L’humanité croule sous les déjections du monde marchand (Film)

Le film-reportage Trashed, qui expose les déchets que l’humanité laisse sur le pas de sa porte, n’a jamais été autant d’actualité. L’acteur britannique Jeremy Irons part à la rencontre de spécialistes pour comprendre les tenants et aboutissants de ces pollutions qui menacent les équilibres écologiques. Le documentaire choc est désormais disponible en DVD.

C’est certainement l’une des facettes de nos sociétés de consommation que nos industriels auraient aimé cacher plus longtemps : la prolifération de déchets dont personne ne sait exactement quoi faire. Depuis quelques années néanmoins, reportages, enquêtes et documentaires qui exposent l’envers du décor et le prix des excès se multiplient, ne laissant personne indifférent. À l’heure où la Chine décide de ne plus être la poubelle du monde occidental, dire que « nous ne savions pas » n’est plus possible. Salué par la critique, Trashed, dont la bande son a été composée par Vangelis, a certainement participé à éveiller les consciences sur le sujet.

Tour du monde des déchets

Dans Trashed, Jeremy Irons, acteur engagé dans la défense de l’environnement, nous fait faire avec la réalisatrice Candida Brady un tour du monde édifiant des déchets, depuis le Liban jusqu’à l’Angleterre en passant par la France, l’Islande ou encore l’Indonésie. Au fur et à mesure, les ordures envahissent les rivières, les plages et la nature, il n’existe pas de pays qui soit épargné par la problématique. Il nous emmène également auprès de scientifiques, de décideurs, ou encore de citoyens et citoyennes ordinaires dont la santé et la vie ont été bouleversés par ces pollutions.

Trashed nous fait visiter certaines régions dans lesquelles la crise des déchets est arrivée à son paroxysme, impactant directement la vie des personnes, des créatures vivantes et de l’économie. Au Liban, pays dans lequel débute le film, les infrastructures ne sont pas suffisantes pour traiter les montagnes de détritus. Dépassées, les villes n’ont d’autre choix que de laisser nos restes alimentaires, plastiques et carcasses de machines s’accumuler. Les détritus se décomposent alors lentement, polluant d’abord les sols, puis les eaux. Les vapeurs toxiques menacent quant à elles directement la santé des habitants qui vivent à proximité. L’affirmation de Jérémy Irons, selon qui « La pollution est le problème de tous et le responsabilité de chacun », raisonne avec beaucoup d’acuité.

L’Europe face à ses paradoxes

La problématique n’épargne pas les pays d’Europe, confrontés aux pollutions liées à l’incinération des déchets. Et mettre simplement ses déchets dans la bonne poubelle n’est plus suffisant. En Islande, mais aussi en France, certains opérateurs d’incinérateurs sont peu regardants sur les normes environnementales et violent les limites maximales d’émissions, conduisant à d’importantes pollutions aux toxines. Conséquence, les cancers et autres maladies augmentent de manière spectaculaire parmi les habitants qui vivent à proximité.

Plus récemment, l’annonce de la Chine de réduire significativement les importations de déchets plastiques et papier a mis des pays comme la France, très dépendante de l’exportation de ses déchets vers des pays sous-traitant, face à la difficulté de revoir sa politique de recyclage, en trouvant de nouvelles routes pour ses poubelles. L’annonce, qui a fait couler beaucoup d’encre, nous rappelle surtout qu’en dépit de nos engagements en faveur de l’environnement, nous sommes toujours dépendants de pays ayant une législation environnementale moins stricte pour nous débarrasser de nos déchets à moindres frais. N’est-ce pas la démonstration qu’il nous faut changer de modèle productif à la source ?

Quelques minces espoirs

Néanmoins, Jérémy Irons ne veut pas nous faire perdre espoir : la dernière partie du film, qui se déroule en Angleterre puis à San Francisco, met en lumière des acteurs qui se sont engagés dans une réduction drastique des déchets incinérés en favorisant le recyclage ainsi qu’en encourageant une diminution globale de la quantité de déchets produits. Notons également que de nombreuses sociétés ont développé des alternatives concrètes aux plastiques. On peut par exemple citer en France la société Carbios et ses plastiques biorecyclables, ou encore Algopack et ses plastiques à base d’algues. Saurons-nous prendre exemple sur eux à temps ?


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