Quand les containers maritimes se font maison en France

Résistant, modulable et spacieux, le container maritime en fin de vie est devenu une source d’inspiration majeure pour les créateurs audacieux qui y voient une opportunité de recycler du matériel industriel en produit écologique. C’est le cas de Jean-Baptiste Jarretou et de son équipe de Contain Life qui ont décidé d’en faire…des studios écologiques et confortables !

Aujourd’hui, 90% du transport de marchandises mondial est effectué par voie maritime, représentant ainsi environ 9,1 milliards de tonnes par an. Le container maritime apparaît alors comme le symbole d’une mondialisation exacerbée tant son caractère multimodal et économique en a fait un incontournable ayant révolutionné le commerce international. La durée de vie moyenne de ces parallélépipèdes d’acier est d’environ 5 ans et peut atteindre une dizaine d’années en case de rénovation. Alors qu’on en compte actuellement 45 millions dispersés aux quatre coins du globe, on peut s’interroger quant à leur devenir, une fois leur cycle de vie achevé dans le cadre marchand.

UrbanFarm concept de ferme urbaine en container

À l’image de UrbanFarm qui s’est donné pour mission de les transformer en espaces cultivables urbains ou encore de Hontasbox qui leur donne une seconde vie en y stockant matériel et mobilier des artisans bordelais, la récupération et le reconditionnement des containers maritimes est devenu une opportunité pour nombre d’entrepreneurs audacieux. C’est le cas de Jean-Baptiste, fondateur de Contain Life et Mathieu, membre de l’équipe, que nous avons rencontrés. Issus de la pépinière d’entreprises Créaude, ces deux français de Carcassonne sont déterminés à montrer que leur entreprise peut être « à la fois viable économiquement et responsable écologiquement ». Leur idée : récupérer, découper, assembler et reconditionner les containers maritimes en fin de circuit pour créer… des habitations écologiques !

« Tout d’abord, nous récupérons des containers en fin de vie auprès de l’un des nombreux réseaux d’achat/revente de la région. Le critère de choix essentiel est un toit resté en bon état » nous explique Mathieu. Deux containers sont ensuite assemblés pour construire cette habitation d’un nouveau genre, d’une superficie de 20m². « La superficie initiale tourne plutôt autour de 23-24 m² mais du fait des aménagements et de l’isolation nécessaire, elle est réduite à 20m² de surface habitable » continue-t-il. Avantage de cette réduction d’espace type tiny-house ? L’habitation peut être installée sans permis de construire et nécessite uniquement le dépôt d’une simple déclaration préalable. Pourtant, grâce notamment au travail du designer Nicolas Kuseni, les habitations de Contain Life disposent d’un salon, d’une kitchenette, ainsi que d’une chambre et d’une salle de bain séparée auxquels s’ajoute une large terrasse en bois. « Toute l’équipe a œuvré pendant plus d’un an pour réfléchir à l’optimisation d’un espace qui conserverait tous les aménagements nécessaires du quotidien » résume Jean-Baptiste.

L’intérêt écologique d’un tel projet est multiple souligne Mathieu qui rappelle qu’en redonnant vie aux containers, ils « enlèvent des déchets » qui pourraient potentiellement se retrouver dans la nature. Mais la dimension environnementale ne s’arrête pas à ce recyclage reprenant peu ou prou les bonnes pratiques de l’économie circulaire. Du bardage en bois issu de la montagne Noire aux plaques de corten, tous les matériaux qui composent la nouvelle habitation sont durables et fabriqués en France. « La durabilité des matériaux utilisés est un point essentiel du projet » insiste le fondateur : Une double isolation intérieure-extérieure composée de boucliers thermiques en aluminium assure une résistance thermique optimale et permet de préserver une température intérieure stable malgré les aléas climatiques. Le toit étant traditionnellement responsable d’environ 30% des pertes thermiques d’une habitation classique, force est de constater que les containers de Contain Life semblent peu énergivores et répondent aux attentes des particuliers désireux de réduire leur consommation d’énergie sans pour autant atteindre le niveau d’une maison passive. Par ailleurs, ceux-ci pourront même être, à terme, complètement indépendant énergétiquement moyennant l’installation de panneaux solaires et de récupérateurs d’eau qui suffiraient aux besoins énergétiques du studio et de ses habitants.

La dimension écologique de Contain Life est également doublée d’une certaine dimension sociale qui tient particulièrement à cœur aux porteurs du projet et qui n’est pas sans rappeler les codes de l’économie sociale et solidaire. « Un objectif majeur de notre projet reste la stimulation de l’économie locale » assure Jean-Baptiste. Si tous les matériaux utilisés proviennent de France, les différents artisans qui se réunissent pendant les deux jours d’assemblage d’un studio sont également des acteurs locaux. Car les containers sont tous assemblés à l’atelier de Carcassonne. En effet, la facilité avec laquelle se démontent et se réassemblent les studios de Contain Life en font une habitation parfaitement mobile et transportable. Ils sont généralement acheminés par voie routière jusqu’à leur installation chez le client. Avec un prix d’environ 50.000€ clé en main, l’habitation alternative de Contain Life entend séduire les professionnels comme les campings ou gîtes désireux de disposer d’une nouvelle offre originale et qualitative mais aussi les particuliers amoureux de petits habitats. Contain Life nous invite ainsi à repenser notre mode d’habitation en promouvant la récupération et le recyclage de matériel industriel, transformé en espace habitable confortable et peu énergivore. Soutenu par différents acteurs institutionnels de la région (Mairie, CCI, Office du Tourisme…), Contain Life a lancé un premier prototype de son habitation alternative en Octobre dernier et s’apprête à lancer officiellement la commercialisation de leur studio écologique en Juin 2017.


Sources : containlife.fr / lefigaro.fr / planetoscope.com