La pollution des mers et océans par le plastique n’est plus un secret : au quatre coins de la planète s’accumulent les déchets sous forme de « gyres », au point que l’on parle parfois de 7ème continent. Mais comment cette pollution arrive t-elle jusque là ? Selon les scientifiques, 80% de ces résidus, dont la plupart sont minuscules, d’où l’appellation microplastiques, auraient d’abord été transportés par les cours d’eau et ont pour origine les pollutions industrielles et domestiques ainsi que la mauvaise gestion des déchets. La pagaie sauvage, jeune association française, propose désormais de mettre en évidence le phénomène, afin de limiter les pollutions à la source.

Très visibles, les pollutions plastiques dans les océans commencent a être bien connues des scientifiques, qui estiment que 90% de ces déchets se présentent sous forme de microplastiques, de moins d’un millimètre. Cependant, la source de cette pollution reste encore peu étudiée, bien que les scientifiques pointent désormais la pollution des cours d’eau comme principale cause, soit les activités humaines sur les continents.

Étudier la source des micro-plastiques

C’est pour mieux comprendre cet aspect du phénomène qu’Alexandre Schaal, un jeune homme de 26 ans diplômé d’un master en écologie aquatique a décidé de créer une nouvelle association, La Pagaie sauvage. « 90 % des plastiques le sont sous forme de microplastiques » nous explique t-il avant de préciser qu’il est généralement peu connu que « 80 % de ces déchets proviennent des terres » et transitent via les fleuves. On ne peut donc plus penser que la pollution des océans serait le fruit des touristes seulement. C’est à titre professionnel qu’Alexandre s’est d’abord intéressé à la question, après avoir fait de la recherche sur les espèces aquatiques (poissons, amphibiens). Aujourd’hui en recherche d’un emploi comme ingénieur dans la qualité de l’eau, il se consacre au développement de l’association.

La Pagaie sauvage, association entièrement bénévole à ce jour, a pour objet de sensibiliser à la pollution aux microplastiques dans les eaux douces et de créer un « laboratoire citoyen » pour établir une base de données à propos de ces pollutions. L’idée est d’impliquer les personnes qui le souhaitent à travers toute la France, en prélevant des échantillons dans les cours d’eau de France. Ces échantillons peuvent ensuite être envoyés à l’association qui les fera analyser dans un laboratoire et mettra tous les résultats en ligne. Avec la base de données  « on souhaite pouvoir pointer du doigt les pollution et émettre des recommandations pour les imiter », explique Alexandre. Si l’association ne dispose pas encore suffisamment de données pour les interpréter, Alexandre l’assure : « les cours d’eau français sont pollués » et pas qu’un peu.

Selon lui, les principaux facteurs de pollution seraient les décharges et centres de collecte mal gérés, les usages domestiques (les microfibres des vêtements en polyester passent à travers les filtres des machines à laver et les micro-billes des cosmétiques finissent également dans les cours d’eau) et enfin les industries qui utilisent des granules de plastique. C’est la forme industrielle du plastique, avant que celui-ci ne soit fondu et transformé en produits de consommation. Nombre de ces billes finiraient cependant leur vie dans l’environnement.

Une mission : mettre en évidence les pollutions aux microplastiques dans les cours d’eau français

Pour pouvoir développer des techniques de prélèvement accessibles à tous pour moins de 5 euros, La pagaie sauvage s’est adressée à une université canadienne. Ainsi, les citoyen.ne.s peuvent directement s’impliquer dans la démarche, rendant par là même la science plus accessible. À ce jour, 45 prélèvement ont pu être réalisés. Sur les 44 échantillons analysés, 75 % contenaient des microplastiques. Un début symbolique pour l’association, mais déjà révélateur.

L’expérience citoyenne sera désormais prolongée par 4 membres de l’association qui s’apprêtent à descendre la Garonne sur près de 650 kilomètres, depuis ses sources jusqu’à l’estuaire. L’objectif est de réaliser un nombre de prélèvements scientifiques conséquent (150), pour pouvoir précisément mesurer la concentration des microplastiques dans l’eau, mais également afin d’étudier la « dynamique du plastique », c’est à dire l’évolution des concentrations au fil des cours d’eau. Le voyage sera réalisé en canoë « pour montrer qu’il est possible de voyager autrement » et plusieurs conférences seront organisées dans les villes de passage pour sensibiliser à la thématique. Pour soutenir le projet, rendez-vous sur la campagne de financement participatif.


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Source : facebook.com / lapagaiesauvage.org / jadopteunprojet.com