2 français veulent mettre fin aux mégots et chewing-gums jetés par terre

D’ores et déjà lancée dans quelques communes en Corse, la Gumego Box cherche à lutter contre la pollution de nos villes de façon originale et ludique. Capable de récupérer un millier de mégots et une centaine de chewing-gum, la Gumego-Box a fait de l’humour son arme de prévention. Un projet lancé par Estelle Mariani et Pierre-Félix Pieri, deux jeunes corses qui comptent bien exporter leur boite utile au delà des côtes de l’ile de beauté.

Se présentant sous la forme d’une boîte qui combine cendrier et récolteur de chewing-gums, la Gumego Box a été inventée afin de débarrasser nos trottoirs et nos villes des mégots et chewing-gums. Mais en plus d’être un dispositif voué à accueillir nos déchets, la Gumego « Stop Gum & Mégots » propose aussi une approche ludique du civisme. Ainsi, sur chaque box, on retrouve des parodies d’images tirées de la culture populaire pour inciter à l’utilisation de la box plutôt que de jeter ses mégots ou chewing-gums à terre.

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Facilement montable, ce cendrier nouvelle génération s’implante facilement dans l’espace public et les entreprise, permettant aux fumeurs et mâcheurs en tous genres de ne pas jeter leurs détritus dans la rue. Mais pour ses créateurs, la Gumego a surtout pour but de diffuser un peu partout dans la ville des messages de prévention. Pour cela, des graphistes les aide à mettre au point des messages drôles, qui attirent l’œil et rendent l’idée du recyclage plus sympathique. Des affiches qui reprennent Lincoln, des paroles des Blues Brothers, ou encore de Bob Marley. « I wanna stick you, every day, and every night », par exemple, faisant référence au tube « Is this love » du célèbre chanteur à dreads.

Chewing-gums et mégots : une pollution aux coûts pharaoniques

Mais le but n’est pas seulement de mettre en place des réceptacles à mégots et à chewing-gums un peu partout dans nos villes. L’avantage est triple, et c’est ce que nous allons voir. Tout d’abord, davantage de civisme permettrait aux communes de réduire les coûts d’entretiens de nos trottoirs et autres murs. À Londres, par exemple, on enregistre des dépenses de près d’1,4 million d’euros par an rien que pour le quartier central d’Oxford Street. Sur la totalité du Royaume-Uni, on estime à 200 millions les coûts de nettoyage liés à la fameuse gomme à mâcher. Sur dix chewing-gums consommés, sept finiront par terre.

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On comprend donc mieux les coûts endurés par les villes, et la nécessité pour elles de mettre en place des dispositifs visant à réduire cette pollution devenue presque systématique. Pour les mégots, c’est pareil. 4 500 milliards de mégots sont jetés chaque année dans le monde. Ils représentent même 40% des déchets en mer Méditerranée. Un seul mégot serait responsable de la pollution de 500 litres d’eau. En France, ce sont 350 tonnes par an qui sont générées par les fumeurs. Si on ne souhaite pas tout bonnement verbaliser les personnes qui jettent leurs déchets dans la rue, il est nécessaire de trouver d’autres moyens d’endiguer ces comportements.

À long terme : instituer le recyclage de nos détritus

Enfin, ce n’est pas un hasard ou un caprice si, sur la Gumego, les mégots et les chewing-gums ne disposent pas du même réceptacle. Le but, à terme, de ses créateurs, est de mettre en place le recyclage de ces deux déchets bien particuliers. Aujourd’hui, la plupart des mégots ramassés en France finissent par la case « incinérateur ». Une solution peu efficiente au regard du potentiel de recyclage de la masse récupérée chaque année. En effet, les mégots de cigarette, et notamment le filtre, qui constitue la majeure partie de celui-ci, sont constitués de différents éléments, dont l’acétate de cellulose, un composé proche du coton mais qui dérive en réalité du plastique. La plupart du temps, les mégots recyclés finissent donc en billes de plastiques utilisées par la suite dans la fabrication de plaques de plastique qui servent dans le bâtiment. En France, une seule usine, située en Lozère, s’occupe du recyclage des mégots.

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À Paris, les fumeurs peu regardants peuvent écoper d’une amende de 68 euros s’ils jettent leur mégot par terre depuis septembre 2015. Cette même année, la mairie du 9ème arrondissement de la capitale avait expérimenté le recyclage de mégots, mettant en place des « boites zéro-déchets » dans certains cafés et restaurants du quartier. Une fois récupérés, les mégots étaient envoyés pour recyclage à l’usine TerraCycle de Mende. Le chewing-gum, quant à lui, en utilisant certains dérivés du pétrole, peut facilement être transformé en plastique. Au Royaume-Uni, la société Gumdrop en a d’ailleurs fait son fer de lance. Elle récupère les chewing-gums usagés dans des réceptacles eux-mêmes en plastique recyclé, et les transforme en objets en plastique souple.

Si cette solution encourage les piétons à adopter le geste écoresponsable, c’est loin d’être gagné pour les automobilistes. Un récent sondage Ipsos vient de dévoiler qu’un Français sur cinq admet jeter ses mégots de cigarette ou leur schewing-gums par la fenêtre de sa voiture en conduisant sur l’autoroute… Si quelqu’un a une recette magique pour éduquer la population au civisme élémentaire, qu’il lève la main.

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Sources : Gumego.com /  BFMtv.com / Consoglobe.com / Bastamag.net / Touts images à la discrétion de Gumego