Ces deux jeunes redonnent vie aux objets jetés à la rue

Réparer des objets abandonnés et les associer pour leur donner une seconde vie ? C’est ce que propose l’association Recycle.MJB. Martin et Jérémy, à l’origine du projet, ont répondu à nos questions pour nous raconter leur histoire et nous présenter leur rapport au recyclage.

Martin et Jérémy sont passionnés de cyclisme. Leur aventure a donc logiquement commencé « en récupérant de vieux vélos abandonnés » afin de les remettre en état de marche. Pris dans leur élan et motivés par le « défi » que représentait la « réflexion sur la réutilisation possible des invoulus », les deux jeunes ont fait naître de leur intérêt pour le bricolage une association consacrée à la cause. Découverte de Recycle.MJB  au credo évocateur: « Le déchet le plus facile à éliminer est celui que l’on n’a pas produit ».

Canapé construit à partir d’une citerne

Au centre, le recyclage

L’association a vu le jour à Genève en 2015, avant d’être étendue à Berlin en 2016. Elle lutte contre l’obsolescence, en redonnant vie à de nombreux appareils. Les objets retapés par les membres de l’association sont ensuite exposés à diverses occasions, lors d’expositions et sur les réseaux sociaux. Par l’intermédiaire de cette démarche, les fondateurs espèrent inspirer d’autres personnes, en leur montrant qu’il est possible de construire ses propres objets du quotidien de manière économe et originale. Pour eux, c’est une « alternative à la production de masse », axée sur une simplicité volontaire et un engagement personnel. Si leur démarche questionne notre rapport aux objets de notre quotidien, il met également au centre les défis sociaux, économiques et environnementaux que nous traversons

En effet, alors que tous les jours nous croisons dans la rue des objets destinés à être entassés dans des décharges puis détruits, Martin et Jérémy ont entamé une réflexion sur leur sort. Pourquoi, au lieu de les détruire, ne pas leur offrir une seconde vie ? Car si pour beaucoup d’entre nous le « tout jetable » est devenu la norme, l’obsolescence des objets étant une normalité acceptée et même vitale dans le système industriel, la réalité écologique nous appelle à changer de paradigme d’urgence. C’est exactement ce pour quoi lutte Recycle.MJB, par la « revalorisation des objets du quotidien dans une société ou le marketing pousse à la consommation de nouveaux produits en dévalorisant les anciens ».

Trousse cousue à partir de chambres à air

Encourager au DIY

Au fil de leur travail, les deux jeunes ont pu constater « que la plupart des objets nous entourant peuvent être réalisés soi-même et ce à partir de matériel recyclé ». Leur démarche est donc une manière de regagner en autonomie, tout en favorisant une économie locale et soutenable. Souvent, rappellent-ils, remplacer un ou deux composants suffit à remettre un objet en état de marche. Par ailleurs, insistent nos interlocuteurs, la plupart des objets n’ont qu’une fonction, mais rien n’empêche de leur donner une seconde vie : lorsqu’un objet « est définitivement en fin de vie, il faut réfléchir et chercher des alternatives à sa fonction première ». Repenser les objets de cette manière n’est pas compliqué et plutôt amusant : « il suffit d’une étincelle de motivation et d’une touche de créativité ». Et peut-être la volonté d’être acteur du changement.

Le « seconde main » et le recyclé deviennent non seulement un style propre, mais également une façon de faire qui appelle, dans les actes, à une critique de la société de la consommation. Heureusement, les temps changent, et de plus en plus de personnes se rendent compte de la nécessité d’adopter d’autres manières de faire. Le développement de Recyle.MJB en est l’un des témoins. Martin et Jérémy ont su se faire remarquer auprès d’autres acteurs, étendant leur réseau et marquant leur utilité. Ainsi, l’association collabore aujourd’hui avec des magasins de vélo et soutient plusieurs entreprises au niveau régional dans leurs projets de recyclage. Cet été, pour la seconde fois, ils organiseront une semaine dédiée aux déchets dans les Alpes Vaudoise.

Propos recueillis par Mr Mondialisation / Facebook