À Madagascar, le ZOB soutient les familles paysannes à devenir autonomes

Meggy Boizumeau, Hugo Levavasseur et Thibault Grelier, trois étudiants en DUT technique de commercialisation, sont partis trois mois à Madagascar pour y faire un stage, dans une entreprise qui vient au soutien des agriculteurs. Le Zebu Overseas Board, au fonctionnement peu commun,  s’adresse en priorité aux paysans les plus démunis qui n’ont accès à aucune autre source institutionnelle de financement. Désireux de partager leur expérience et de soutenir l’entreprise, les trois jeunes nous livrent leur propre témoignage. Découverte.

Le Zebu Overseas Board (ZOB) est une entreprise a vocation sociale qui permet à chacun de venir en aide aux petits agriculteurs. À l’image de Terre de liens, qui promeut la défense des terres et la transition agricole, l’entreprise invite des épargnants à soutenir l’achat d’animaux d’élevage à Madagascar, des investissements qui sont rémunérés de 4 à 5 % sur trois ans. En pratique, les animaux sont achetés par le ZOB puis placés en location-vente dans des familles paysannes malgaches qui peuvent les utiliser pour produire du lait, labourer la terre, faire de l’élevage ou tirer une charrette et produire du fumier naturel. Au terme de l’échange de bons procédés, chaque paysan.e devient à son tour le propriétaire de l’animal. Un système qui repose donc sur la solidarité tout en aidant les plus petits exploitants à se rendre autonomes et donc mieux survivre dans un contexte économique difficile.


Une expérience enrichissante

Meggy Boizumeau, Hugo Levavasseur et Thibault Grelier du DUT techniques de commercialisation à Châtellerault, dans la Vienne, ont pris la décision de partir en stage à Madagascar pour défendre ce projet dont les valeurs les inspiraient. Dans le même temps, ils étaient intrigués par « la manière atypique dont le ZOB vient en aide aux paysans malgache ». Meggy, elle même fille d’agriculteur en France, voulait comparer le système agricole qu’elle connaît avec celui qui est pratiqué par les paysans malgaches : « Grace à cette expérience j’ai pu confronter un même secteur implanté sur des modes de vie totalement différents ». Hugo, pour sa part, souligne son intérêt pour « une entreprise au concept original dans un pays étranger ». 

Sur l’île, les trois étudiants ont été marqués par les différences entre la culture française et la culture locale. Selon eux, « l’écoute, la confiance ainsi que la compréhension sont propres à la culture de Madagascar » alors que « ce principe de fonctionnement se fait plutôt rare dans nos cultures européennes ». À la fin de leur stage, les trois étudiants ont changé de perspective et veulent « voir les choses autrement » : si les entreprises se doivent d’être rentables, leur finalité peut être autre que la recherche de profit. Ici, il est davantage question de survie, d’autonomie alimentaire et de protection contre les aléas de la vie. Après tout, Madagascar est toujours le 5ème pays le plus pauvre au monde !


Une entreprise au fonctionnement fondé sur la solidarité

Depuis 1997, un peu plus de 5500 agriculteurs ont pu profiter du système proposé par le ZOB, et la réussite de l’entreprise a permis la création de 15 emplois. Le ZOB devient ainsi un exemple parmi d’autre d’un modèle économique qui se veut différent. Ses bénéfices sont réinvestis dans des projets sociaux, comme par exemple une ferme pédagogique, actuellement en cours d’agrandissement pour y accueillir un jardin pour enfants. L’activité de l’entreprise se fait donc au service de la communauté dans son ensemble, tout en étant source de lien social.

Mais ce n’est pas la seule leçon que les trois jeunes tirent de leur stage. Au contact des habitants, les notions de richesse et de pauvreté leurs sont devenues plus relatives : « Nous pouvons être pauvres et heureux à la fois, le bonheur n’est pas qu’une question financière, il peut venir d’une vie sociale, d’une relation amoureuse, ou bien d’une bonne relation familiale… », constatent-il, sans oublier que la lutte contre les inégalités reste primordiale. Inévitablement, cette analyse renvoie par comparaison vers les paradoxes de la société de consommation, dont les excès ne permettent ni d’apporter plus de bonheur à la population, ni de combler le fossé qui s’accroit entre les plus riches et les plus pauvres.


Sources : zob-Madagascar.org / Propos recueillis par l’équipe de Mr Mondialisation