Les veines de l’Amérique Latine se sont ouvertes plusieurs fois durant la seconde partie du XXe siècle. De Pinochet au Chili à Somoza au Nicaragua, le continent Latin a connu des heures funestes et tragiques, marquant ainsi à jamais son Histoire. Plus que jamais cette histoire semble ressurgir depuis la deuxième décennie du XXI siècle. Alors que la fin du XX siècle marquait le début de l’ère progressiste, nous assistons incrédules et de façon schizophrénique, au retour de ces pouvoirs autoritaires. Pour comprendre la teneur de ces régimes en Amérique latine, nous vous invitons à découvrir la vie d’Oscar Perales, un réfugié argentin vivant maintenant près de Bordeaux. Interview intimiste.

En 1976, un énième coup d’État a lieu sur le continent. Après Allende, Torrijos, Roldos, c’est au tour d’Isabel Peron et de l’Argentine de connaître un terrible coup d’Etat militaire. Jorge Rafael Videla se retrouve à la tête de la junte militaire qui a organisé, en mars 1976, le coup d’Etat nommé « Proceso de Reogarnización Nacional ». Véritable régime de terreur où des milliers de personnes ont été assassinées, portées disparues, pour des raisons politiques. Parmi eux, beaucoup d’étudiants, de syndicalistes, de journalistes, d’intellectuels, la répression était telle qu’un grand nombre d’argentins se sont exilés. Oscar Perales est l’un d’eux.

Oscar Perales

Bonjour Oscar Perales, je suis ravi de vous avoir dans le cadre de cet interview. Vous avez donc fui la dictature argentine qui a eu lieu de 1976 à 1983, mise en place par le général Videla. Un régime qui fut responsable de la disparition de plus de 30 000 personnes, de la mort de 15 000 argentins, ainsi que de nombreux exilés et d’enlèvements d’enfants. Vous avez aujourd’hui 63 ans et vous vivez en France, j’aimerais donc revenir avec vous sur cette partie de l’Histoire de l’Argentine. Je vous laisse donc vous présenter et parler un peu de votre enfance, de vos parents, du milieu social dans lequel vous grandissez, pour que l’on puisse comprendre un peu mieux le contexte de l’époque.

Oscar Perales : Je viens d’une famille de classe moyenne, mon père était un fonctionnaire travaillant dans le pétrole. Je suis originaire du sud de l’Argentine, dans la Patagonie, là où on exploite le pétrole. Je vivais dans des villages campements, des lieux qui suivaient l’avancée des exploitations pétrolières. De nos jours, ils ont disparu car l’épopée du pétrole s’est déplacée dans d’autres régions. Donc mon quartier, mon enfance, mon village éphémère où j’ai passé mes 12 premières années n’est plus. Mon père travaillait pour une entreprise d’Etat du pétrole. Il avait un bon poste, je n’ai jamais manqué de rien. Mon éducation a été bonne ainsi que mon cadre de vie. De ce côté-là, tout était parfait et puis ma famille était très aimante. Mais c’est vrai que ce sont des moments forts de vivre dans cette espèce d’ambiance pétrolière, éloignée des grandes villes où la condition géographique est difficile. C’est la Patagonie hein… Mais en même temps, on était très protégés car l’entreprise d’Etat donnait bien plus que le nécessaire à ses ouvriers. Il y avait une vie culturelle, des spectacles, des cinémas, il y avait tout et c’était fourni et mis en place par l’entreprise d’Etat « YPF », gisement pétrolifère fiscal qui n’existe plus de nos jours que sous la forme financière, à la suite de différents accords, conventions politiques et économiques où l’Etat a cédé la gestion à des entreprises privées. Durant cette période, dans les années 50-60, il faut savoir et c’est important, que l’on vivait dans une argentine très prospère même si on était déjà gouvernés par des politiques civilo-militaires, des dictatures plus ou moins voilées. Quelquefois on pouvait voter mais il n’y avait qu’un candidat et d’autres fois cela était imposé. Mais en Patagonie on ne ressentait pas cela, ma famille et l’entreprise d’Etat se trouvaient assez éloignées. Je te rappelle qu’on était à 2200 km de Buenos Aires donc on a vécu ça de très loin. Mais non, à l’époque il n’y avait pas de contestations particulières dans mon entourage, même si, dans les années 45-50 il y a eu des contestations ouvrières dans le nord aux alentours de Buenos Aires donnant naissance au mouvement Péroniste. C’est de là que Péron a commencé à apparaître dans le champ politique. Le mouvement Péroniste était un mouvement social-nationaliste si on peut dire, donc beaucoup de patrie, beaucoup de social à une époque où il n’y en avait pas, sauf dans les entreprises d’Etat bien sûr où on avait tout.

Vous avez fui la dictature 1976-1983, qui portait le nom de processus de réorganisation nationale, pouvez-vous nous raconter comment cette dictature a pu s’installer et que voulait dire processus de réorganisation nationale ?

Oscar Perales : En 1976 je devais avoir 20 ans par-là, j’étudiais dans une université près de chez moi, dans la Patagonie loin de Buenos Aires. Avec mes amis d’études, je faisais mes premières armes de construction politique et me forgeait une culture générale, civique et politique dans les mouvements de gauche de la jeunesse socialiste. Il n’y avait pas trop le choix à dire vrai à l’époque, soit on était péroniste, radical ou de droite. Cette dictature est arrivée de façon brutale, comme un éclair qui nous foudroie sur place. « C’était un jour de mars 1976, le 24 pour être précis. Ce matin-là, tu te lèves à sept heures du matin, comme chaque matin, pour préparer ta journée calmement, et là, tu entends à la radio qu’une marche militaire a lieu. Au début tu n’y crois pas, tu refuses. Tu te dis que ton gouvernement en place et élu démocratiquement ne peut pas tomber aussi facilement, mais plus les minutes avancent et plus tu comprends que la notion de démocratie n’est plus vraiment la bienvenue. Ensuite, tu entends un communiqué au ton très martial, dans lequel on dit que les forces armées ont décidé de prendre le pouvoir pour commencer ce processus de réorganisation nationale qui doit remettre en ordre le pays. Donc voilà, ça commence comme ça pour moi, un matin de mars 1976 à sept heures. A ce moment-là, tu as ton dos qui se glace, tu te dis que cela n’est pas possible et tu n’as qu’une envie, celle de revenir à hier. Puis tu commences à connecter les évènements qui se passent dans les pays voisins, Chili, Uruguay… et là, tu comprends que ton pays ne sera pas épargné. Que le début de démocratisation commencé en 1973 par le biais de la victoire des péronistes n’est déjà plus qu’un mirage.

Tableau de Mathieu Renault

Il me semble important d’évoquer la période juste avant le coup d’État, celle qui a vu l’arrivée de la démocratie par les Péronistes en pleine période de guerre froide. Contexte de tension dans le continent latin où les démocraties naissantes font miroiter la peur du rouge chez le voisin américain.

Oscar Perales : Ceci est important pour comprendre la suite en effet. En 1973 l’armée décide de mettre en place des élections, le mouvement péroniste est très grand dans le pays malgré l’exil de Juan Perón en Europe. Le mouvement péroniste commence alors les élections sans Perón avec un candidat X, je crois qu’il s’appelait Héctor José Campora. Une fois l’élection gagnée, il a fait revenir Perón et lui a cédé sa place de Président. Bien sûr on le savait et on le voulait ce retour de Péron. Cette démocratie-là a posé le début de certaines lignes sociales et surtout une démocratisation de la vie politique avec la création de nouveaux partis, dont le parti socialiste, le parti communiste et tous les « istes » qu’on puisse imaginer. Et donc là, on s’est tous dangereusement découvert car on participait à la vie politique, on allait dans différentes réunions, cercles de pensées où nos idéaux semblaient pouvoir s’exprimer librement. Le problème c’est que tout cela, ces revendications, ces visions politiques n’ont pas plu à tout le monde, notamment aux militaires toujours en place mais aussi à la classe aisée du pays, la classe financière, les grands propriétaires terriens épaulés et clients des USA. Ceux-ci regardaient d’un très mauvais œil la société se développer de façon trop sociale et commençaient à revendiquer la fin des possessions, des privatisations et des intérêts étrangers, notamment ceux des Américains. Petit à petit, la colère envers cette démocratisation-là est montée dans la frange bourgeoise de la population et également dans les hautes sphères des États-Unis où la peur du rouge était omniprésente. D’ailleurs on avait déjà pu constater des ingérences dans des pays similaires au nôtre des années avant comme avec le Chili, le Panama, l’Equateur. Ensuite, le parti péroniste a commencé à aller mal, des groupes armés d’extrême-gauche se formèrent pour défendre soi-disant les paysans et le peuple. De plus Perón décéda, laissant la place à sa troisième femme Isabel qui n’était pas très brillante. Elle était peu instruite et surtout elle était télécommandée par un groupuscule de péronistes qui commençait déjà à réprimer l’extrême-gauche de son parti même. Et donc là, il y a eu le début des répressions et la création des trois A, qui voulait dire alliance anti-communiste Argentine, des groupes paramilitaires qui faisaient des attentats. Et cette ambiance délétère, le monde de la finance et de la grande bourgeoisie l’a ressentie également. C’était le moment idéal pour ramener les militaires au pouvoir « il faut que les bottes reviennent » appuyés par la grande finance du pays et par Washington mais pas seulement. Pour une grande partie du peuple, les militaires représentaient l’ordre, tandis que la démocratie représentait le bordel si je peux dire. Même le mouvement syndical, qui était péroniste, n’était pas net, j’avais quelques doutes sur eux. Des doutes sur les dirigeants bien sûr, pas la base. C’est donc dans ce panorama-là que le 24 mars 1976 la dictature arrive avec les trois forces armées (terre, mer, air) qui se mettent d’accord et nomment Videla comme le représentant de cette réorganisation nationale, dont finalement rien n’était dit dessus les premiers jours. Mais très vite il y a eu une campagne macabre d’assassinats qui visait l’engagé politique, l’ami de l’engagé politique, la famille de l’engagé politique… L’armée voulait marquer, dans les générations, leur forme de génocide et cette terreur de la façon la plus brutale possible et surtout faire peur, très peur. Et en plus, bon on n’a pas le monopole du massacre en Argentine avec les militaires car il y a des choses horribles qui se sont passées dans le monde et qui se passent encore, mais ils ont créé la notion de disparu. Tu sais la notion de disparition c’est une double peine. Qu’une famille sache qu’un des leurs, militant ou pas militant d’ailleurs, a été tué par l’armée dans le cadre d’une dictature, c’est très douloureux mais il y a un tombeau, une sépulture, le deuil est possible. Mais quand les familles commencent à chercher et qu’elles ne trouvent pas leurs parents, leurs enfants ou autre, le deuil n’est plus possible et cela n’est pas pareil. Tu vis toujours avec cette incertitude entre espoir et cauchemar. La disparation c’est quelque chose qui est entre la vie et la mort, et ça c’est une notion qu’on ne maîtrise pas car on se pose la question « et s’il était encore vivant…».

Quand la dictature est venue, comment vos proches ont-ils réagi ?

Oscar Perales : Bon déjà, aucun membre de ma famille n’est mort pendant la dictature, par contre j’ai des amis proches qui sont morts en effet. Ma famille, comme beaucoup d’argentins, n’était pas beaucoup engagée, elle était engagée dans la vie de tous les jours pour nous construire un avenir meilleur, mais ils n’étaient pas engagés politiquement comme je pouvais l’être avec mes amis étudiants. Dans le cadre étudiant, on était plus engagés que le reste de la population et c’est d’ailleurs sur les étudiants que le gros de la répression est passée. D’un côté comme de l’autre, on ne se posait pas la question. Les militaires réprimés, les contestations et nous, étudiants de l’époque, on suivait nos passions et nos idéaux qui avaient souvent commencé par l’effet de groupe. Donc oui, beaucoup de mes amis sont tombés. La répression était méconnue de la grande partie du peuple, seuls les militants le savaient et se préparaient à cela en brûlant les lettres politiques ou tous biens pouvant les rattacher à la contestation. Mes parents, mes grands-parents, comme le reste de la population étaient ignares des actions de la dictature militaire, ils n’en savaient rien ou que très peu. Donc, mon entourage réagissait naïvement en se disant qu’il allait y avoir enfin de l’ordre. Qu’ils vont enfin nous sortir tous ces communistes, ces subversifs. Et beaucoup de gens disaient ça, des proches familiaux tenaient ce discours, donc forcément tu as un peu du mal à le digérer quoi et tu te sens impuissant. Mais cela est toujours visible dans notre monde, tu peux trouver ce genre de pression et de sentiment également en France de nos jours, alors qu’on est beaucoup plus informés qu’à l’époque. En Argentine, à cette période, il n’y avait aucune information, les militaires censuraient toutes les infos, surtout que le gros de la répression était à Buenos Aires et donc dans un pays aussi massif que l’Argentine, tu te doutes bien que l’information ne circule pas comme dans un pays semblable à la France. Nous qui étions en Patagonie on était en quelque sorte épargnés si je peux dire. Mais avec mes parents nous avons parlé très longuement de cette période-là, après la fin de la dictature. J’avais offert à ma mère un livre « Plus jamais ça » et ma mère est tombée des nues en lisant cela, elle ne pensait pas que c’était à ce point ».

Qu’est-ce que cela a changé pour vous ?

Oscar Perales : « Tout. La façon dont tu vois ton quotidien. En ce qui me concerne, mon quotidien n’était plus le même, mais à l’époque on avait cet espoir d’alternative, l’espoir d’autre chose. Aujourd’hui je pense qu’on peut plus parler de la même chose, il y a un espoir aussi mais ce n’est plus le même. Nous ne pouvons plus dire « on va faire comme en Russie ou Cuba », non je ne pense pas que les gens aient envie de faire cela. Et le jour où la dictature arrive tout cela n’existe plus. Tes espoirs, tu as intérêt à les garder profondément en toi, surtout à ne pas en parler, à ne pas penser. Tes utopies, tes rêves politiques, tout cela tu le gardes bien pour toi et tu fais le mort. Du jour au lendemain, il n’y a plus aucun moyen de se réunir pour penser, de continuer l’action militante, tout cela tu oublies sous peine de disparaître d’une façon ou d’une autre. Oui ça change une vie mais tu ne t’en rends pas compte tout de suite. Aujourd’hui j’ai 63 ans donc j’en suis conscient, mais à l’époque j’avais 20 ans et tu n’en as pas forcément conscience. Tu suis le mouvement de survie en quelque sorte. Tu arrêtes ce que tu fais, tu ne tef réunis plus avec tes amis pour discuter ou militer. Tu ne parles plus politique, tu changes de boulot, de région, tu te prives de toutes choses intellectuelles. A partir du moment où tu sens le danger arriver tu ne peux plus te comporter comme avant. Alors moi, en tant que militant de la jeunesse socialiste, je suis parti loin. Tu sais, tu as des choses quelquefois qui tombent mal ou qui tombent bien et qui vont définir ton chemin.

Vous avez ensuite fui cette dictature pour trouver une nouvelle vie ailleurs. Pouvez-vous nous raconter le déroulement de cette fuite ? La sensation que l’on ressent, et que signifie réellement s’exiler de son pays ?

Oscar Perales : J’ai cherché par tous les moyens à partir, et le hasard fait bien les choses parfois. A l’époque, j’étais avec une fille qui avait des connaissances au Sahel en Afrique et donc on a parlé de cette possibilité. Cependant, il fallait un passeport et donc aller dans la gueule du loup… à la police fédérale. Il fallait un passeport pour sortir, nous n’étions pas partis clandestinement. Ma copine avait une sœur qui était mariée à un général de l’époque et donc par ce biais-là, on a réussi à avoir du piston. Donc nous allons à la police fédérale avec la peur au ventre pour obtenir le passeport grâce au petit mot du général marié à la sœur de ma copine. Cependant on avait peur, même avec ce mot, cela restait un simple mot. Mais on n’avait pas le choix, c’était un coup de poker et par chance on a pu réussir à sortir et à obtenir nos passeports. La période d’exil est très difficile moralement car tu es parano de tout, tu as la peur de la moindre chose. Et puis tu quittes ton quotidien. Nous sommes restés un an en Afrique et on a eu le désir de partir en Europe assez vite. Je ne voulais pas aller en Espagne même si cela aurait été logique, alors nous sommes allés à Paris avant de descendre sur Limoges puis sur l’île de Ré, où j’ai commencé à m’occuper d’un bateau car j’étais marin de formation en Argentine. Cependant, j’étais dans une situation délicate, j’étais en touriste, mais grâce aux différentes associations humanitaires, j’ai pu faire les démarches car sinon j’allais me retrouver sans papiers, sans pouvoir travailler, étudier, vivre tout simplement. Ensuite, j’ai pu étudier à l’université de Poitiers qui m’a fortement aidé lors de l’inscription, car normalement, si tu veux étudier en France tu dois demander à l’Ambassade française à Buenos Aires ce qui était fortement impossible pour moi. Tu imagines, retourner à Buenos Aires en pleine dictature et demander des papiers pour pouvoir étudier en France? Non, ce n’était tout simplement pas possible, et donc le recteur de l’université m’a fortement aidé en comprenant la situation. Je me suis inscrit en fac de droit. J’étais motivé pour comprendre le pays et m’instruire sur le pays où j’étais. Je suis même devenu délégué, c’était assez drôle. C’était sous Mitterrand je me souviens. J’ai donc recommencé la vie militante par ce biais en me disant que ma vie se refaisait ailleurs et que la dictature commençait à être loin de moi. Je suis arrivé dans les années Mitterrand, donc c’était une période intéressante culturellement et j’ai appris énormément de choses à cette époque-là. Ensuite je suis resté ici, poursuivant mon histoire. Je le dis toujours, et d’ailleurs je le répète à ma fille, il faut rester ouvert, savoir saisir les opportunités de la vie et tisser des liens avec les gens. Pour ma part, ma vie a été improvisée et je suis arrivé ici grâce aux relations que j’ai tissées à un moment donné. Si tu n’as pas de relationnel, tu restes enfermé dans toi-même et tout dépérit.

Un récit fort, témoin d’un passé sans autel. La vie d’Oscar Perales est singulière et pourtant des millions de personnes connaissent encore cette fatalité. Se rappeler l’histoire, écouter les récits pour en comprendre l’importance. La période de guerre froide a engendré de nombreuses horreurs en Europe, au Moyen-Orient et surtout en Amérique Latine. À l’heure des résurgences historiques, gardons en tête les récits de ces millions de visages sans noms.

Oscar Perales chez lui

Baptiste Teychon


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