Cette année encore, vous avez été nombreux à nous envoyer des photographies d’aberrations commerciales détectées dans votre grande surface. Publiées sous le hashtag #balancetonproduit, nous dénonçons et exposons systématiquement ces tentatives de greenwashing, de manipulation commerciale et autres aberrations du système marchand, en magasin ou sur Internet. Voici notre top 10 de l’année. Attention, ça pique !

Ce travail, nous le réalisons déjà depuis des années sans vraiment en avoir fait un cheval de bataille, tant les enjeux sont nombreux. De plus en plus de lecteurs nous envoient spontanément les aberrations qu’ils observent en magasin. Et celles-ci sont tellement nombreuses que rares sont les personnes à encore s’en étonner. Et pourtant, l’effondrement de notre environnement – qui marquera aussi la fin de notre civilisation – se déroule chaque jour sous nos yeux. Sommes-nous seulement encore capables de le voir ?

Face aux résultats surprenants que ces partages eurent, avec souvent des millions de personnes touchées et des dizaines de milliers de partages, pourquoi ne pas aller encore plus loin ? Peu à peu est née l’idée d’un hashtag dédié à ce type de dénonciation. Un de nos lecteurs nous a proposé spontanément d’utiliser #balancetonproduit dans le but de pouvoir rassembler tous les cas sous une bannière facilement repérable par une simple recherche. Cette démarche, pour un réseau économiquement libre du monde marchand, c’est un peu de l’anti-placement de produits.

Plus qu’un simple partage de cas, c’est également un effort de critique systémique et d’analyse qui est réalisé sur chaque cas rapporté par les utilisateurs sous le tag #balancetonproduit.

Pour concrétiser le lancement de #balancetonproduit, voici 10 exemples de « produits » balancés par la communauté en 2019. De quoi former un tableau assez clair du monde dans lequel nous vivons…

1- Des bonbons emballés INDIVIDUELLEMENT !

La crise écologique ? Elle n’existe visiblement pas dans ce Carrefour de Bergame (Italie) qui a décidé d’emballer chaque bonbon individuellement dans du plastique, le tout vendu en vrac dans des gobelets synthétiques rigides. La justification ? ce serait plus « propre », plus hygiénique. Comme si un simple distributeur en vrac ne pouvait pas offrir la même garantie de sécurité sanitaire.

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2- Les fruits emballés dans une barquette et film plastiques

Une scène observée dans un supermarché prétendument axé « produits locaux » en Flandres. Loin d’être un cas unique, de nombreux magasins placent désormais les fruits et légumes dans des barquettes sous cellophane. Dommage que la nature n’ait pas pensé à munir les fruits d’une peau protectrice… À moins que ce soit pour imposer l’achat de portions bien définies et astucieusement surfacturées ?

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3- Des fruits vendus directement épluchés et découpés, bien plus chers et sous plastique.

Si ce type de présentation peut faciliter la vie à des personnes handicapées, leur prolifération excessive pose un sérieux problème en termes de déchets. Car les personnes à mobilités réduites ne sont évidemment pas le cible commerciale des magasins qui abusent de ces méthodes, mais une excuse bien confortable. Pendant ce temps, la pollution plastique des océans est une problématique alarmante dont Mr Mondialisation se fait régulièrement l’écho.

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4- Prêts pour le boycott citoyen ?

Comment bloquer simplement un distributeur de produits industriels des multinationales les plus polluantes au monde ? Une simple feuille A4 suffit. Une idée d’action directe devenue virale pendant l’été dernier.

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5- Quand Coca-Cola lance un appel au recyclage…et culpabilise le consommateur !

Durant l’été 2019, la firme Coca-Cola a organisé une campagne de ramassage de déchets sur les plages belges. Il était question de pousser les gens à ramener leur bouteille pour les jeter dans la bonne poubelle. Opérations reproduites un peu partout dans le monde. Sous couvert d’une vertueuse opération de nettoyage, la multinationale a surtout profité de l’occasion pour faire sa publicité à coups d’employés vêtus des couleurs de la marque et de posts instagram, mettant en valeur leur produit phare. Elle n’a bizarrement pas jugé opportun de rappeler qu’elle-même est à l’origine de la production de 200 000 bouteilles de plastique… par minute ! Soit environ 100 milliards par an. La marque a naturellement payé des influenceurs pour faire la publicité de son action de culpabilisation des consommateurs. Peut-on être à la fois le problème et la solution ? Dans le monde merveilleux du marketing, oui !

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6- Qui veut des crêpes BIO emballées individuellement ?

Pas de vision holistique (comprenant l’ensemble des problématiques de la crise écologique) = Pas de transition possible = greenwashing potentiel. Les alternatives ne manquent pourtant pas, mais est-ce un réel manque de choix ou une indifférence structurelle dans un cadre économique qui permet de faire tout et n’importe quoi ?

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7- Un abonnement pour consommer 12 paires de chaussures à l’année

Formule à destination des enfants, histoire de modeler les esprits à la sur-consommation dès leur plus jeune âge. Quand le souci fugace de l’apparence, de la « coolitude » est plus pressant que d’essayer d’endiguer l’effondrement mondial qui guette l’humanité…

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8- Le greenwashing sournois

Une bouteille plastique transformée en t-shirt ? Voilà un bel exemple de recyclage sommes-nous tentés de voir au premier abord. Seulement, ce qui n’est pas dit, c’est que ce genre de vêtement en plastique recyclé relâche des microfibres plastiques à chaque lavage, microfibres qui iront droit polluer les océans. Selon l’ADEME, 500 000 tonnes de microparticules de plastique finissent ainsi dans les océans du globe chaque année, soit autant que 50 milliards de bouteilles plastiques. Prendre à l’océan pour le renvoyer à l’océan, il fallait l’inventer. Dans une étude réalisées en Suède, 90% des microplastiques retrouvés sur les rivages proviennent de ces fibres textiles. 90%!!!

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9- Nutella, Topito et placement de produit

En septembre, Topito se prenait une volée de bois (Amazonien) de la part de ses abonnés en publiant cette promotion déguisée pour la fameuse pâte à tartiner mondialisée. Les commentaires ne faisaient pas de cadeau, au point où le média de divertissement a été contraint de supprimer sa publication.

Les temps changent. Les internautes d’aujourd’hui sont beaucoup plus éduqués qu’hier. Et c’est le fruit d’un travail collectif d’alerte et de réinformation. Une publicité camouflée « cool et sympa » se repère désormais à 200km et nous sommes de moins en moins nombreux à vouloir être traités comme des zombies consommateurs sans cervelle à l’heure d’une crise écologique globale qui risque, accessoirement, de rendre la vie impossible pour l’Homme d’ici peu, mais surtout de précipiter l’extinction d’un paquet d’espèces avant nous.

Naturellement, on peut rappeler que la pâte à tartiner, c’est que la partie visible de l’iceberg. Plein d’aliments sont concernés, ainsi que nos agrocarburants. C’est tout un système qui est en fin de vie, mais dont les acteurs continuent de nous prendre pour des jambons à tous les niveaux, y compris dans notre fil d’actualité

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10- La banquise fond ? Un nouveau marché s’ouvre : l’eau d’iceberg, vendue à prix d’or…

Pourquoi tenter de freiner le changement climatique quand on peut en tirer profit, que de nouvelles routes maritimes vont s’ouvrir ainsi que l’accès à des nappes de pétrole jusque là hors de portée ?

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Nos lecteurs engagés sont évidemment invités à étoffer cette liste en nous écrivant à mr.mondialisation@protonmail.com ou en publiant sur les réseaux sociaux leurs trouvailles sans oublier de préciser le hashtag #balancetonproduit.
S. Barret


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