À l’heure où le Solar Impulse 2 entreprend un tour du monde avec pour seul carburant l’énergie solaire et où le E-Fan, premier avion électrique made in France, vient de réussir son premier vol, l’avion de demain pourrait-il voler à l’hydrogène couplé à d’autres énergies renouvelables ? C’est ce que croit Oscar Viñals qui présente ici le Progress Eagle, une perspective d’avion propre.

Quand on songe aux premières machines volantes imaginées par Léonard de Vinci jusqu’aux premiers vols motorisés des frères Wright, on touche du doigt ce vieux rêve d’Homme de pouvoir se déplacer dans les cieux comme les oiseaux. Aujourd’hui ce rêve s’est démocratisé avec son lot de conséquences négatives pour la planète telle la pollution croissante de l’atmosphère. Si cette volonté de se déplacer restera probablement intacte, comment rendre réellement propres ces transports collectifs empruntés par des centaines de millions de personnes chaque année ?

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Oscar Viñals et ses avions du futur

S’il semble déjà possible de déplacer un ou deux voyageurs par les airs de manière propre, nous sommes encore très loin d’une technologie capable de transporter proprement et rapidement des centaines de personnes d’un continent à l’autre. Quelques esprits ingénieux n’hésitent cependant pas à voir plus loin. C’est le cas de Oscar Viñals, un designer industriel espagnol qui présente ici plusieurs concepts d’avions écologiques dont le Progress Eagle, vision d’un transcontinental de demain. Selon son créateur, une telle invention serait envisageable vers 2030.

« L’aigle du progrès » et sa cousine « la baleine du ciel » ne rejetteraient idéalement pas le moindre gramme de CO2 en vol. Oscar Viñals souhaite en effet employer le carburant le plus propre à ses yeux : l’hydrogène. Les 6 moteurs de l’appareil ne rejetteraient en principe qu’une vapeur d’eau au même titre que les modèles actuels de voitures à hydrogène. Pour l’électricité à bord de l’appareil, l’inventeur a tout prévu : une éolienne et des panneaux solaires recouvrent les énormes ailes. Son empreinte écologique en vol serait ainsi pratiquement nulle, si on ne prend pas en compte la production même d’hydrogène qui nécessite une source d’énergie. Poussant le bouchon jusqu’au bout, l’artiste imagine son avion capable de recycler l’air en plein vol pour absorber des molécules néfastes comme le CO2.

Si l’aspect écologique de l’appareil laissera certains rêveurs, sur le plan concurrentiel, il présente aussi des avantages. Le Progress Eagle est imaginé avec trois étages et pourrait transporter quelques 800 passagers. De quoi rivaliser avec les plus gros avions actuels comme l’Airbus A380. Autre atout, le bruit : 75% de sonorité en moins qu’un avion traditionnel (120 dB). Particularité supplémentaire, il devrait y avoir quatre zones à dispositions des passagers dont une nouvelle classe « pilotes » placée à l’avant de l’appareil pour avoir une vue panoramique sur l’horizon.

Entre fantasme et réalité

Oscar Viñals précise qu’à l’heure actuelle, l’engin ne peut pas être construit. Il n’y a que 40% des technologies du projet disponibles à ce jour. Un prototype ne se profilerait qu’à l’horizon 2030 selon ses estimations malheureusement très subjectives. Cela laisserait le temps à d’autres acteurs du marché tels qu’Airbus ou Boeing de développer une aéronautique écologique plus concrète et probablement moins fantastique.

Notons enfin que les grandes industries de l’avion ont des commandes jusqu’en 2025 (pour Airbus) pour la construction d’appareils classiques. Malgré des efforts manifestes vers une « verdisation » de l’avion commerciale, la fuite en avant dans l’utilisation du pétrole semble loin d’être enrayée.

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Informations et documentations sur le concept : behance.net


Source : edition.cnn.com / marcelgreen.com