Amsterdam : ces nichoirs intelligents livrent du WIFI gratuit à une seule condition

    Lancée l’été dernier à Amsterdam, l’invention des ingénieurs de TreeWifi veut inciter les citadins à agir pour un air plus pur. Comment ? En nichant de petites cabanes à oiseaux intelligentes dans les arbres des villes, capables à la fois de prodiguer du wifi gratuit et de mesurer les taux de pollution dans l’atmosphère en temps réel. Ou comment remettre au goût du jour la méthode de la carotte, en version 2.0 !

    Du WiFi qui pousse sur les arbres

    Avec son TreeWiFi, Joris Lam, un jeune designer néerlandais, espère bien révolutionner la façon dont nous concevons la pollution aux particules en ville. Grâce à ses installations en forme de cabanes à oiseaux (en forme uniquement), l’inventeur espère en effet donner davantage de visibilité à l’état de la qualité de l’air, mais aussi offrir aux citadins des raisons supplémentaires d’adopter des comportements eco-friendly.

    Car, en effet, tout l’intérêt de ces cabanes à oiseaux connectées, c’est qu’en plus de renseigner en direct les passants sur les taux de pollution par un voyant lumineux, ces petites maisonnettes intelligentes pourraient aussi permettre aux Amstellodamois de profiter d’un wifi gratuit et illimité… tant que la pollution n’y dépasse pas un certain seuil critique pour la santé ! De cette façon, le TreeWiFi pourrait aider, sur le papier, les citadins à changer leurs habitudes en fonction de la qualité de l’air. Par exemple, tout comme on porterait un anorak lorsqu’il pleut, un taux de pollution élevé et surtout visible devrait motiver les habitants à choisir le vélo plutôt que la voiture.

    Inviter à la prise de conscience et à l’action

    Dans une interview donnée à FastCoExist, Joris Lam explique comment il a eu l’idée de son invention : « Le manque de visibilité sur quelque chose d’aussi important que l’air que nous respirons est vraiment quelque chose qui m’a frappé. En tant que designer, j’ai tenté de trouver une façon simple de rendre la pollution de l’air visible aux citoyens, tout en insistant davantage sur la part émotionnelle, plutôt que sur quelque chose qui nécessiterait de se pencher sur des données et des cartes. » On notera que la forme d’une cabane à oiseaux est un choix esthétique qui sert à s’intégrer plus discrètement dans le paysage qu’une borne électronique. Étanche, celle-ci n’est pas vouée à accueillir les animaux.

    L’objectif de ces nichoirs est également de pouvoir collecter des données sur la qualité de l’air de façon régulière et locale. Les capteurs, placé à des endroits stratégiques, mesurent les taux de dioxyde d’azote, et, en se connectant au réseau fourni par les TreeWiFi, l’utilisateur a alors accès aux informations concernant la qualité de l’air là où il se trouve. Il obtient également quelques conseils pour savoir comment il peut contribuer à son échelle à purifier l’air du quartier. Et si la qualité de l’air est suffisamment bonne, alors l’utilisateur peut se connecter librement. Une incitation à l’écologie tirée par notre besoin grandissant de pouvoir nous connecter à chaque instant et en tous lieux.

    Joris Lam espère par la suite pouvoir développer en partenariat avec la mairie des récompenses plus importantes qui reviendraient aux quartiers les plus verts. « Imaginez par exemple que vous parveniez à convaincre vos voisins d’améliorer la qualité de l’air pendant trois mois d’affilée, et que la ville décide alors d’installer une nouvelle air de jeux pour les enfants, ou qu’elle débloque davantage de budget pour l’entretien des espaces publics. Il s’agit pour moi de l’objectif ultime à atteindre. » La nomophobie bientôt au service de l’environnement ? L’initiative est en tous cas à surveiller de près…


    Sources : TreeWiFi.org / FastCoExist.com