On aurait jamais imaginé l’Homme capable d’une telle « prouesse » ! On trouve aujourd’hui 500 fois plus de particules de plastiques dans nos océans que d’étoiles dans la galaxie. Les Nations Unis semblent vouloir prendre la problématique posée par la pollution plastique des océans à bras le corps. Une campagne intitulée #Océanspropres vise aujourd’hui à créer un front international contre ce fléau.

Les Nations Unies « déclarent la guerre » à l’une des principales sources de pollution au monde, le plastique dans les océans. Une campagne internationale vient d’être lancée ce 23 février : les principales cibles sont les microplastiques, principalement contenus dans les cosmétiques, ainsi que tous les plastiques à usage unique, selon le communiqué de l’organisation. Les premiers présentent un véritable danger pour les animaux, alors que les seconds, outre leurs effets néfastes sur l’environnement, représentent pas moins de deux-tiers de l’ensemble de la production de plastique dans le monde. Si rien n’est fait pour limiter l’utilisation du plastique à toutes les occasions, souligne l’ONU, sa production sera multipliée par 3 voire 4 d’ici 2050. Loin d’avoir réglé le problème, un prise de conscience s’impose, et vite !

Campagne internationale

La campagne s’adresse en premier lieu aux gouvernements, les appelant à faire évoluer les cadres législatifs et à soutenir des politiques de réduction des déchets. L’un des objectifs doit être de contraindre les industriels à diminuer les emballages, tout en les incitant à modifier le design de leurs produits et à supprimer les microbilles. Selon Erik Solheim, le directeur de l’ONU Environnement, il y urgence à agir puisque « la pollution plastique est visible sur les plages indonésiennes, s’installe aux fonds des océans du Pôle Nord, et s’invite tout au long de la chaîne alimentaire jusque dans nos assiettes. Nous avons joué le rôle de spectateur pendant trop longtemps et le problème n’a fait que s’aggraver. Cela doit cesser ».

Pendant toute l’année, la campagne #Océanspropres se chargera de médiatiser les solutions les plus originales mises en œuvre par les gouvernements du monde entier ainsi que par les privés et entrepreneurs. Jusqu’à présent, dix pays se sont déjà associés à cette campagne en s’engageant à diminuer les pollutions dues au plastique :  la Belgique, le Costa Rica, la France, la Grenade, l’Indonésie, la Norvège, le Panama, Sainte-Lucie, le Sierra Leone et l’Uruguay. L’Uruguay a même annoncé vouloir mettre en place une taxe sur les sachets plastiques alors que le Costa Rica souhaite améliorer la gestion nationale du plastique et sensibiliser la population à travers une meilleure éducation. Très ambitieuse, l’Indonésie s’est quand à elle « engagée à réduire les déchets marins de 70% à l’horizon 2025 ». Cependant, ceci reste une petite minorité de pays à l’échelle du monde. Quant à la France, cet engagement dépendra du prochain gouvernement et les principaux candidats, à ce jour, semblent bien plus préoccupés par la croissance, la fluidité du marché ou l’immigration que par l’avenir de la planète.

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500 fois plus de particules de microplastiques dans l’océan que d’étoiles dans la galaxie

L’ONU rappelle que tous les ans, 8 millions de tonnes de déchets en plastiques terminent leur route dans l’océan, « l’équivalent d’une benne à ordure de plastique déversée chaque minute ». Ces déchets issus des activités humaines sont un véritable fléau pour le faune et la flore locale. Par ailleurs, ces pollutions engendrent des coûts annuels directs et indirects estimés à hauteur de 8 milliards d’Euros : non seulement les impacts sur les éco-systèmes sont importants, mais en plus les déchets menacent les activités locales telles que la pêche et le tourisme.

« Près de 51 billions de particules microplastiques – 500 fois plus que le nombre d’étoiles dans notre galaxie – polluent nos océans et posent une sérieuse menace aux espèces sauvages marines« , explique l’ONU. C’est le cas de le dire, le désastre est astronomique et dépasse toute forme d’entendement. Pourtant, outre la nécessité d’un engagement étatique réel dépassant les frontières et un changement dans la manière de produire des industriels, il appartient également aux citoyen.ne.s de modifier leurs habitudes en se tournant vers des alternatives sans plastique ou en refusant de consommer des produits emballés. Des solutions existent déjà, comme les magasins sans emballage. De surcroît, de nombreux substituts non-plastiques se développent : c’est par exemple le cas pour les bouteilles ou pour les les couverts. Dans le même temps, des personnes s’engagent pour recycler le plastique de manière socialement utile, notamment pour construire des maisons. Car il est déjà trop tard pour s’indigner, il reste à développer en urgence des incitants collectifs, à l’image d’une forme de protectionnisme solidaire, pour accélérer la transition.


Sources : ecowatch.com / unep.org