.


Sources : agriculture.gouv.fr / consoglobe.fr / kisskissbankbank.com / mashable.france24.com / toogoodtogo.fr / wiwo.de

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