La Charlek, c’est l’histoire d’un projet innovant : créer une régie son et lumière qui soit beaucoup plus écologique qu’aujourd’hui. Le fonctionnement est basé sur les énergies renouvelables grâce à un panneau solaire, mais aussi par des vélos générateurs utilisés par le public lors des prestations. De quoi éviter l’usage des générateurs à pétrole le plus souvent utilisés lors des festivals.


La Charlek est une régie son et lumière écologique aux énergies renouvelables et éco-responsable, grâce à ses vélos générateurs et ses panneaux solaires. Elle ne génère que très peu d’émission de CO2 directement (sans pour autant nier la réalité des énergies grises). L’idée est née d’un passionné de bricolage et de musique, Alexandre, qui a à cœur de rendre la vie à la fois plus économique et plus écologique autour de lui. Générer sa propre électricité à l’aide d’un vélo, c’est ainsi qu’il a conçu La Charlek… avant d’y ajouter un système son.

Cette régie son et lumière peut fonctionner dans des lieux insolites, où il n’y a pas d’électricité. Très vite, le concept a eu du succès : depuis 2017, c’est plus de 70 prestations de réalisées dans différents lieux pour des événements culturels, festivals, et autres. Mais la Charlek ne compte pas s’arrêter là, son fondateur a de nombreuses idées pour continuer à développer son concept ! Et ce toujours dans une démarche un maximum éco-responsable, dans les limites du possible. Zoom sur un projet innovant, pour un monde culturel plus écologique.

Un fonctionnement éco-responsable

En matière d’énergie écologique, le festival We Love Green a déjà ouvert la voie. 100% éco-responsable, il est alimenté exclusivement par des énergies renouvelables. Les scènes sont alimentées par de l’énergie solaire et les groupes électrogènes fonctionnent à l’huile alimentaire recyclée, et non au fioul. Mais La Charlek va encore plus loin. Concrètement, comment fonctionne-t-elle ? Le public utilise les vélos générateurs pour faire de l’électricité. L’électricité est ensuite injectée dans le système son et dans les lumières de la scène. Elle possède également un panneau solaire, qui permet de compléter l’apport des vélos générateurs. Les appareils électriques de La Charlek sont sélectionnés pour ne consommer que très peu d’électricité, ce qui permet d’avoir une assez grande autonomie (entre 3h et 6h sur batterie) et un rendement entre 600w et 5kw. De toute évidence, à ce stade, La Charlek vise les évènements locaux de taille raisonnable. Mais le concept peut se développer en taille pour s’adapter aux différents types d’évènements. En Lorraine par exemple, l’atelier Dynamo fournit des bicyclettes à courant pour alimenter en électricité certains concerts.

Régie remorque de La Charlek 2000 et le vélo générateur / Crédits : La Charlek

Il existe maintenant plusieurs modèles avec différentes puissances: Charlek 500,1000 , 2000 et la 3000 est en cours. Toutes sont disponibles à la location. Le concept fonctionne partout et même dans les lieux où il n’y a pas d’apport en électricité, ce qui permet d’organiser des événements dans des endroits insolites, et notamment en pleine nature, dans des ruines, ou sur la plage…

Quand le public fait fonctionner les vélos générateurs / Crédits : La Charlek

Ce concept représente un investissement personnel important en termes de temps et d’argent confie Alexandre : « Aujourd’hui c’est déjà 15 000 € d’investissement en 2 ans et de nombreuses heures incalculables pour entretenir et améliorer Les Charlek. » Le Covid-19 a constitué un frein au développement du projet, mais Alexandre ne compte pas s’arrêter là ! Il a d’ailleurs lancé une campagne de financement participatif pour financer ses futurs projets.

Un concept qui ne cesse d’évoluer

La Charlek en action, c’est cela :

Mais c’est aussi et surtout un concept en perpétuelle construction ! Alexandre souhaite désormais pouvoir proposer des Charlek à la vente, pour que le concept prenne de l’ampleur et soit de plus en plus utilisé. L’objectif ? Réduire considérablement l’empreinte carbone des événements culturels ainsi que la pollution immédiate liée à l’utilisation des générateurs à carburant fossile. Il a également pour projet d’embaucher des techniciens pour travailler avec lui et de proposer des ateliers de formation. Tout en continuant d’organiser des festivals écologiques avec La Charlek ! Pour atteindre ces objectifs, Alexandre doit investir dans du matériel d’événementiel professionnel et dans du matériel spécifique (batteries, vélos générateurs …). C’est pourquoi il a mis en place une campagne de financement participatif qui a porté ses fruits cet été.

Une soirée cinéma en plein air avec la Ciné Charlek / Crédits : La Charlek

En parallèle, le fondateur a trois autres projets inédits. A commencer par le Charlek Outdoor Studio, qui consiste à enregistrer et filmer des groupes de musique en direct dans des milieux insolites. Il y a également la Ciné Charlek : l’idée est de projeter des films, documentaires, courts métrages en lieu insolite sur grand écran. Et, enfin, la Buvette Charlek, visant à proposer un petit bar avec une tireuse à bière faite main. Le tout sans produire d’émission directe de CO2.

Si le succès d’une manifestation culturelle se mesurait auparavant au nombre de spectateurs, à la qualité de l’affiche ou encore à l’écho médiatique, il semble que les critères des spectateurs aient un peu changé. Aujourd’hui, ces derniers souhaitent concilier le respect de leur environnement, l’écologie et le divertissement. La Charlek, à neutralité carbone, répond à ce désir grandissant des festifs.

Camille Bouko-levy

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