À Montréal, cette artiste aide les habitants à se réapproprier leur quartier

L’artiste Patsy van Roost s’exprime par l’intermédiaire de petits mots et de réflexions affichés dans l’espace public sur les trottoirs, des poteaux ou des barrières. Dans le quartier de Montréal dans lequel elle réside, elle est connue pour ses actions originales ayant pour but de créer du lien entre voisins.  « Allan Films » nous emmène à sa rencontre dans une courte vidéo inspirante.

Les installations de Patsy van Roost sont plus intrigantes les unes que les autres. Elle s’est distinguée avec la création de parcours sonores urbains ou encore d’installations sur des abris de bus invitant les habitants à raconter leurs souvenirs pour se réapproprier leur quartier et s’ouvrir au voisinage. Dans le quartier de Montréal dans lequel elle résidait jusqu’à présent, Mile End (elle vient de déménager), elle est également connue pour ses installations au moment des fêtes de fin d’année, comme un calendrier de l’avant à taille humaine. Ceci lui a d’ailleurs valu le surnom de « Fée du Mile End ».

Créer du lien en dehors d’internet grâce à l’art

Née en Belgique, Patsy van Roost immigre au Canada en 1981. Diplômée d’Arts plastiques, elle s’investit dans l’espace public pour créer des dispositifs d’interactions et de rencontre. Elle est également chargée de cours à l’école de design de l’Université du Québec à Montréal (UQAM). La raison de son art est la rencontre avec les habitants : « J’explore mon quartier, afin de créer des expériences infiltrantes, participatives et rassembleuses qui encouragent les gens à se rencontrer et surtout, à se raconter », indique-t-elle. Par l’intermédiaire de ces projets, elle souhaite créer du lien entre les habitants, voisins et passants.

Sur son site, elle précise sa démarche, animée par l’envie de connecter les individus en se passant du numérique. Elle explique : « J’élimine l’écran. J’amplifie le no-tech parce qu’il est aussi poétique. Je cultive l’offrande dans un contexte marchand. Je privilégie le relationnel et les histoires plutôt que l’économie. J’imagine de nouvelles façons d’échanger. Je préfère les traces écrites plutôt que numériques. Facebook, oui, mais aussi la boîte aux lettres ! Je déambule dans la ville autrement que dans le cyberespace. J’ai une responsabilité citoyenne, je suis engagée. J’orchestre des situations de rencontre pour que les gens se racontent. J’aime les inconnus, en français et en anglais! La machine, oui, mais toujours en lien avec la main. Le trottoir est mon jardin ». Selon Allan, réalisateur de la vidéo présentée dans l’article et à l’origine de The other way, « l’art de Patsy passe par les autres ».

Crédit image : Allan Films

« Je veux donner la parole aux autres »

C’est au moment de préparer un périple au Canada qu’il découvre le travail de Patsy van Roost dans un article de journal. Il décide alors d’aller à sa rencontre pour sa série The other way. Le réalisateur, qui est également belge et qui vit aujourd’hui à Bruxelles, a travaillé au montage d’émissions politiques pour la télévision publique et privée. Il y a deux ans, il remet profondément en cause son métier. « J’étais de moins en moins épanoui dans ce que je faisais » se souvient-il, invoquant « le manque de liens humains » dans le milieu ainsi que « la course à l’audimat ». Aujourd’hui, il met ses compétences au service d’ONG et se consacre à des projets plus personnels. « J’ai besoin de me reconnecter avec les gens, de les écouter, mais aussi de montrer qu’ils existent d’autres manières, d’autres chemins ». Avec The other way, il filme des personnalités uniques rencontrées au hasard des chemins.

Crédit image : Allan Films

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