Ces 23 produits cosmétiques contiennent des substances interdites

UFC-Que Choisir publiait un rapport, mercredi dernier, concernant une enquête menée sur les substances indésirables retrouvées dans les cosmétiques commercialisés en France. L’association met ainsi à jour sa base de données concernant les produits cosmétiques et ce qu’ils contiennent. Lors de l’étude, l’association va découvrir que 23 produits cosmétiques vendus dans le commerce contiennent des substances pourtant interdites ! Elle en exige le retrait immédiat…

Une base de données participative met en garde contre certains produits cosmétiques

Une base participative dénonçant les substances indésirables contenues dans les cosmétiques a été mise en place par l’UCF-Que Choisir en février dernier, suite à la découverte de 12 composés préoccupants dans différents produits cosmétiques. Cette liste répertorie maintenant plus de mille produits cosmétiques grâce à l’aide des consommateurs et des enquêteurs de l’association.

Face à l’inaction de la Commission européenne concernant principalement les perturbateurs endocriniens, et à la puissance des lobbies, l’association prie les pouvoirs publics « à faire preuve de responsabilité » et appelle les consommateurs « à faire la chasse aux substances indésirables ». Il est nécessaire non seulement de faire respecter la loi, mais également de faire interdire les substances reconnues comme étant nocives pour la santé des produits hygiéniques quotidiens, et principalement en ce qui concerne leur usage sur les enfants ou les bébés, d’autant plus sujets à risque.

Cette base participative a ainsi permis l’élaboration d’une enquête, et ensuite de tests portant sur 1017 produits cosmétiques. Grande surprise, ses produits pointés du doigt par l’association sont également les plus connus en cosmétiques (Vivelle Dop, L’Oréal Men, Mavill, etc) et sont commercialisés dans les grandes surfaces, dans les pharmacies et les parapharmacies. L’association a également répertorié différentes substances indésirables: irritants, allergènes, perturbateurs endocriniens etc. contenus dans 8 classes de cosmétiques (déodorants et parfums, produits d’hygiène dentaire, maquillage, produits pour bébés et enfants, produits solaires, soins pour cheveux, soins du corps, et soins du visage).

23 produits contiennent des substances interdites en Europe

Dans cette enquête, l’association met principalement en garde contre l’utilisation de substances interdites en Europe. Le fond de teint poudre minérale de Maria Galland contient de l’isubutyparaben, un perturbateur endocrinien avéré, interdit pourtant depuis plus de 2 ans en Europe. Le spray solaire pour enfants de Lovea, le gel coiffant fixation blindée Vivelle Dop ou encore le soin pour les yeux L’Oréal Men, entre autre, contiennent de la MIT, ou méthylisothiazoninone. Cette substance ainsi que la méthylchloroisothiazolinone (MCIT), sont interdites depuis juillet 2016 par la Commission Européenne dans les produits sans rinçage, et composent pourtant encore les produits de soins sans rinçage pour cheveux ou des produits solaires. Leurs contacts prolongés avec la peau entraînent des risques supplémentaires concernant leurs effets néfastes sur la santé.

L’UFC-Que Choisir s’indigne que seuls les produits sans rinçage aient fait l’objet d’une interdiction, alors que des produits au temps de pose long comme les masques pour la peau, ou pour les cheveux, ou encore l’anti-poux et lentes d’Item, contenant de la MIT ou MCIT, sont tout aussi néfastes. Plusieurs études scientifiques ont pourtant démontré les risques de ces deux substances dans les produits cosmétiques. À noter que la MIT a été désignée « allergène de l’année 2013 » par l’American Contact Dermatitis Society.

Plus de 1000 produits contiennent des substances indésirables

Outre ces produits « hors la loi », un millier d’autres produits ont été classés comme contenant des substances indésirables. Les produits les plus préoccupants sont ceux contenant des perturbateurs endocriniens et qui n’exigent pas de rinçage comme l’huile sèche sublimante du Petit Marseillais, ou encore le déodorant Natur Protect de Sanex. L’association répertorie également des produits qui sont composés d’un « cocktail de substances » préoccupantes. Par exemple, le rouge à lèvre Deborah Milano cumule 4 perturbateurs endocriniens accroissant ainsi les risques d’effets nocifs. De même, de nombreux shampoings ou savons contiennent de la MIT et de la MCIT, de forts conservateurs encore plus allergisants tous deux mélangés. Par ailleurs, l’association dénonce les fausses appellations sur les étiquettes des produits, que les industriels peuvent se permettre en l’absence de réglementation et de définition précise. C’est le cas des mentions « hypoallergénique », « peau sensible », « tester sous contrôle dermatologique » ou encore « dermoprotecteur » , que l’on retrouve pourtant sur de nombreux produits contenant de la MIT et/ou de la MCIT. Une fiche récapitulative mentionne les molécules les plus toxiques.

Dans ses revendications, l’association appelle la Commission Européenne à « publier enfin une définition ambitieuse des perturbateurs endocriniens.«  Rappelons que cette définition des perturbateurs endocriniens fait débat dans la Commission européenne depuis des années. La qualification des perturbateurs endocriniens comme des substances ayant un effet indésirable avéré sur la santé, et qui agissent sur le système hormonal, avait été repoussée plusieurs fois, jugée trop étroite par certains États. En mai la Commission Européenne avait essayé de faire adopté un projet de définition largement favorable aux industriels, mais elle l’avait retiré avant le vote. Jusqu’à maintenant toutes tentatives pour parvenir à un vote des États concernant la qualification des perturbateurs endocriniens ont échoué.

Dans la liste des produits contenant des substances interdites, on citera notamment : Spray solaire pour enfants de Lovea / Gel coiffant fixation blindée Vivelle Dop / Soin pour les yeux L’Oréal Men / Fond de teint poudre minérale de Maria Galland / Spray après-solaire Lait hydratant de Lovea / Spray après-solaire de Lovea /  Spray hydratant solaire protection 30 haute, Monoï de Tahiti de Lovea/ Gouttes concentrées pour les lèvres de Mavill / Repair le sérum activateur de jeunesse de DermaSkin. Pour toutes informations complémentaires, rendez-vous sur le site d’UFC-Que Choisir.


Sources: UFC-Que Choisir / Le Monde / L’observatoire des cosmétiques