« Dans leur monde, il n’y a ni comment ni pourquoi, pas de livres, pas de téléphone portable, pas d’Allemagne. Il n’y a pas non plus de 11 septembre ni de jeux olympiques ou de coupe du monde de football. Dans leur monde il n’y a ni Facebook ni télévision ni Fukushima, ni guerres ni paix.  »

Ce reportage intimiste proposé par Arte raconte la vie de ceux qui n’ont jamais vu ni rien entendu de notre monde. Un écrin de vie si proche de nous et si loin à la fois, intimiste et touchant, à (re)voir dès maintenant.

En Allemagne, il existe un « village » pas comme les autres. Celui-ci réunit 120 résidents dont 38 sont sourds et aveugles, les autres étant malentendants. Comment les appréhender ? Comment communiquer avec ceux qui ne disposent pas des mêmes outils biologiques que nous ? Comment entrer dans leur univers, les comprendre et les apprivoiser mais surtout les accepter ?

Lorsque nous sommes amputés de nos sens, ce sont naturellement les autres qui prennent la relève et se font les vecteurs de la communication : le toucher devient alors primordial et permet une connexion éphémère ; le rapport en devient charnel, comme pour Maria, qui aime toucher le visage des employés et particulièrement leur nez.

Proposé par Arte, ce reportage touchant raconte le rapport complexe entre les individus coupés du monde depuis toujours et les autres, à l’image de cette lettre écrite par procuration pour exprimer ce que Théo aimerait nous dire :

« Je me suis créé mon propre monde, non pas que j’en avais envie, ça surement pas. Je n’ai pas choisi cette vie-là. Souvent je sens les gens autour de moi dire ou plutôt chuchoter : mais qu’est-ce qu’il a ? Ou alors ils se taisent… T’es-tu déjà demandé pourquoi tu étais sur terre ? Tu as surement trouvé telle ou telle réponse. Maintenant je te pose une question : qu’est-ce que moi, je fais sur terre ? As-tu une réponse que je puisse comprendre et accepter ?

Je suis sourd, muet et aveugle. Je vis dans ce monde, je peux le sentir, le saisir, j’en fais partie. Il n’en est pas moins incompréhensible pour moi. La couverture, c’est mon petit monde à moi, elle m’apporte chaleur, réconfort et protection. Fais preuve de tact et de délicatesse s’il te plait quand tu m’enlèves mon petit monde. »

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Dans un monde régit par l’économie et la soif de profit, où certains accusent la différence (et les différences) d’être la cause des crises, il apparait être un devoir de rappeler que la particularité du vivant est au cœur de la nature, et que c’est de la culture humaine qu’émerge le choix collectif de prendre soin de ceux qui n’ont pas les mêmes « chances » que la majorité. Ne sacrifions pas la responsabilité collective sur l’autel du profit.


Source : Arte / Youtube / image à la une Nuno Martins

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