Fait remarquable pourtant peu médiatisé, la plus grande province autrichienne vient de se déclarer « libre des énergies fossiles » quant à sa production d’électricité, le tout, sans apport d’électricité d’origine nucléaire.

Située au Nord de l’Autriche, à la frontière de la Slovaquie et de la République Tchèque, la Basse-Autriche est la plus large province du pays. Cet État fédéré qui encercle Vienne vient d’atteindre son objectif en matière d’énergie : la totalité de la demande en électricité est couverte par des ressources renouvelables. « La Basse-Autriche réussit à couvrir désormais 100 % de ses besoins en électricité avec des énergies renouvelables » a déclaré Erwin Pröll le gouverneur.

Cet objectif a été franchit à une date symbolique : le 37e anniversaire du référendum où le peuple Autrichien s’est prononcé contre l’exploitation de l’énergie nucléaire. Désormais ancré dans les lignes de la constitution, ce refus catégorique de l’atome fut décidé le 5 novembre 1978, mettant définitivement un terme à ce secteur controversé. Alors comment la province arrive-t-elle à assurer durablement l’autonomie énergétique pour ses 1,65 million d’habitants sans dépendre de ses voisins ?

Une situation unique

Tout d’abord, l’Autriche, et tout particulièrement la Basse-Autriche, bénéficie d’un avantage géographique exceptionnel favorable à la construction de barrages. 63 % de l’énergie produite est ainsi d’origine hydraulique. Ensuite, son mix électrique a évolué jusqu’à intégrer 26 % d’éolien, 9 % de biomasse et 2 % d’énergie solaire, soit 100% des besoins.

Par ailleurs, la population a emboité le pas de la transition. Quelques 300 000 personnes ont participé au programme local de transition énergétique qui encourageait notamment l’investissement privé dans des panneaux photovoltaïques ainsi que la modernisation de l’isolation des logements. 2,8 milliards d’euros furent consacrés par les pouvoirs locaux dans ce projet. Une transition qui aura développé le secteur de l’économie durable en créant quelques 36 000 emplois verts.

Un processus évolutif

À l’échelle nationale, l’Autriche n’est pas en reste. 75 % de son électricité est déjà d’origine « verte » pour 25 % d’origine fossile. Le petit pays tient un objectif ambitieux pour ses 8,5 millions d’habitants : atteindre le pallier symbolique des 50% d’énergies renouvelables pour couvrir l’ensemble de ses besoins (pas uniquement électrique), incluant le chauffage, les déplacements et les industries.

Grâce à ses choix politiques passés, à la motivation de sa population et à sa géographie particulière, le Basse-Autriche peut donc se targuer d’avoir atteint le but des 100% d’électricité d’origine renouvelable. Rappelons qu’à l’échelle du monde, à peine 5% de la consommation totale d’énergie est d’origine renouvelable (éolien, solaire, hydroélectricité, etc.). 80 % des émissions de CO2 proviennent toujours de la combustion des énergies fossiles. Notons enfin qu’en avril dernier, Médiapart révélait un rapport de l’Ademe où les chercheurs concluaient qu’une France 100% renouvelable serait atteignable d’ici 2050… seulement si les choix collectifs vont en ce sens.


Source : futura-sciences.com / lemonde.fr / mrmondialisation.org

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