Tout le monde sait aujourd’hui que les couverts en plastique n’ont rien d’écologiques. Non seulement ils ne font l’objet que d’une très brève utilisation mais en plus ils participent aux pollutions globales générées par le plastique, ayant une forte chance de finir leur existence dans une décharge ou l’océan. Bioterm, un projet polonais, veut proposer une alternative viable à cette folie collective avec des assiettes produites à parti de son de blé.

Le plastique fait parti de notre quotidien et pourtant son impact environnemental est élevé, au moins autant élevé que notre aveuglement sur la question. Produit à partir de pétrole, sa fabrication même est déjà polluante. Pars ailleurs, il contribue à la pollution indirecte des mers et des océans. Or, le mode de vie moderne ne fait qu’amplifier le problème, à l’heure ou le tout jetable est devenu un véritable style. Du fast-food jusqu’au coffee-to-go, les emballages jetables ne sont pas seulement un élément de notre quotidien, mais une manière de vivre qu’il est difficile à confronter. Malgré les cris d’alarme lancés par les associations de défense et de protection de l’environnement, la prise de conscience et les changements sont lents à se faire sentir et les alternatives sont rares.

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Des assiettes en son de blé

Biotrem est une entreprise « éco » basée en Pologne. À partir de son de blé (l’enveloppe qui protège le grain de blé), ils construisent des assiettes d’un nouveau genre puisque celles-ci sont biodégradables et compostables en 30 jours, retournant directement dans le cycle naturel. En effet, le son de blé est une matière entièrement naturelle puisqu’il s’agit de l’enveloppe dans laquelle est contenue l’amande de blé. Cette matière récupérée lors du processus de production de la farine est habituellement utilisée dans l’élevage industriel pour nourrir certaines volailles. La gamme proposée par l’entreprise est assez large, puisqu’elle comporte non seulement des assiettes plates mais également des assiettes creuses et des couverts. On notera que la composition de ces derniers est un peu différente puisque les couverts contiennent également des bio-polymères, obtenus à partir d’amidon de maïs. D’où une décomposition un peu plus lente, d’environ 60 jours.

Les caractéristiques principales de ces assiettes les rendent particulièrement utiles. Elles se substituent facilement aux assiettes en plastique et trouvent même de nouvelles utilités. Elles peuvent par exemple être mises au four, à une température allant jusqu’à 180°, sans brûler. Par ailleurs, elles résistent aux aliments chauds, peuvent contenir de la soupe et, plus étonnant, rien n’empêche de les manger en désert ou même de les offrir à vos animaux domestiques. Les assiettes sont certifiées ECORISMO, un label qui a notamment « pour vocation de distinguer et de mettre en valeur des fournisseurs offrant des produits ou des services favorisant le développement durable ». Selon les données partagées par le groupe, 3 millions d’assiettes ont été produites à ce jour. Les capacités de production seraient de 30 millions par an, si les acteurs du marché veulent abandonner leur plastique.

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Les alternatives au plastique se développent

La société est plus consciente de la problématique soulevée par la production importante de déchets en plastique et on assiste au développement de nouvelles réglementations ainsi que de nouvelles solutions pour bannir cet élément de notre vie de tous les jours. En France, la vente de vaisselle à usage unique composée principalement de plastique et non compostable sera interdite à partir de 2020. San Francisco s’est distinguée ces dernières années par sa politique volontariste pour limiter la quantité des déchets plastiques. Des changements de comportements chez les citoyens sont également nécessaires pour concrétiser cette transition : exemple parmi d’autres, certains vendeurs de cofee-to-go proposent un prix réduit à ceux qui apportent leur propre tasse, espérant ainsi encourager les individus à changer leurs habitudes.

L’évolution des législations est une opportunité pour ceux qui souhaitent proposer de nouvelles solutions, mais elles sont font encore attendre en dépit de foisonnement d’alternatives. En Thaïlande, la chercheuse en génie industriel Samorn Hiranpraditsakul a développé avec son équipe de recherche des assiettes biodégradables dont le composant principal sont des feuilles. Les assiettes construites à partir de matières végétales font donc peu à peu leur apparition dans le commerce : palmier, cannes à sucre… Les possibilités sont donc nombreuses, mais le très faible coût du pétrole n’encourage pas les industries à prendre le chemin de la transition sans un engagement collectif fort qui se fait attendre.

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Sources : biotrem.pl / natur-concept.com

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