Grace Brett a tout pour se faire remarquer, même si elle ne s’y attendait pas vraiment. À 104 ans, elle participe de manière active à un mouvement qui redonne de la couleur aux villes : celui du Yarn Bombing, entendez : le tricot-graffiti. La découverte de ses œuvres et celles des autres passionnés du tricot est l’occasion d’en apprendre plus sur cet art engagé peu connu.

La « réappropriation de l’espace public » est devenue en quelques années un slogan unificateur pour de nombreuses personnes désireuses de dénoncer le caractère figé et normé des lieux qui sont à l’usage de tous. À la place, elles souhaitent proposer des projets par le biais desquels les habitants sont appelés à réfléchir ensemble à l’utilisation de ces dit lieux ainsi qu’à leurs interactions quotidiennes avec ceux-ci. Les initiatives sont nombreuses et variées et articulent arts, DIY, partage, convivialité et imagination. Parmi elles on trouve le Park(ing) Day, de nombreux exemples de jardins partagés ou encore la réappropriation par  les habitants de bâtiments abandonnés.

La pratique du Yarn Bombing est également représentative de cette réflexion portant sur l’espace public. Les débuts du mouvement remontent à 2005 aux États-Unis. La mode s’est ensuite diffusée en Europe où elle a également rencontré un succès important.

05_street_art_mamiePhotographie @ SWNS

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Une pratique en expansion

Connu sous le nom de Yarn Bombing, tricot-graffiti ou encore tricot urbain, le fait de tricoter des fils afin de décorer l’espace public a fait de nombreux adeptes ces dernières années, si bien qu’en se promenant en ville, il n’est pas rare de croiser édifices, panneaux de signalisation, barrières ou autres aménagements qui en sont pourvus. Ce procédé est reconnu comme faisant partie des divers arts urbains, et donne l’occasion à des individus de donner une note personnelle aux rues et édifices publics.

Le Yarn Bombing ne peut qu’interpeller les passants. De caractère éphémère et pouvant être aisément retirées, les structures de laine ou de coton invitent à jeter un autre œil sur l’espace public. L’organisation de ce dernier est souvent critiquée car elle ne correspond pas aux usages réels des usagers de la ville et parce que les choix urbanistiques se caractérisent souvent par leur rigidité et froideur. Les adeptes de cette nouvelle mode déclarent utiliser l’espace comme un lieu artistique tout en restant respectueux de l’environnement et des monuments, et appellent ainsi les habitants à s’exprimer. De manière plus générale, ils indiquent trouver un plaisir important à s’inspirer des créations des autres et à développer de cette manière leur propre créativité.

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Grace Brett, une street-artist engagée

Grace Brett fait parti d’un groupe local de tricot en Écosse : mais contrairement à ce à quoi on est habitué, ce ne sont pas des pulls ou des chaussettes qu’elle tricote de ses deux aiguilles, mais des carrés qui une fois cousus les uns aux autres serviront de décors dans les rues, qui reprennent ainsi de la couleur. Du haut de ses 104 ans, elle est très probablement la street-artist la plus âgée du pays. 60 autres amoureuses et amoureux du tricot participent à cette association artistique locale.

Il y a un peu plus d’un an, la centenaire se faisait remarquer par sa participation à un événement d’envergure qui s’est tenu en Écosse, le Yes Art Festival : accompagnée d’autres « guerrilla knitters » actifs au sein d’un même collectif, elle a confectionné par dizaine des morceaux de tissus afin de décorer 3 villes (Yarrow – Ettrick – Selkirk). À la presse locale, elle explique avoir été charmée par le concept si bien qu’elle a voulu y mettre du sien grâce à ses propres aiguilles. Mission accomplie pour Grace Brett dont le coup de crochet est désormais connu à travers le monde.

Simple, positif et convivial, le Yarn Bombing attire des personnes de tous les âges et donne lieu à des réalisations parfois spectaculaires.

06_street_art_mamiePhotographie @ SWNS


Sources : boredpanda.com / huffingtonpost.com / labiogua.com / telegraph.co.uk

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