Les français sont les plus grands consommateurs de pâte à tartiner au monde. Le géant Ferrero est à la tête du marché français grâce à ses pots de Nutella, avec environ 82% des parts de marché, ainsi qu’un tiers de la production mondiale réalisée en France. Il existe cependant un très grand nombre de marques concurrentes, bio ou non, qui tendent de plus en plus à favoriser une recette artisanale, saine et impliquant un impact moindre sur l’environnement. Immersion dans la chaîne de production de la pâte à tartiner en Europe, grâce au parcours d’une simple noisette.

Durant la semaine du 28 novembre au 5 décembre, la chaîne Arte a diffusé une série de 10 courts-métrages, plutôt déroutants, sous le nom de « Product ». Le concept est novateur. Il plonge le spectateur en immersion totale dans la chaîne de production de divers produits de consommation de masse. En se plongeant dans les yeux d’un produit, ces films retracent le parcours invisible des biens que nous consommons. À travers le carnet de route de bonbons, crevettes, textiles ou même des extensions de cheveux, ces images insistent particulièrement sur la distance, et donc la pollution, des trajets parfois absurdes effectués par une même cargaison. Sans autre commentaire qu’un compteur kilométrique, sans porter un jugement moral quelconque, Arte nous dévoile ainsi la face cachée de la mondialisation.

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L’incroyable voyage d’une noisette de pâte à tartiner

L’Italie est le deuxième producteur mondial de noisettes, avec environ 100 000 tonnes récoltées par an, juste derrière la Turquie (500 000 t/an). C’est de là dont partent chaque jour, durant les récoltes d’automne, des milliers de tonnes de noisettes destinées à l’exportation, dont la plupart iront directement se faire broyer dans les usines de pâtes à tartiner à travers l’Europe et le monde.

Mais avant d’atterrir dans les usines, les noisettes passent d’abord par les Pays-Bas afin d’y être triées et décortiquées. Elles voyagent ensuite jusqu’en France où le processus de fabrication de la pâte à tartiner peut enfin commencer. Ainsi, on peut voir que toute la préparation de la pâte à tartiner s’effectue en France, suggérant une production relativement nationale. Mais les produits qui constituent la pâte, comme les noisettes ou l’huile de palme, sont soumis aux lois de la mondialisation.

La vidéo

Si certains se questionnent souvent sur le nombre de noisettes nécessaire pour fabriquer un pot de 300g de pâte à tartiner, la question qui nous vient à l’esprit est d’abord le nombre de kilomètres, très souvent en avion, que vont parcourir ces noisettes. On apprend ainsi que 100 noisettes sont nécessaires à la fabrication d’un pot de pâte à tartiner mais surtout, que le trajet qu’elles effectuent est particulièrement long. Du sud de l’Italie à la France en passant par les Pays-bas, les noisettes que nous suivons parcourent donc pas moins de 2895 km avant d’être mises en pot sous leur aspect final.

Bien-sur, il s’agit là d’un exemple « sans » nom sélectionné pour le secteur français. Le reportage ne précise aucune information sur la marque ou la qualité du produit en question. On notera enfin que pour contrecarrer ces trajets inutiles, la culture de noisettes est en plein essor en France, favorisant la création d’entreprises locales de pâtes à tartiner parfois même biologiques. Un moyen de satisfaire les gourmands qui aiment consommer de façon plus responsable. On citera par exemple Nuté+, pâte « 100% made in France » et biologique, dont les responsables furent attaqués par Nutella, le principal acteur du marché.


Sources : future.arte.tv / wikipedia.orgarte.tv / eurobroker.fr