Le 3 octobre dernier était lancé le Coopek, une monnaie numérique complémentaire. À l’initiative du projet se trouve Gérard Poujade, le maire de Séquestre, une petite commune située dans le Tarn. Le Coopek est une nouvelle monnaie locale alternative qui pour but de soutenir une économie plus durable et être le support d’une transition écologique.

Lorsque Gérard Poujade commence à s’intéresser aux différents mécanismes de la monnaie pour envisager de créer une alternative complémentaire à l’Euro, il souhaite trouver une solution pour favoriser l’économie locale tout en apportant un soutien aux projets à caractère environnemental. Il crée alors une Société Coopérative d’Intérêt Collectif (SCIC), le « Coopek », dont l’objet est d’introduire une monnaie numérique alternative du même nom. Aujourd’hui, le projet voit enfin le jour. Cette « monnaie de transition » vise à instaurer une économie « plus juste, plus solidaire et plus humaine ».

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Un fonctionnement simple

Afin d’inciter à l’utilisation de sa monnaie alternative, Gérard Poujade a cherché à rendre le système le plus simple possible. Pour pouvoir utiliser cette monnaie, il suffit de souscrire à la coopérative en rachetant une part (50 euros pour les particuliers, 100 euros pour les entreprises) et ainsi devenir un sociétaire.  En ce qui concerne le Coopek à proprement parler, sa valeur est égale à celle de l’Euro : un Euro vaut donc un Coopek. Cependant, pour encourager son utilisation, il est prévu que pour chaque achat de 100 unités, 5 Coopek seront offerts. Cette monnaie ne remplace pas donc l’Euro, puisqu’il s’agit simplement d’une monnaie complémentaire qui pourra être utilisée pour l’achat de biens et de services chez les entreprises partenaires forcément locales. Ceux à l’initiative du projet veulent cependant marquer leurs différences avec la monnaie unique : leur monnaie s’inscrit dans le cadre « d’une économie réelle », alors que l’Euro sert malheureusement trop souvent à des fins spéculatives, avec les dangers financiers que cela représente en cas de crash. Pour sa part, le Coopek fonctionne « sans commission, sans intérêt et sans dette de valeur« .

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Le Coopek ne sera pas simplement une monnaie locale, dont l’utilisation serait limitée à une ville ou une région bien déterminée. Ses inventeurs souhaitent à terme en faire une valeur d’échange à l’échelle nationale ! Cette innovation, selon Gérard Poujade, serait un atout car la majorité des projets d’entreprises se font à une échelle supra-régionale. Dans le Tarnes, la monnaie peut d’ores être utilisée comme moyen de paiement. Pour un élargissement à l’ensemble de la France, il faudra attendre encore environ 3 ans. Cependant, comme le souligne Gérard Poujade, ne pas tout faire dans la précipitation, et assurer ses arrières, c’est aussi un gage de durabilité.

Une monnaie nationale pour le développement de projets locaux

Depuis quelques années, de nombreuses initiatives citoyennes de ce type ont vu le jour (comme par exemple le Sol-Violette à Toulouse), bien qu’il reste difficile de s’imposer face à l’Euro, qui présente bien évidemment l’avantage d’être utilisé par tous, sur les marchés et également à l’étranger. C’est donc un véritable défi qui attend Gérard Poujade et son équipe qui ne se sont pas découragés pour autant et affichent même un certain optimisme et des objectifs ambitieux  : « D’ici 2020, les objectifs sont 15 millions de Coopek mis en circulation, 200 aktiveurs, 15 000 entreprises et associations et 50000 particuliers ». Support d’une économie sociale et respectueuse de l’environnement, le Coopek doit accélérer la transition à quatre niveaux : celui de l’énergie, du carbone, de l’alimentation et de la société.

Si à terme le Coopek devrait pouvoir être utilisé partout en France, ce qui le distingue des autres monnaies complémentaires locales qui ont vu le jour dans ce pays jusqu’à présent, il n’en a pas moins vocation à soutenir le développement de projets locaux. Ainsi, plusieurs mécanismes ont été mis en place pour encourager l’utilisation de la monnaie tout en favorisant le développement de nouveaux emplois. L’absence de spéculation, assure par exemple que le Coopek reste dans « l’économie réelle ». En outre, le Coopek a été adopté par de nombreuses entreprises de l’économie sociale et solidaire comme des petits artisans ou de vendeurs de fruits et de légumes biologiques . Le succès de la monnaie dépendra cependant du nombre de personnes qui l’adopteront dans les mois et années à venir…


Sources : consoglobe.com /coopek.fr / lanef.com / reporterre.net /

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