« The Mobile Factory » est, comme son nom l’indique, une usine mobile d’intervention capable de transformer les débris en maisons après une catastrophe humanitaire, et ce en un temps record !

Tout de suite après une catastrophe humanitaire de grande ampleur comme le tremblement de terre qui a frappé Haïti en 2010, deux grandes problématiques se posent : l’alimentaire et l’habitat. Si l’aide alimentaire peut être acheminée rapidement, donner un toit aux victimes peut s’avérer plus long et compliqué. Pour preuve, 5 ans après le séisme, la reconstruction en Haïti patine toujours. Près de 80.000 personnes déplacées vivent toujours dans près de 105 camps, parfois très rudimentaires, en Haïti.

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C’est face au constat de la trop lente reconstruction, et les conséquences humanitaires que cela engendre, que se sont lancés des entrepreneurs Néerlandais dans un projet innovant et ingénieux : The Mobile Factory. Sur le papier, le concept est diablement simple et efficace. Il s’agit d’une usine compacte, de la taille de deux conteneurs maritimes, et transportable, capable de transformer tous les débris en simples briques dont la forme ressemble à s’y méprendre à des Legos géants. De quoi assembler en toute hâte une maisonnette rudimentaire mais offrant des conditions de vie plus décentes que les camps et les bidonvilles.

Selon Gerard Steijn, fondateur du projet The Mobile Factory, ces fameux blocs, nommés Q-Brixx, permettraient non seulement de recycler dans un temps record les gravats, évitant leur dispersion dans l’environnement (décharges) tout en offrant des habitats antisismiques à faible coût localement. Concrètement, la machine est capable de produire un béton liquide en réduisant les débris en morceaux de plus en plus fins. Béton automatiquement moulé en Q-Brixx dans un second module. Chaque parpaing équivaut à 125kg de gravats déblayé. 750 blocs suffisent à construire une maisonnette. Pour compléter la logique circulaire du projet, les restes non-transformables en briques servent notamment à consolider les routes et à ériger des fondations antisismiques.

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Au delà de l’aide directe sur le terrain, la pratique serait également écologique. Se positionnant dans une volonté de recyclage, le coût environnemental et en émission de CO2 d’un tel système apparait bien moins élevés qu’une nouvelle construction. En effet, faire appel à des matériaux neufs nécessiterait une nouvelle extraction minière et des déplacements polluants. De manière générale, le projet développe la conscientisation citoyenne autour des valeurs de l’économie circulaire où tout se transforme et se réutilise. Cependant, il s’agit là d’une entreprise et pas d’un projet purement humanitaire. C’est aux ONG à désormais prendre le relais, notamment grâce aux dons colossaux reçus après la catastrophe.

 « Aucun bâtiment ne peut durer pour toujours. Démolitions, guerres et catastrophes naturelles risquent de rendre les structures humaines en tas de débris. Mais nous pensons avoir trouvé une solution innovente pour donner une nouvelle fonction à ces ruines. » expliquent les concepteurs sur le site officiel. À ce stade, l’Usine Mobile n’est pas encore disponible à la vente. Ses inventeurs sont toujours à la recherche d’investisseurs ou de donateurs pour concrétiser leur vision et venir en aide aux populations. En attendant, leur prototype sera testé courant 2015 dans un projet pilote avec un objectif de 30 maisons construites à Port-au-Prince d’ici la fin de l’année. Reste à savoir si les associations seront séduites et débloqueront les fonds nécessaires à la concrétisation du projet. Une campagne de financement participatif est également lancée sur indiegogo.com avec l’objectif colossal de rassembler 400 000$ !

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Source : themobilefactory.org / toolito.com / lexpress.fr

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