Irrintzina : le cri de la génération climat (Film)

Avant la conférence sur le Climat qui s’est tenue à Paris en 2015, des citoyen.ne.s ont décidé de se réunir et de travailler ensemble pour porter une autre voix. De cette formidable énergie collective, d’abords médiatisée au travers des villages des alternatives, est né Alternatiba, un mouvement qui se veut à la fois porteur de solutions concrètes tout en servant d’appui pour mettre en lumière l’urgence sociale et climatique, notamment par l’intermédiaire d’actions de désobéissance civile. Pascal Hennequin et Sandra Blondel nous plongent dans les coulisses d’une lutte qui ne vient que de commencer, grâce au documentaire indépendant : Irrintzina. La sortie nationale du film aura lieu le 8 novembre 2017.

Face au sentiment d’impuissance que provoque l’extrême gravité du dérèglement climatique, quelques militants de l’organisation basque Bizi ! font un pari fou : construire en quelques années une mobilisation sans précédent en marge de la COP21 et lancer un grand mouvement non-violent pour le climat : Alternatiba.

C’est cette aventure humaine et politique qui est exposée dans le documentaire de Pascal Hennequin et Sandra Blondel, qui jettent un regard nouveau sur cette vaste entreprise. Les deux auteurs ont l’habitude de travailler ensemble, puisque après avoir réalisé un premier reportage sur les coopératives, ils ont créé l’association de production fokus21. Leur nouveau documentaire met en lumière la vie animée du mouvement Alternatiba, partagée entre manifestations, village des alternatives, tour à vélo à travers l’Europe pour sensibiliser le public, mais aussi le procès de militants « faucheurs de chaises ». Le documentaire, critique et engagé, suit la vague d’autres reportages du même genre comme Demain ou Merci Patron !, qui témoignent tous « [d’]une sorte de renouveau du cinéma militant qui a enfin réussi à sortir de la marginalité ».

« C’est un film sur l’engagement et le passage à l’action où la caméra elle-même finit par prendre part à l’histoire qu’elle raconte »

De Bayonne à Paris, sur des vélos multiplaces, coup de pédale après coup de pédale, en multipliant les villages des alternatives, de petites victoires en grandes mobilisations contre les multinationales des énergies fossiles et les banques qui les soutiennent, le film raconte les étapes d’une mobilisation hors norme pourtant peu médiatisée. Irrintzina, c’est un cri d’alarme sur l’effondrement de notre monde mais c’est aussi un cri de joie poussé par des centaines de militants déterminés qui ont réalisé que si, ensemble, ils ne faisaient rien, personne ne le ferait à leur place.

Au contact des groupes de militants, les deux auteurs ont pu observer comment Alternatiba redonnait une dimension politique (au sens citoyen) à la problématique environnementale, notamment en faisant valoir les questions sociales et en questionnant les structures de la société. En effet, le mouvement montre que les enjeux contemporains dépassent les problématiques individuelles : « la préservation du climat passe par l’égalité et aujourd’hui c’est cette justice climatique qu’il est nécessaire d’exiger ».

Au plus proche des militant.e.s

Les deux réalisateurs sont allés à la rencontre des militants, pour exposer l’important travail réalisé pour donner vie au mouvement et l’étendre. Leur succès est le fruit d’un engagement et d’un investissement personnel conséquent. « Nous avons été épatés par la créativité, l’audace, le courage et la détermination de ces militants. Certains militants prennent des congés sans solde pour participer aux campagnes et aux actions ou font ça sur leur temps de vacances. D’autres ont tout quitté pour ne faire que cela pendant quelques temps. Les profils et les âges sont très variés, la génération climat c’est nous toutes et tous ici et maintenant ! », témoigne Sandra Blondel.

Malgré les faibles moyens que l’équipe de tournage avait à sa disposition, elle a pu achever cet énorme travail, notamment grâce à une campagne de financement participatif lancée en ligne et à l’occasion de laquelle près de 1258 donateurs ont réunit la somme de 50 000 euros. Pascal Hennequin et Sandra Blondel ont également pu compter sur le travail des équipes qui les entouraient. Le film sera disponible le 8 novembre prochain.


Source : irrintzina-le-film.com