Il photographie les ethnies du Vietnam avant leur disparition

Au nombre de 54, les ethnies vietnamiennes subissent actuellement les effets d’une mondialisation qui efface tout sur son passage, trop souvent même les cultures. Afin de ne pas laisser ces communautés et une richesse tant culturelle qu’humaine tomber dans l’oubli, le photographe français Réhahn a vagabondé, appareil à la main, à travers les contrées du Vietnam. Aujourd’hui, un musée consacré à son œuvre de mémoire ouvre ses portes à Hội An.

Un musée unique, fruit de cinq années de rencontres

Si le photographe français Réhahn a depuis plus de dix ans l’habitude de photographier le Vietnam et ses habitants, ce n’est qu’en 2012 qu’il décide de consacrer son temps à un projet bien particulier. Depuis maintenant cinq ans, le photographe originaire de Normandie, parcourt le pays à la rencontre des différents groupes ethniques, au nombre total de 54. Aujourd’hui, alors que sa cote de popularité ne cesse d’augmenter et que ses travaux suscitent l’admiration à l’internationale, Réhahn vient d’ouvrir un premier musée au cœur de la ville où il a élu domicile au Vietnam, Hoi An.

Image : Réhahn

Car si Réhahn est un voyageur passionné, il est également un portraitiste très talentueux. Au cours de ces cinq années à réaliser son projet « Precious heritage », le Français a réalisé plusieurs dizaines de portraits au sein de ces communautés dont les traditions s’effacent de plus en plus sous l’influence de la mondialisation qui s’empare du pays. Allant de village en village, le photographe a rencontré les anciens de chaque ethnie, les a photographié, et est aujourd’hui en mesure de transmettre leur précieux témoignage.

Une réflexion autour de l’héritage

Au travers de cette œuvre photographique, mais aussi de la création de ce nouveau musée, le photographe français a également entamé une réflexion profonde autour de la notion d’héritage. En tant que père de famille, ses différentes pérégrinations à travers le pays, ainsi que les différents témoignages qu’il a recueilli auprès des représentants d’ethnies en voie de disparition, lui ont apporté la matière nécessaire pour mener une réflexion riche et créative. À tel point qu’aujourd’hui, Réhahn souhaite dédier son talent artistique à la mise en avant de l’histoire de différentes cultures, afin que celles-ci ne soient pas oubliées, que ce soit par les membres d’un même pays, ou au-delà des frontières.

C’est pourquoi, à côté des différents portraits et photographies réalisés à travers le Vietnam, le musée de Hoi An est aussi un endroit libre d’accès où il est désormais possible de s’immerger au cœur des différentes traditions vietnamiennes. Au détour des différentes pièces qui constituent le lieu d’exposition de plus de 250 m2, on trouve également une trentaine de costumes traditionnels, mais aussi divers artefacts, remis la plupart du temps directement des mains des chefs d’ethnies à celles du photographe. Dans une démarche de curiosité intellectuelle et d’ouverture, le musée est quant à lui destiné à rester un lieu à l’accès gratuit. Le photographe espère ainsi attirer tant les touristes que les autochtones, afin de divulguer au mieux l’héritage de ces ethnies peut-être bientôt disparues.

En attendant votre visite, voici un petit échantillon du travail de Réhahn.

 


Sources : Rehahnphotographer.com