Belgique : une échappée sauvage en cuistax pour se mettre en appétit !

Roulés aux orties, sirop de lierre terrestre, gratin de tiges de bourrache ou encore salade de printemps à la pimprenelle… en voilà des recettes qu’on n’a pas l’habitude de goûter ! C’est exactement pour cette raison que l’association Cuisine Sauvage s’est donné comme mission de promouvoir l’usage des plantes sauvages comestibles dans notre alimentation quotidienne. Une véritable révolution gustative et de santé, puisqu’à l’heure où nous parlons de plus en plus de saisonnalité, de biodiversité et de conscience de notre rapport à la nature, il serait donc possible d’améliorer notre alimentation grâce au « sauvage », entendez, ce qui n’est pas passé au filtre de l’industrialisation. C’est cette idée que l’association belge veut faire passer, à grands renforts de formations, stages, cours de cuisine et évènements. Et justement ! C’est au mois de juin qu’aura lieu la première édition de « L’Équipée sauvage », une descente gourmande de la citadelle de Namur en « cuistax » (le pédalo belge), à la découverte de la gastronomie sauvage.

Un parcours de partages et de (re)connexion

Après avoir organisé des ateliers de découverte et des balades sauvages, voilà donc que l’association se lance dans l’organisation d’évènements de grande ampleur. Un parcours unique de 5km partant du point culminant de Namur pour mener les 150 participants journaliers à son point le plus bas et en offrant au passage de beaux points de vue sur la ville. Mais pas besoin de jouer des coudes puisque quatre départs seront organisés chaque jour (les 17 et 18 juin).

Avant d’embarquer sur leurs fiers cuistax, les participants se laisseront guider dans balade de découverte des plantes, pour se familiariser avec les quatre variétés qu’ils retrouveront plus tard dans leurs assiettes. Puis, en route pour les quatre dégustations chez des chefs belges renommés ! L’objectif ici : faire appel aux « pro » de la cuisine pour bien faire voir à quel point la cuisine sauvage est « bien plus qu’une soupe aux orties » et comment on peut savourer ces plantes pas forcément attirantes au premier coup d’œil. Et pour parfaire l’initiative, l’association promet un événement « Zéro carbone » et « Zéro déchet » afin d’en faire un modèle de durabilité.

Photographie : Cuisine Sauvage / Maxime H.

La Cuisine Sauvage, une mode ou mode de vie ?

Il est vrai qu’on parle de plus en plus de ces plantes qu’on trouve un peu partout autour de nos maisons et qui sont comestibles. Houblon, bouleau, orties, pâquerettes, sureau… Serait-ce devenu une mode de cuisiner des plantes sauvages ? Oui, certainement. Et si l’on en croit l’association Cuisine Sauvage, c’est même tant mieux ! Puisque cela ne veut pas dire, pour autant, qu’il nous faudrait retomber dans une conception utilitariste de production/consommation de la nature. Au contraire, l’association nous met en garde sur ses intentions :

« Une ‘marchandisation de la nature’ ne nous intéresse pas. Nous refusons le pillage et privilégions une approche douce et qualitative des plantes sauvages. Pour ces raisons, nous nous sommes donnés des balises fortes qui orientent nos activités et déterminent notre identité: Nous ne sommes pas des fournisseurs de plantes sauvages. Exercer ce métier ferait surgir des besoins de cueillettes intensives ou même de production, ce qui serait préjudiciable ou antinomique. Nous ne fournissons donc pas les professionnels de l’alimentation mais préférons leur apprendre à cueillir par eux-mêmes. Dans ce même esprit, nous ne vendons pas de produits à base de plantes. Si nous ouvrons une boutique un jour, nous y vendrons plutôt de quoi vous rendre autonomes: paniers, livres, ustensiles… »

Photographie : Cuisine Sauvage / Maxime H.

Ainsi, si mode il y a, elle serait plutôt le témoignage d’une volonté forte de renouer avec la nature et de comprendre davantage la rôle qu’elle peut jouer dans notre bien-être physique. Car, c’est véritablement de ça dont il s’agit : Se ré-intéresser à la nature qui nous entoure, de façon à voir plus précisément ce qui peut nous faire du bien. Et les exemples se multiplient. C’est par exemple le cas de Jean, ce sexagénaire qui avait expliqué à la revue Reporterre qu’il ne se nourrissait que de riz et de plantes sauvages depuis 15 ans, et qu’il n’était jamais tombé malade depuis. Autodidacte, il a appris grâce aux livres tels que le Guide des plantes comestibles et toxiques de François Couplan, comment réguler son alimentation pour ne jamais avoir de carences.

Voilà donc qu’il existe autant de nouvelles saveurs et de nouvelles façons de prendre soin de notre santé qu’il n’existe de plantes sauvages, et que nous nous en privons allègrement! Mais, attention tout de même, si certains autodidactes comme Jean parviennent à s’y retrouver, la cueillette n’est pas sans dangers. Le centre anti-poison déplore chaque année bon nombre d’exemples de novices qui auraient confondu l’objet de leur convoitise avec… des plantes toxiques ! Une raison de plus pour saluer l’initiative de structures telles que la Cuisine Sauvage, véritables guides pour se réapproprier l’utilité de ces plantes, trop longtemps oubliées.

Photographie : Cuisine Sauvage / Maxime H.

Cuisine Sauvage / La Ruche qui dit Oui / Reporterre / l’avenir.net / Consoglobe