Le vrai visage de la déforestation filmé en Amérique du sud par deux français

La déforestation de l’Amazonie est une problématique bien connue du grand public. Si les regards se tournent souvent vers le Brésil, pays dans lequel se dresse l’essentiel de la forêt tropicale, les voisins du géant sud américain, notamment l’Équateur et le Pérou, connaissent des développements similaires. Deux jeunes Français ont voulu porter un autre regard sur cette déforestation en se rendant dans ces régions, à la rencontre de ceux qui, à leur échelle, tentent de freiner voire d’inverser un phénomène qui menace leur culture ainsi que les équilibres climatiques globaux. Découverte de leur projet et de leur association, Nouvel angle. 

Germain et Bleuenn ont « toujours été à fond dans l’environnement » selon leurs mots. Armés de leur caméra, ils sillonnent désormais l’Amérique du Sud pour documenter l’un des enjeux les plus importants de notre siècle, la déforestation. Pour Germain, qui a travaillé pendant deux ans après de la chaîne de télévisons « deux rives télé » et Bluenn, Diplômée en Management des établissements sociaux et médico-sociaux, tout a commencé après leur rencontre il y a quelques mois à Lyon. Exprimant l’envie de bâtir un projet commun en associant leurs sensibilités et compétences, ils décident rapidement de créer une nouvelle association de films documentaires  « qui apporterait un nouveau regard sur des sujets de société et environnementaux », avec pour première destination, l’Amérique du Sud. En parallèle de ce travail, Bleuenn et Germain proposent des court-métrages tournés dans des lieux inspirants qu’ils ont pu visiter pendant leur voyage.

Crédit photo : Nouvel angle

Première étape : l’Amazonie

« L’Amazonie c’est l’une des déforestations majeur qui se passe dans le monde », explique Bleuenn. Cependant, afin de jeter la lumière sur la problématique de manière différente, elle et son compagnon de route ont décidé de concentrer leur travail de reportage sur des pays « dont on parle peu » – notamment la Colombie, l’Equateur, le Pérou, la Bolivie -, mais où la pression sur l’environnement est également importante. Au même titre qu’au Brésil, ce sont en effet des pays où, ces dernières décennies, la déforestation a modifié les paysages avec des conséquences immédiates pour les populations qui dépendent de cet environnement pour subsister.

Depuis deux mois et demi, Bleuenn et Germain rencontrent des acteurs de terrain, qui agissent à différents niveaux contre la destruction de l’environnement et essayent d’encourager de nouvelles manières de produire et de consommer. Ils ont notamment pu échanger avec la présidente de l’association Envol vert, qui s’engage pour le développement de l’agroforesterie et ils s’apprêtent à retrouver des activistes qui militent contre les sociétés pétrolières.

Sur le terrain, les deux jeunes soulignent les différences entre ce qu’ils observent et l’image médiatique que nous avons de la déforestation. D’une part, si l’essentiel de cette destruction est causée par l’agriculture intensive, en grande partie pour l’élevage de bestiaux, d’autres activités industrielles de la région provoquent le saccage de cette richesse naturelle unique, notamment les activités minières et pétrolières. Par ailleurs, certains visages de la déforestation sont encore moins connus, comme la pénurie d’eau qu’elle provoque. Sur place, Bleuenn se dit frappée par « le discours sur l’eau » : sous l’effet de la déforestation, les populations locales souffrent désormais d’un stress hydrique régulier et important.

Crédit photo : Nouvel angle

Deux nouveaux reportages d’ici 2019

À leur retour en France, l’enquête de Germain et Bleuenn fera l’objet de deux reportages. Le premier, destiné au grand public « se concentre sur les solutions mises en place et les moyens d’action que nous avons pour agir aujourd’hui face à la déforestation ». Dans ce reportage, différents types d’initiatives ayant pour objet de faire évoluer le paradigme sociétal et les méthodes des industriels et rappelant « qu’il est possible d’agir » seront présentés. En filagramme, les auteurs essayeront de répondre à la question suivante : « Comment permettre le développement économique tout en protégeant l’environnement ? ». Et quel développement, celui de la croissance aveugle ou d’un niveau de vie équitable pour tous ?

Mais « le fil rouge du projet », insiste Germain, c’est la sensibilisation des enfants. Ainsi, un reportage au format plus court sera spécialement conçu pour aborder la question avec un jeune public. Nouvel angle est d’ores et déjà en contact avec plusieurs écoles et propose, de manière régulière, de répondre aux questions posées par les élèves. « Quand nous reviendrons, nous leur présenterons le documentaire et nous aurons un temps d’échange avec eux ». Car Germain et Bleuenn en sont persuadés : « c’est grâce à l’éducation à l’environnement que les choses changent ».

Crédit photo : Nouvel angle

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