L’histoire de Lou Risdale, c’est une histoire de partage, de solidarité et de gentillesse. C’est aussi l’histoire d’une citoyenne lambda qui a un jour décidé de cultiver fruits et légumes et de les laisser à la portée de tous devant chez elle, afin que chacun puisse se servir librement, en fonction de ses besoins. Une histoire d’entraide qui peut paraitre hors norme dans un monde où « rien n’est gratuit », mais qui semble pourtant faire partie d’un mouvement beaucoup plus large : le projet #Food is Free.

L’esprit d’entraide

Pour Lou, tout a commencé lorsqu’elle a décidé de mettre à disposition de ses voisins son excédent de production provenant de son potager, avec un écriteau « #Food is free ». Son idée était réellement de contrebalancer les effets néfastes de notre société individualiste en incarnant son antithèse radicale (gratuité) et en défendant des valeurs d’entraide et de solidarité. Sans le savoir, elle allait réellement changer la face de son quartier, et participer à un mouvement citoyen qui a aujourd’hui une portée planétaire.

« On connait tous des semaines où on ne peut pas payer le loyer, les frais scolaires ou toute autre réalité financière qu’on rencontre dans nos vies. Alors c’est vraiment rassurant de savoir qu’il existe un endroit, au bout de la rue, où cette réalité est prise en compte, et où on trouve de l’aide », confie-t-elle à la plateforme Happen Flms.

Pourtant, dit-elle, il a fallu un bon mois avant que ses voisins n’osent profiter de ce qu’elle offrait. Contrairement à ce qu’on pourrait croire, personne ne s’est jeté sur la récolte pour s’approprier gratuitement les fruits et légumes à disposition. Les concepts de gratuité et d’entraide, inévitablement, suscitent beaucoup de méfiance et de scepticisme dans notre société. Pour elle, c’était inévitable car nous sommes encore trop marqués par l’idée que la gratuité est quelque chose de louche, voir d’inconcevable.

Mais la persévérance de Lou est venue à bout du scepticisme ambiant, et la conception de ses voisins a peu à peu changé. Aujourd’hui elle parle de plus d’une centaine de personnes qui viennent se servir devant sa maison, chaque jour. Pour cette citoyenne, il s’agit de redonner de la place à la gentillesse, au désintéressement et de défendre chaque jour un idéal de communauté. De plus, le lieu devient une zone de sociabilisation pour les locaux.

Un cercle vertueux

Mais le désintéressement de Lou n’est, heureusement, pas qu’un cas isolé, et son action s’inscrit dans un projet beaucoup plus large aux retombées incroyablement bénéfiques pour tous : le projet #Food is Free, créé en 2012 par John VanDeusen Edwards. Un mouvement lancé au Texas et qui s’est progressivement étendu, jusqu’à faire le tour du globe. La mission de l’organisation de John ? Apprendre à cultiver l’esprit communautaire, et, bien sûr, la nourriture !

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Depuis 2012, le projet Food is Free apprend à tous comment se « connecter » avec son quartier, comment implanter ces jardins qui assurent une récolte gratuite pour tous. Il permet également d’apprendre comment cultiver des fruits et légumes soi-même, et comment gagner en autonomie locale. Et si on en croit les récents rapports scientifiques, il est plus que jamais urgent d’entamer la transition écologique locale. Pour l’association, « il est grand temps de se réapproprier notre nourriture, et de rencontrer nos voisins ». Naturellement, il ne s’agit pas de couvrir tous les besoins du quartier, mais d’apporter sa pierre à un plus grand édifice.

« Le projet Food is Free a commencé dans un seul jardin. Un peu moins de trois mois après, la plupart des voisins du quartier test avaient développés leur propre jardin communautaire. Nous relayons cette évolution et nous continuons de nous étendre, en partageant nos succès et nos erreurs en faisant en sorte que l’information soit disponible en open-source pour toutes les personnes du monde entier ».

D’ailleurs, le projet a été implanté dans déjà plus de 300 villes autour du globe. Et il ne s’agit pas seulement de transformer les quartiers, mais plutôt de transformer notre conception du vivre-ensemble et réactiver l’esprit communautaire en chacun de nous. Le projet Food is Free a déjà mis en place des jardins dans des écoles, des marchés paysans, des entreprises, et même dans des églises. Un projet participatif qui a déjà franchit les frontières. Reste à savoir s’il parviendra à venir à bout de notre société individualiste.


Food is free / The Plaid Zebra

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