Le sable est, après l’eau, la deuxième ressource naturelle la plus consommée. On en retrouve dans le verre, dans le dentifrice, dans les panneaux solaires et énormément de produits du quotidien…mais surtout, dans le béton ! En France, 98% des ressources en sable sont destinées au secteur du BTP. Le hic ? Le sable n’est pas une ressource infinie, et nous pouvons d’ors-et-déjà observer des signes de pénuries. L’infographie ci-après décortique le problème.

L’un des aspects dramatiques de notre civilisation, c’est qu’elle a déconnecté au fil du temps le consommateur des externalités qui constituent son confort matériel. Personne ne songe un instant que son mode de vie mené en toute liberté et légitimité peut s’effondrer un jour prochain. Que ce soit en matière d’eau potable, de métaux, d’énergies fossiles, nous approchons chaque jour un peu plus d’une limite insoutenable pour l’Humanité. Et pourtant, nous continuons sur la même lancée sans remettre en question, autrement qu’en surface, ce qui constitue nos choix de vies. Par exemple, qui peut entrevoir pleinement l’impact qu’aura la pénurie prochaine de sable sur nos civilisations ?

Notre consommation de sable n’a jamais été aussi élevée. 400 milliards de tonnes de sable sont extraites chaque année pour nourrir le secteur du bâtiment, dont près de 400 millions de tonnes pour la France. Ce sable provient le plus souvent des fonds marins, des plages et lits de rivière – le sable du désert n’étant pas adapté à la production de béton. En France, la baie de Lannion, en Bretagne, a particulièrement souffert de cette extraction massive, qui a, malheureusement, un prix à payer : les conséquences environnementales sont si catastrophiques que la population locale, indignée, a crée l’association de protection des côtes “Le Peuple des Dunes”.

Partout dans le monde, les plages disparaissent sur l’autel de l’urbanisation qu’on imagine infinie. Au delà de l’impact évident sur le paysage et sur le tourisme, la disparition du sable a des conséquences affreuses sur l’agriculture locale et sur la protection des villes côtières : sans le sable, qui sert de barrière naturelle à la mer, l’eau salée s’infiltre beaucoup plus facilement dans les terres, rendant les sols impropres à la culture, et aggravant les conséquences des tempêtes et ouragans.

Malheureusement, les solutions sont peu nombreuses, et demandent un changement important de réglementation. La problématique même est le plus souvent ignorée par les autorités qui semblent avoir d’autres chats, de court terme, à fouetter. Et, dans tous les cas, l’accaparement du sable se fait en toute légalité. Mais légal ne veut pas dire « éthique », et encore moins « écologique ». Car, même si des pays comme le Sénégal ou le Vietnam ont interdit l’extraction de sable, la mafia du sable sévit, et la problématique persiste.


Graphique : trademachines.fr / Entête : image wikimedia