Ces dernières années, les boîtes à partage ont rencontré un véritable succès auprès des habitantes et des habitants, à la fois comme outil de réappropriation de l’espace public mais également comme moyen de créer des liens et de défendre des valeurs, que ce soit l’environnement ou la solidarité. L’association de bénévoles « Les boîtes à partage », basée à Lyon, propose désormais de mettre en réseau les collectifs qui émergent partout en France et d’accompagner la mise en place de nouvelles boites dans l’objectif de valoriser le mouvement sur les territoires. 

Cabines téléphoniques transformées, petites armoires, constructions en palettes… les boîtes à partage sont de toutes les formes et de toutes les couleurs et retiennent souvent le regard des passants dans la rue. Elle portent des noms très divers – boîte à don, boîte utile, boite d’échange, givebox – mais recouvrent une même réalité : le don et l’échange d’objets ainsi que la volonté de créer du lien social au niveau local, au niveau des quartiers, mais aussi de susciter la tolérance ou encore de réduire la production de déchets.

Réinvestir l’espace public

Depuis deux ans, Flore, co-fondatrice de Les boîtes à partage, trésorière et bénévole de l’association, propose avec les autres membres d’aider gratuitement les habitants dans la mise en place de nouvelles boîtes via « un dispositif d’accompagnement gratuit auprès des habitants et des collectifs d’habitants pour donner le fil rouge de la construction des boîtes ». L’objectif est également de mettre en réseau les projets déjà existants autour d’un partage des connaissances et des compétences. « Nous sommes des facilitateurs, nous de faisons pas partis des collectifs d’habitants et nous ne construisons pas les boîtes » explique-t-elle. À l’avenir, d’autres initiatives liées à la gratuité seront mises en lumière par l’association, comme les frigos solidaires ou encore les magasins gratuits.

NB : « Une Boîte à Partage, c’est une vraie boîte installée sur la voie publique ou dans un lieu privé pour échanger librement et gratuitement des objets, des services et des bons plans. »

Selon les observations des membres de l’association, la réussite d’une boîte partageuse dépend souvent de la mobilisation en amont. « Il faut tout d’abord aller à la rencontre des voisins, mobiliser des amis ou des commerçants du quartier afin de savoir si le projet intéresse » précise Flore, dans l’objectif de « créer un noyau dur autour du projet ». Par la suite, il faut soigneusement choisir l’emplacement de la future construction, afin qu’elle réponde à une demande et plusieurs critères. Notamment de permettre une certaine intimité « pour les personnes qui sont dans le besoin » tout en étant visible. Un délicat équilibre !

« Construire la boîte n’est pas une finalité, c’est le début de l’aventure »

Les boîtes à partage sont avant tout une opportunité, estime flore. « Construire la boîte n’est pas une finalité, c’est le début de l’aventure » glisse-t-elle. Une fois construites, il faut en effet l’animer, créer du lien autour de ce projet. Les boîtes peuvent faciliter les rencontres, les échanges entre passants, offrir une occasion d’organiser des fêtes de quartier, des concerts ou encore des moments de lecture à voix haute, le tout dans un esprit de convivialité et de partage.

« Liberté, gratuité, inconditionnalité »

Ces boîtes, ce sont aussi des valeurs fortes de solidarité visibles dans l’espace commun, dans un environnement où prime souvent l’individualisme et dans lequel les liens se délitent. Les Boîtes à partage résument ces valeurs autour du triptyque « gratuité, inconditionnalité, liberté », en opposition à la marchandisation de tout et de rien, mais aussi contre l’idée qui prédomine aujourd’hui et qui voudrait que tout échange se fait par la monnaie et dans un but intéressé.

Les boîtes à partager organisent actuellement une campagne de financement participatif afin de publier un guide et tutoriel complet. Ce petit livre racontera l’histoire de chacune de ces boîtes autour de Lyon et permettra de les identifier sur une carte de la ville. Avant de lancer votre propre boite à partager ?


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